Vivre chez une famille plutôt qu’en établissement : c’est le principe de l’accueil familial, une solution encore peu connue. Votre parent dispose de sa chambre, partage les repas et la vie de la maison, avec une personne formée et contrôlée par le département. Combien cela coûte-t-il vraiment en 2026, quelles aides peut-on obtenir, et dans quels cas l’EHPAD[1] reste préférable ? Voici les chiffres officiels et un exemple détaillé.
Le principe de l’accueil familial
Un accueillant familial, personne seule ou couple, héberge chez lui une personne âgée ou un adulte handicapé contre rémunération. Il doit détenir un agrément délivré par le conseil départemental, qui contrôle l’accueillant et assure le suivi de la personne accueillie. Un même foyer accueille en général jusqu’à 3 personnes.
L’accueil peut prendre plusieurs formes :
- permanent, comme une installation durable ;
- temporaire, par exemple pendant les vacances de l’aidant ou après une hospitalisation ;
- séquentiel ou à temps partiel, quelques jours par semaine.
Attention : l’accueillant et son conjoint ne doivent pas avoir de lien de parenté avec la personne accueillie jusqu’au 4e degré inclus. Un enfant ou un neveu ne peut donc pas devenir accueillant familial de son parent.

Pour qui ?
La personne accueillie doit être valide ou avoir une perte d’autonomie compatible avec l’accueil familial, c’est-à-dire ne pas être lourdement dépendante ni avoir besoin de soins constants.
Cette formule convient bien à un senior qui ne peut plus rester seul, qui souffre d’isolement, mais qui n’a pas besoin d’une surveillance médicale permanente. Les soins restent assurés par des intervenants extérieurs : infirmier libéral, médecin traitant, service de soins à domicile.
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Les composantes du coût
La personne accueillie paie directement l’accueillant. La facture de l’accueil familial comprend cinq éléments, dont trois sont encadrés par des montants officiels :
| Composante | Ce qu’elle couvre | Montant en 2026 |
|---|---|---|
| Rémunération pour services rendus | Repas, linge, aide personnelle, accompagnement chez le médecin | Au minimum 30,78 euros brut par jour |
| Indemnité de congés payés | Congés de l’accueillant | 10 % de la rémunération |
| Indemnité de sujétions particulières | Disponibilité accrue liée à la perte d’autonomie | De 4,55 à 17,97 euros par jour |
| Indemnité d’entretien | Nourriture, eau, chauffage, produits d’hygiène et d’entretien | De 8,70 à 21,75 euros par jour |
| Indemnité de mise à disposition des pièces | L’équivalent d’un loyer | Négociée selon la taille des pièces et les loyers du secteur, sous contrôle du département |
La rémunération, l’indemnité de congés et l’indemnité de sujétions sont soumises à cotisations sociales, à la charge de la personne accueillie. Elles sont déclarées et prélevées par l’Urssaf service Cesu, via le Cesu accueil familial, qui propose un simulateur pour les estimer.

Les aides possibles
Le portail officiel pour-les-personnes-agees.gouv.fr indique que la personne accueillie peut bénéficier, selon sa situation :
- de l’APA à domicile, qui aide à financer la part liée à la perte d’autonomie pour les personnes en GIR[2] 1 à 4 ;
- des aides au logement (APL ou ALS), versées par la CAF ou la MSA sous conditions de ressources ;
- de l’aide sociale à l’hébergement (ASH), demandée au conseil départemental : celui-ci paie la différence entre la facture et la contribution de la personne, voire de ses obligés alimentaires.
Important : les sommes versées au titre de l’ASH sont récupérables par le département, notamment sur la succession. Renseignez-vous avant de déposer la demande.
Sur le plan fiscal, une réponse ministérielle publiée au Journal officiel (question écrite n° 3334, 16e législature) indique que la rémunération, l’indemnité de congés et l’indemnité de sujétions peuvent, sous conditions, ouvrir droit au crédit d’impôt[3] pour l’emploi d’un salarié à domicile, égal à 50 % des dépenses retenues. Les frais versés à un organisme intermédiaire n’y ouvrent pas droit. Faites confirmer votre situation auprès de votre centre des impôts.
Le contrat d’accueil : ce qu’il doit contenir
Un contrat conforme au modèle national doit être signé au plus tard le jour de l’arrivée, et une copie envoyée au département. Il fixe notamment :
- la durée de la période d’essai et un préavis de rupture d’au moins 2 mois ;
- le rythme de l’accueil, permanent, temporaire ou séquentiel ;
- les conditions financières, ligne par ligne ;
- l’organisation du remplacement pendant les congés de l’accueillant ;
- le projet d’accueil personnalisé et le suivi médico-social.
Bon à savoir : chaque partie doit souscrire une assurance. Si l’accueillant familial est salarié d’un organisme, un contrat d’accueil est conclu avec la personne accueillie. L’organisme employeur peut également le signer ; dans le cas contraire, un contrat distinct précise les conditions matérielles et financières de l’accueil.
Les limites et le moment où l’EHPAD devient préférable
L’accueil familial repose sur une personne et sa maison. Ses limites sont donc concrètes :
- pas de personnel soignant sur place ni de veille de nuit organisée ;
- une continuité fragile en cas de maladie ou de départ de l’accueillant ;
- un logement rarement adapté à un fauteuil roulant ou à un lit médicalisé lourd ;
- une offre très inégale selon les départements.
L’EHPAD devient la meilleure réponse lorsque la dépendance[4] s’alourdit : soins plusieurs fois par jour, troubles cognitifs avec déambulation ou agressivité, besoin d’aide pour tous les gestes, ou nuits agitées qui épuisent l’accueillant. Dans le cas de Marcel, un passage en GIR 2 avec une incontinence[5] et des réveils nocturnes fréquents serait le signal de rechercher une place en EHPAD, si possible habilitée à l’aide sociale pour conserver l’ASH.
En pratique : comment trouver un accueillant agréé
- Demandez la liste des accueillants agréés au service d’accueil familial de votre conseil départemental.
- Contactez le point d’information local dédié aux personnes âgées, qui peut vous aider à évaluer si la situation relève de l’accueil familial.
- Rencontrez l’accueillant et visitez la maison avant tout engagement.
- Faites une simulation des cotisations sur le simulateur de l’Urssaf service Cesu et une simulation d’aide au logement auprès de la CAF.
- Déposez en parallèle une demande d’APA si elle n’est pas déjà ouverte.
Questions fréquentes
Peut-on essayer l’accueil familial avant de s’engager ?
Oui. L’accueil temporaire permet de tester la formule, et le contrat prévoit une période d’essai.
Que se passe-t-il pendant les vacances de l’accueillant ?
Le contrat doit organiser son remplacement, chez un autre accueillant ou par une autre solution d’accueil temporaire.
Qui contacter en cas de désaccord ?
Il faut d’abord chercher un accord amiable. Le département, qui contrôle les accueillants, peut être alerté. En dernier recours, le tribunal du lieu de résidence de l’accueillant est compétent.
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[1] EHPAD
Les EHPAD sont des établissements médicalisés qui accueillent des personnes âgées qui ont besoin de soins médicaux réguliers et d’une aide dans leur vie quotidienne.
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[2] GIR
Le GIR (Groupe Iso-Ressources) est un outil qui sert à évaluer le niveau d’autonomie des personnes âgées, en les classant selon leur besoin d’aide pour les activités quotidiennes.
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[3] Impôt
L’impôt est une somme d’argent que les citoyens et les entreprises paient régulièrement au gouvernement. Cet argent est utilisé pour financer des services publics comme les écoles, les routes, et…
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[4] Dépendance
La dépendance de la personne âgée désigne le besoin d’aide pour réaliser les tâches de la vie quotidienne en raison de problèmes physiques ou mentaux.
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[5] Incontinence
L’incontinence est la difficulté à contrôler l’urine ou les selles, entraînant des fuites involontaires.
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