Tous les EHPAD accueillent des résidents atteints de la maladie de Parkinson, mais tous ne disposent pas des mêmes moyens pour répondre à leurs besoins spécifiques. Cette maladie neurodégénérative a des exigences très particulières : des traitements à donner à la minute près, des capacités qui fluctuent dans la même journée, des risques de fausse route et de chute. Un établissement qui ignore ces spécificités peut, sans mauvaise volonté, dégrader rapidement l’état d’un résident. Voici les cinq critères essentiels à vérifier avant de signer, et les questions concrètes à poser lors de la visite.

Trouver un EHPAD

1. Le respect strict des horaires de traitement

C’est le critère numéro un, non négociable. Dans la maladie de Parkinson, la lévodopa doit être prise à heure fixe, parfois cinq ou six fois par jour, et pour certaines personnes à distance des repas riches en protéines qui gênent son absorption. Un retard de 30 à 60 minutes peut suffire à déclencher une période OFF : blocage, raideur, impossibilité de se lever ou de marcher.Or, dans un établissement où une seule infirmière doit distribuer les médicaments à de nombreux résidents, il peut être difficile de respecter précisément les horaires prévus.

Questions à poser en visite : 

  • Comment garantissez-vous les horaires de prise pour les résidents parkinsoniens ? 
  • Les heures exactes figurent-elles dans le plan de soins ? 
  • Que se passe-t-il le week-end et la nuit ? 
prise des traitements parkinsoniens en ehpad

LIRE AUSSI : EHPAD adapté Parkinson : la checklist des 10 critères à vérifier lors de la visite en 2026

2. Un accès réel au kinésithérapeute et à l’orthophoniste

La kinésithérapie[2] régulière aide à préserver la marche, l’équilibre et les transferts (se lever d’une chaise, se retourner dans le lit). L’orthophonie travaille la voix, qui s’affaiblit, et surtout la déglutition. Beaucoup d’EHPAD[1] annoncent « kiné possible », ce qui signifie en réalité qu’un professionnel libéral passe si la famille l’organise, avec parfois de longs délais.

Vérifiez : 

  • Des kinésithérapeutes interviennent-ils réellement dans l’établissement, à quelle fréquence, et un orthophoniste est-il joignable ? 
  • Y a-t-il un enseignant en activité physique adaptée pour des séances collectives ? 

Demandez des exemples concrets de planning de rééducation d’un résident parkinsonien.

LIRE AUSSI : Parkinson en EHPAD : les 5 aménagements que l’établissement doit proposer (et ceux qu’il facture en plus)

3. Un personnel formé aux fluctuations ON/OFF

La maladie de Parkinson est déroutante pour un soignant non formé : le même résident marche presque normalement à 11 heures et ne peut plus bouger à 15 heures. Un personnel non averti peut interpréter cela comme de la mauvaise volonté (« il ne veut pas se lever ») ou, à l’inverse, sur-assister une personne en phase ON qui pourrait faire seule. Les équipes formées savent aussi que certains médicaments, notamment plusieurs neuroleptiques utilisés contre l’agitation, sont à proscrire car ils aggravent les symptômes moteurs.

Demandez si les aides-soignantes et infirmières ont reçu une formation spécifique sur la maladie de Parkinson, si l’établissement accueille déjà plusieurs résidents parkinsoniens, et comment les fluctuations sont tracées dans le dossier de soins pour être signalées au médecin.

personnel de l'ehpad formé aux fluctuations de la maladie parkinson

4. Des repas adaptés aux troubles de la déglutition

La dysphagie (difficulté à avaler) touche une grande partie des patients à un stade évolué. Elle expose aux fausses routes, aux pneumopathies d’inhalation et à la dénutrition[3], d’autant que la maladie et les tremblements augmentent les besoins énergétiques tout en ralentissant les repas. Un EHPAD adapté propose des textures modifiées correctes (hachée, mixée lisse, eau gélifiée) sans transformer chaque repas en purée indifférenciée, laisse le temps de manger, installe correctement le résident, et fait évaluer la déglutition par un orthophoniste au moindre doute.

En visite, demandez à voir la salle à manger à l’heure du déjeuner : c’est souvent le moment le plus révélateur de la qualité réelle d’un établissement.

5. La prévention des chutes et l’aménagement des espaces

Chutes et Parkinson vont malheureusement de pair : troubles de l’équilibre, piétinement, blocages soudains (freezing), hypotension au lever liée à la maladie ou aux traitements. Les bons établissements combinent plusieurs réponses : chambres dégagées et bien éclairées, barres d’appui, sols non glissants, lits à hauteur variable, détecteurs de chute ou chemins lumineux la nuit, chaussage adapté, et surtout un travail de l’équilibre en kiné plutôt qu’une mise au fauteuil systématique. En effet, une restriction injustifiée de la mobilité peut contribuer au déconditionnement et à la perte d’autonomie.

Demandez le taux d’encadrement la nuit, la procédure en cas de chute, et la position de l’établissement sur la contention : la réponse doit être la liberté de mouvement sécurisée, jamais l’immobilisation par défaut.

LIRE AUSSI : Parkinson et chutes répétées : à partir de quand les gériatres recommandent l’EHPAD

Comment mener votre visite

  • Venez si possible en fin de matinée ou au moment du déjeuner, quand la vie réelle de l’établissement est visible.
  • Posez les cinq questions clés : horaires de traitement, rééducation, formation du personnel, textures des repas, prévention des chutes.
  • Demandez à rencontrer le médecin coordonnateur ou l’infirmière coordinatrice, pas seulement le service commercial.
  • Demandez combien de résidents parkinsoniens vivent dans l’établissement : l’expérience compte.
  • Croisez avec l’avis du neurologue ou du gériatre qui suit votre proche, notamment sur la faisabilité du schéma de traitement en collectivité.

Un EHPAD réellement adapté à la maladie de Parkinson ne se reconnaît pas à sa plaquette mais à son organisation quotidienne. Les cinq critères de cette check-list vous donnent une grille objective pour comparer les établissements et, une fois l’entrée réalisée, pour suivre la qualité de l’accompagnement dans la durée. En cas de doute sur le traitement ou l’évolution de la maladie, le neurologue reste votre interlocuteur de référence.

FAQ

Un EHPAD peut-il accueillir une personne atteinte de Parkinson ?

Oui, mais tous les établissements ne disposent pas du même niveau d’expérience ou d’organisation pour accompagner cette maladie. Il est notamment important de vérifier la gestion des traitements, des troubles de la marche, de la déglutition et des fluctuations motrices.

Pourquoi les horaires de traitement sont-ils importants dans la maladie de Parkinson ?

Certains traitements doivent être pris à des horaires précis pour maintenir leur efficacité et limiter les périodes OFF. Avant l’admission, il est donc essentiel de vérifier comment l’EHPAD organise et trace l’administration des médicaments.

Un kinésithérapeute et un orthophoniste interviennent-ils en EHPAD ?

Des professionnels libéraux peuvent intervenir auprès des résidents selon les besoins et les modalités de l’établissement. Il faut demander concrètement quels professionnels interviennent, à quelle fréquence et comment les séances sont organisées pour les résidents atteints de Parkinson.

Comment un EHPAD prévient-il les fausses routes chez une personne atteinte de Parkinson ?

L’établissement doit pouvoir adapter les textures et les conditions des repas lorsque cela est nécessaire. En cas de difficulté à avaler, une évaluation de la déglutition peut notamment être réalisée par un orthophoniste, en lien avec l’équipe soignante et le médecin.

Quels aménagements permettent de limiter les chutes en EHPAD ?

Un environnement dégagé et bien éclairé, des équipements adaptés et un accompagnement de la marche peuvent contribuer à réduire les risques. Il est également utile de demander à l’établissement comment il réagit aux blocages de la marche et aux chutes et quelle place il accorde au maintien de la mobilité.

✅ Article relu par l’équipe éditoriale avec le concours d’un contributeur expert médico-social chez Cap Retraite. Son expérience de terrain et sa connaissance des dispositifs d’aide et d’accompagnement permettant d’apporter un regard fiable et pertinent aux lecteurs.

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Augustin,Rédacteur chez Cap Retraite et expert digital. Il crée des contenus à impact social dédiés au grand âge et aux familles aidantes.

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