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    Votre proche atteint de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée présente des troubles du comportement perturbateurs ? Agressivité, hallucinations, troubles du sommeil, cris… Lorsque ces situations deviennent difficiles à gérer à domicile ou en EHPAD, une admission en unité cognitivo-comportementale (UCC) peut être envisagée. Cette prise en charge spécialisée permet de stabiliser les troubles et de soutenir la famille. Elle vise aussi à préparer la suite de l’accompagnement, avec un retour dans le lieu de vie habituel ou une orientation vers une solution plus adaptée.

    Qu’est-ce qu’une unité cognitivo-comportementale (UCC) ? Définition

    Une unité cognitivo-comportementale (UCC) est une structure spécialisée dans la prise en charge de personnes présentant des troubles comportementaux sévères liés à une maladie neurodégénérative. 

    Gérer et prévenir les troubles du comportement

    L’UCC relève du secteur sanitaire : elle est adossée à un établissement de soins médicaux et de réadaptation (SMR, ancien SSR). Autrement dit, il s’agit d’un service hospitalier assurant un accompagnement temporaire des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée

    Les soins visent à gérer et prévenir les troubles comportementaux qui perturbent la qualité de vie du patient et de ses proches aidants. Les changements d’attitude et d’humeur font en effet partie des symptômes les plus difficiles à vivre au quotidien. Agressivité, opposition aux soins, agitation ou troubles du sommeil sont souvent ce qui pèse le plus pour l’aidant.

    Garantir la continuité de l’accompagnement en gérant les crises

    L’admission survient généralement lors d’une situation de crise, lorsque les troubles comportementaux menacent la prise en charge du patient ou le bien-être de ses accompagnants. Le but : stabiliser la personne, éviter une réapparition des troubles et organiser la suite du parcours de soins à domicile ou en établissement. 

    À qui s’adresse l’unité cognitivo-comportementale (UCC) ? 

    L’UCC accueille des personnes adultes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’un trouble apparenté

    Qui peut être admis en UCC ?

    Une admission en UCC peut être envisagée lorsque l’état de la personne nécessite une prise en charge spécialisée, mais reste compatible avec les soins proposés. La personne peut ainsi être admise lorsqu’elle :

    • est capable de participer aux activités de soins et de réadaptation ;
    • présente des troubles du comportement «perturbateurs», c’est-à-dire difficiles à gérer dans son lieu de vie habituel ;
    • conserve une certaine autonomie, sauf exception décidée par l’équipe médicale.

    Le patient est parfois atteint d’autres maladies ou de troubles psychiatriques, comme une dépression ou un trouble bipolaire. Toutefois, l’UCC s’adresse spécifiquement à des personnes dont les troubles comportementaux sont d’ordre cognitif et non psychiatriques. 

    Quelles sont les maladies prises en charge en UCC ?

    Plusieurs maladies neurodégénératives et démences peuvent entraîner des troubles comportementaux sévères justifiant un accueil en UCC. Il s’agit notamment des pathologies suivantes :

    • maladie d’Alzheimer ;
    • démence vasculaire cérébrale ;
    • démence associée à la maladie de Parkinson ;
    • dégénérescence fronto-temporale (DFT) ;
    • maladie à corps de Lewy (DCL) ;
    • syndrome de Korsakoff, etc. 

    Les troubles comportementaux perturbateurs – qu’est-ce que c’est ?

    Les troubles comportementaux perturbateurs sont des symptômes fréquemment rencontrés dans la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées.

    Les troubles du comportement pris en charge en UCC
    Type de symptôme
    Description du comportement au quotidien
    Opposition
    Refus des soins, des repas, de la toilette ou des activités proposées
    Agitation
    Paroles, gestes ou déplacements excessifs, difficiles à calmer
    Paroles ou gestes menaçants, envers les autres ou envers soi-même
    Comportements moteurs aberrants
    Gestes ou déplacements répétés, sans but clair : déambulation, mouvements incessants…
    Désinhibition
    Attitudes ou paroles inadaptées aux règles sociales et familiales habituelles
    Cris
    Cris ou vocalisations répétées, parfois incompréhensibles
    Idées délirantes
    Croyances fausses, mais vécues comme réelles : vol, abandon, jalousie, présence d’un imposteur…
    Hallucinations
    Perceptions sans objet réel, le plus souvent visuelles
    Troubles du rythme veille/sommeil
    Sommeil perturbé, réveils fréquents ou inversion du rythme jour/nuit
    Source : HAS. Recommandations de bonne pratique. 2009
    Personne âgée atteinte de la maladie d'Alzheimer présentant des troubles du comportement perturbateurs

    Qui demande l’admission en UCC ?

    L’admission en UCC peut être proposée à partir du domicile, de la maison de retraite ou d’un service hospitalier. La demande est alors formulée par :

    • le médecin hospitalier du service où est accueilli le patient (notamment en gériatrie ou en USLD) ;
    • le médecin traitant ou le médecin coordonnateur de l’EHPAD.
    LIRE AUSSI:  Guide des troubles cognitifs : définition, symptômes et exemples

    Le diagnostic de la maladie neurodégénérative doit déjà avoir été posé. Un bilan médical est réalisé avant l’admission. Le médecin qui a demandé la prise en charge et celui de l’UCC se concertent pour définir les objectifs de la réadaptation. 

    Bon à savoir : les patients admis en UCC sont généralement âgés de 75 ans ou plus. Cependant, l’unité spécialisée peut admettre et prendre en charge des patients jeunes atteints d’une forme précoce de maladie neurodégénérative. L’accompagnement est alors adapté à leurs spécificités. 

    Quelle prise en charge offre l’UCC au patient et à sa famille ?

    L’UCC propose une prise en charge globale, centrée sur les troubles cognitifs et comportementaux. 

    L’objectif de l’accueil en UCC

    Le but de l’accueil en UCC est de :

    • stabiliser la situation, grâce à des méthodes thérapeutiques qui réduisent la fréquence et l’intensité des troubles ;
    • soulager le patient et son entourage ;
    • prévenir une réapparition des troubles ;
    • organiser la poursuite de l’accompagnement après l’hospitalisation.

    La prise en charge du patient en UCC

    Au sein de l’UCC, la personne atteinte de la maladie d’Alzheimer ou d’un trouble apparenté fait l’objet d’une évaluation médicale complète 

    • bilan des troubles du comportement ;
    • recherche des facteurs qui les favorisent ou les déclenchent ;
    • évaluation des facultés cognitives, de l’autonomie et de la capacité de décision de la personne ;
    • évaluation de la charge pesant sur les proches aidants.

    À partir de ces informations, l’équipe soignante élabore un projet de soins individualisé :

    • les médicaments (notamment les psychotropes) sont ajustés et, si possible, réduits au minimum ;
    • des thérapies non médicamenteuses sont proposées ;
    • un programme de réadaptation des capacités cognitives et du comportement est mis en place : stimulation des facultés restantes, etc.

    L’ensemble des soins et traitements vise à préparer le retour de la personne dans son lieu de vie, qu’il s’agisse du domicile ou d’un accueil en EHPAD. 

    L’aide aux aidants

    L’UCC met également l’accent sur l’accompagnement de la famille : 

    • soutien psychologique ;
    • sensibilisation et information ;
    • apprentissage de stratégies pour prévenir ou gérer les troubles ;
    • éducation thérapeutique ;
    • orientation vers des structures de répit (accueil de jour Alzheimer, hébergement temporaire en EHPAD…) et d’aide aux aidants (associations locales, vacances pour les aidants, cafés Alzheimer…). 

    Bon à savoir : l’équipe de l’UCC peut aussi mettre son expertise au service des autres professionnels de santé impliqués dans la prise en charge des maladies neurodégénératives. L’équipe peut ainsi répondre aux interrogations des médecins d’autres services, des professionnels de consultations mémoire, etc.

    Quels sont les professionnels qui interviennent en UCC ? 

    L’UCC comporte une équipe pluridisciplinaire spécialisée. Elle inclut ainsi généralement les professionnels suivants :

    • médecin gériatre (ou doté de compétences en gériatrie) ;
    • infirmiers ;
    • aides-soignants ;
    • assistant de soins en gérontologie ;
    • agents des services hospitaliers ;
    • diététicien ;
    • masseur-kinésithérapeute ;
    • ergothérapeute ;
    • psychologue ou neuropsychologue ; 
    • assistant social.

    Selon l’UCC, d’autres spécialistes peuvent intervenir : 

    • psychiatre ;
    • neurologue ;
    • psychomotricien ;
    • orthophoniste ;
    • enseignant en activité physique adaptée. 

    Les professionnels sont tous formés à la prise en charge des patients atteints d’une maladie neurodégénérative présentant des troubles du comportement. Ils travaillent en étroite collaboration pour garantir la réadaptation du patient sur différents plans : médical, social, psychologique, cognitif et comportemental.  

    Personne âgée en UCC parlant avec la psychologue de l'unité

    Les approches thérapeutiques en UCC

    L’accompagnement proposé en UCC repose sur plusieurs types d’interventions, adaptées à l’état du patient et à ses capacités. Il vise à réduire les troubles du comportement, maintenir les capacités restantes et offrir un cadre apaisant.

    LIRE AUSSI:  La prise en charge de la maladie d’Alzheimer en France

    Plusieurs approches peuvent être proposées :

    • ateliers thérapeutiques : cuisine, expression, relaxation, activités manuelles… ;
    • kinésithérapie, psychomotricité ou activité physique adaptée ;
    • travail sur les repères dans le temps et l’espace, ainsi que sur les activités du quotidien ;
    • stimulation cognitive ;
    • activités favorisant les échanges et la socialisation ;
    • approches complémentaires, comme l’art-thérapie, la musicothérapie, la médiation animale, etc. 

    Certaines interventions sont proposées en groupe, tandis que d’autres sont organisées de manière individuelle, selon les besoins du patient.

    L’architecture adaptée de l’UCC

    L’UCC est en principe installée dans un SSR gériatrique ou polyvalent. La conception architecturale de l’unité et son aménagement intérieur sont pensés pour faciliter l’accompagnement et garantir le bien-être. Le but : rassurer et apaiser le patient, tout en permettant une bonne réalisation des soins. 

    L’éclairage, la signalétique et le choix des couleurs participent à cet objectif et renforcent les repères de la personne accueillie. Les locaux sont sécurisés et incluent un espace de déambulation. Un jardin ou une terrasse est accessible, avec des dispositifs permettant de réduire les risques d’égarement et de sortie non prévue.

    L’unité spécialisée comporte entre 10 et 12 chambres individuelles adaptées. Dans certains cas, elle peut admettre jusqu’à 15 patients.

    Une salle est dédiée aux activités thérapeutiques. Certaines unités disposent d’un espace Snoezelen, favorisant la détente et l’apaisement par le biais de la stimulation multisensorielle du patient. Par ailleurs, la vie sociale est facilitée par la présence d’un salon pour les activités de groupe et des espaces pour recevoir les visites des familles.

    Ainsi, le projet de soins et les conditions environnementales de l’UCC permettent une bonne prise en charge du patient pour favoriser la réadaptation.

    Comment sont remboursés les frais d’hospitalisation en UCC ?

    Le séjour en UCC est pris en charge par la Sécurité sociale comme toute hospitalisation.

    Prise en charge par l’Assurance maladie 

    L’Assurance maladie prend en charge les frais de séjour à l’hôpital et les transports organisés par l’UCC en lien avec le motif d’hospitalisation. 

    Le remboursement s’élève en principe à 80 % des frais d’hospitalisation. Les 20 % restants, appelés ticket modérateur, peuvent être couverts par la mutuelle. 

    Les patients accueillis en UCC sont atteints d’une maladie d’Alzheimer ou d’une autre démence. À ce titre, ils peuvent bénéficier d’un remboursement à 100 %, si le médecin a effectué les démarches pour faire reconnaître leur maladie comme une affection de longue durée (ALD).

    Forfait journalier et suppléments hôteliers

    Dans les deux cas, le forfait journalier de 23 € reste à la charge du patient. Il peut être pris en charge par la mutuelle

    Les éventuels suppléments de confort personnels sont à la charge du patient. Ils sont parfois également remboursés par la mutuelle. 

    Bon à savoir : la France compte encore peu d’UCC et cette prise en charge reste méconnue. Fin 2025, 149 unités étaient labellisées sur tout territoire. Le ministère de la Santé prévoit une mise en conformité progressive de ces unités d’ici fin 2026. 

    Questions fréquentes

    L’UCC est-elle une solution de répit pour les aidants ?

    L’UCC n’a pas été pensée comme une solution de répit pour les aidants. Elle vise avant tout à stabiliser les troubles comportementaux de la personne atteinte d’une maladie neurodégénérative et à prévenir leur réapparition. Elle apporte néanmoins un véritable soutien aux aidants, tant psychologique qu’éducatif. La prise en charge complète du patient leur permet aussi de se reposer.

    Comment trouver une UCC ? 

    La recherche d’une UCC adaptée pour la personne âgée atteinte d’une démence est généralement effectuée par le médecin qui préconise l’hospitalisation. Le praticien peut utiliser son espace professionnel sur la plateforme ViaTrajectoire pour transmettre sa demande.

    Quelle est la durée d’un séjour en UCC ?

    Le séjour en UCC est généralement de quelques semaines. La plupart du temps, la durée n’est pas fixée à l’avance. Elle dépend de la stabilisation des troubles, du bénéfice de la prise en charge et de la préparation du retour au domicile ou en établissement. Certaines unités prévoient en amont un séjour de 3 ou 4 semaines. 

    Sources

    Haute Autorité de Santé (HAS). 2009. Maladie d’Alzheimer et maladies apparentées : prise en charge des troubles du comportement perturbateurs. Recommandations de bonne pratique.

    Ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées. 2025. Instruction n° DGOS/P2/2025/142 du 21 octobre 2025 relative au nouveau cahier des charges des unités cognitivo-comportementales (UCC).

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    Avatar auteur, Yaël Ankri
    Yaël Ankri,Yaël, rédactrice chez Cap Retraite et ancienne auxiliaire de vie. Elle conçoit des contenus bienveillants dédiés à la santé et au quotidien des seniors.

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