Votre proche vit avec la maladie de Parkinson depuis des années. Depuis quelques mois, il voit des personnes qui ne sont pas là, se perd, s’agite la nuit. À domicile, l’aidant s’épuise. En EHPAD[1], l’équipe vous appelle de plus en plus souvent. Des structures existent pour ces situations : voici lesquelles, pour qui, et comment y accéder.

Trouver un EHPAD

Ce que la maladie change pour l’hébergement

Selon la Haute Autorité de santé, la démence parkinsonienne est une complication tardive de la maladie de Parkinson, observée dans environ 30 % des cas. 

Pour la famille, elle se traduit par des besoins nouveaux : hallucinations, confusion qui varie d’un jour à l’autre, nuits agitées, risque de chute. 

La HAS signale aussi, pour cette famille de maladies, une sensibilité particulière aux neuroleptiques : le lieu d’accueil doit donc avoir l’habitude de gérer l’agitation sans réflexe sédatif, et toute modification de traitement relève du médecin.

impact de la maladie de parkinson chez le senior et son environnement

Les signes que la prise en charge actuelle ne suffit plus

À domicile, plusieurs signaux doivent faire envisager une solution d’hébergement adaptée :

  • les nuits sont agitées et l’aidant ne dort plus ;
  • les hallucinations provoquent peur, agressivité ou tentatives de sortie ;
  • les chutes se répètent malgré l’aménagement du logement ;
  • les passages aux urgences se multiplient ;
  • les aides à domicile ne suffisent plus ou refusent d’intervenir.

En EHPAD classique, d’autres signaux comptent : le résident met en danger sa sécurité ou celle des autres, il reste enfermé dans sa chambre faute de lieu sécurisé, l’équipe évoque des contentions ou des appels répétés au centre 15, ou bien la direction laisse entendre que l’établissement n’est plus adapté. Ce n’est pas un échec : il faut souvent changer d’unité ou passer par un séjour spécialisé.

LIRE AUSSI : EHPAD adapté Parkinson : la checklist des 10 critères à vérifier lors de la visite en 2026

Les structures qui prennent le relais

Selon le niveau des troubles, les besoins médicaux et le degré de surveillance nécessaire, plusieurs structures peuvent prendre le relais pour accompagner la personne et soulager ses proches.

Le PASA, pour les troubles modérés en journée

Le pôle d’activités et de soins adaptés est un espace aménagé dans l’EHPAD qui accueille en journée, au maximum 14 résidents, atteints de la maladie d’Alzheimer[2], d’une maladie apparentée ou d’une maladie neurodégénérative, avec des troubles du comportement modérés. 

L’entrée est décidée par l’équipe du PASA et validée par le médecin coordonnateur. 

Selon le portail officiel pour les personnes âgées, ce n’est pas facturé en supplément du tarif de l’EHPAD. 

L’unité de vie protégée, pour vivre en sécurité au quotidien

Souvent appelée unité Alzheimer, elle héberge jour et nuit 10 à 20 résidents dont la maladie est diagnostiquée et qui présentent des troubles modérés du comportement. L’architecture permet de déambuler sans se perdre ni sortir seul. 

La facturation suit celle de l’EHPAD : demandez si le prix d’hébergement y est différent.

L’UHR, pour les troubles sévères du comportement

L’unité d’hébergement renforcée accueille, jour et nuit, des résidents dont les troubles sévères altèrent leur sécurité, leur qualité de vie et celles des autres. Elle compte en moyenne 14 résidents et une équipe renforcée (médecin, infirmier, psychomotricien ou ergothérapeute, psychologue). 

L’admission et la sortie sont décidées sur avis du médecin coordonnateur, en lien avec le médecin traitant. Ce n’est pas forcément définitif : lorsque les troubles s’atténuent, une réorientation vers le lieu de vie habituel est décidée avec la famille.

prise en charge des troubles du comportement en uhr

L’UCC, pour traverser une crise

L’unité cognitivo-comportementale est une unité d’hospitalisation installée dans un service de soins médicaux et de réadaptation. Elle intervient quand les troubles deviennent ingérables à domicile ou en EHPAD. Objectif : stabiliser les troubles, en rechercher la cause et permettre un retour dans le lieu de vie. 

Selon France Alzheimer, l’entrée se fait uniquement sur décision médicale (médecin traitant si la personne vit à domicile, médecin hospitalier si elle est déjà hospitalisée), sans condition d’âge, pour une durée limitée définie au cas par cas. 

Les soins sont pris en charge par l’Assurance maladie, mais le forfait journalier hospitalier reste dû, sauf exonération : 23 euros par jour en service de soins médicaux et de réadaptation depuis le 1er mars 2026, généralement remboursé par la complémentaire santé selon le contrat.

L’USLD, quand une surveillance médicale constante est nécessaire

L’unité de soins de longue durée, généralement adossée à un hôpital, accueille des personnes dont l’état exige une surveillance médicale constante. Les moyens médicaux y sont plus importants qu’en EHPAD. 

L’admission fait souvent suite à une hospitalisation ou à un séjour de réadaptation, mais une entrée depuis le domicile est possible avec l’appui du médecin traitant. 

La facture comprend un tarif hébergement et un tarif dépendance[5], les soins étant financés par l’Assurance maladie. APA, aide sociale à l’hébergement et aides au logement peuvent s’appliquer.

LIRE AUSSI : USLD : le parcours d’admission quand l’EHPAD ne suffit plus

StructurePour quiOùDuréeFinancement
PASATroubles du comportement modérésAu sein d’un EHPAD, en journéeSelon le projet du résidentSans supplément pour le résident
Unité de vie protégéeMaladie diagnostiquée, troubles modérés, déambulationAu sein d’un EHPADHébergement durableTarifs hébergement et dépendance de l’EHPAD, APA, ASH possibles
UHR[3]Troubles sévères du comportementEHPAD ou USLD[4]Jusqu’à atténuation des troublesTarifs de l’établissement, soins par l’Assurance maladie
UCCCrise comportementale, à domicile ou en EHPADService de soins médicaux et de réadaptationSéjour court, au cas par casAssurance maladie, forfait hospitalier de 23 euros par jour
USLDBesoin de surveillance médicale constanteÉtablissement hospitalierHébergement durableComme en EHPAD, soins par l’Assurance maladie

Comment s’orienter : la prochaine étape

Commencez par le médecin traitant ou le neurologue : ce sont eux qui peuvent solliciter une UCC ou appuyer un dossier en USLD. Si votre proche est déjà en EHPAD, demandez un rendez-vous avec le médecin coordonnateur. Le dispositif d’appui à la coordination de votre territoire, ainsi que le point d’information local pour personnes âgées, peuvent vous indiquer les ressources proches.

En visite, posez des questions précises :

  • L’équipe est-elle formée à la maladie de Parkinson, et pas seulement à la maladie d’Alzheimer ?
  • Les horaires de prise des traitements antiparkinsoniens sont-ils respectés, y compris la nuit et le week-end ?
  • Comment l’équipe réagit-elle face à une hallucination ou une agitation nocturne ? Quelle est la politique sur les contentions et les médicaments sédatifs ?
  • Un kinésithérapeute[6] intervient-il régulièrement ?
  • L’établissement a-t-il des liens avec une UCC, une équipe mobile de gériatrie[7] ou une UHR en cas de crise ?
  • Après un séjour en UCC ou en UHR, la place est-elle conservée ?

Sachez enfin qu’un EHPAD peut refuser une admission : la décision revient à la direction, après avis du médecin coordonnateur, et tient compte du dossier médical, du profil des autres résidents et de la sécurité des lieux. Multipliez donc les demandes, et pensez aux aides : en unité protégée ou en USLD, l’APA, l’aide sociale à l’hébergement et les aides au logement restent mobilisables selon l’établissement.

FAQ

Quelle structure choisir en cas d’hallucinations liées à la maladie de Parkinson ?

Le choix dépend de l’intensité des troubles et des besoins médicaux. Une unité protégée peut convenir si les troubles restent gérables au quotidien. En cas de crise comportementale, une hospitalisation en UCC peut être envisagée. Si une surveillance médicale constante devient nécessaire, une USLD peut être plus adaptée. L’orientation doit être évaluée avec le médecin.

Un EHPAD peut-il refuser une personne atteinte de démence parkinsonienne ?

Oui, si l’établissement estime ne pas pouvoir assurer une prise en charge adaptée et sécurisée. La décision tient notamment compte de l’état de santé du futur résident, de ses troubles et des moyens disponibles. Il est donc utile de contacter plusieurs établissements et de transmettre un dossier médical complet.

Comment trouver une structure adaptée à un proche atteint de démence parkinsonienne ?

Commencez par en parler au médecin traitant ou au neurologue, qui pourra évaluer les besoins et orienter votre proche. Si la personne vit déjà en EHPAD, sollicitez le médecin coordonnateur. Vous pouvez ensuite rechercher les établissements disposant d’une unité protégée ou d’une UHR dans l’annuaire officiel des établissements pour personnes âgées.

✅ Article relu par l’équipe éditoriale avec le concours d’un contributeur expert médico-social chez Cap Retraite. Son expérience de terrain et sa connaissance des dispositifs d’aide et d’accompagnement permettant d’apporter un regard fiable et pertinent aux lecteurs.

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Augustin,Rédacteur chez Cap Retraite et expert digital. Il crée des contenus à impact social dédiés au grand âge et aux familles aidantes.

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