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La maison de retraite que vous avez choisie n’a plus de place en chambre seule ? La différence de tarif journalier entre les différentes chambres vous fait réfléchir ? Ou bien, vous avez un caractère très sociable et n’avez jamais fait chambre à part en 50 ans de vie commune avec votre conjoint(e) ? Si la chambre individuelle semble un choix tout naturel face à la perspective de vivre avec un étranger, la chambre double n’est pas toujours une option à dédaigner. Tour d’horizon sur le pour et le contre des deux formules proposées en Ehpad.

Pourquoi opter pour une chambre seule en Ehpad ?

Les établissements pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) comprennent en général une majorité de chambres seules (ou individuelles) et quelques chambres pour deux, afin d’accueillir des couples et de réduire les coûts de construction.

Demandez à n’importe qui autour de vous : s’il devait entrer en maison de retraite, voudrait-il partager sa chambre avec un parfait inconnu ? La réponse de l’écrasante majorité sera négative. Une étude de l’Association américaine des retraités révèle d’ailleurs que 82 % des personnes âgées de 50 ans et plus préféreraient être accueillies en chambre seule, et seulement 4 % choisiraient une chambre partagée (Baugh, 1996).

Plusieurs facteurs expliquent cette préférence :

  • Le contrôle sur son environnement: avoir votre propre chambre, en Ehpad comme partout ailleurs, constitue une forme de contrôle sur votre vie et est synonyme d’indépendance. Vivre avec une autre personne dans une chambre double signifie devoir s’habituer à la routine quotidienne, au comportement et aux activités d’une autre personne, et surtout composer avec ses goûts et ses préférences. Les principaux problèmes que vous risquez de rencontrer en partageant votre chambre en Ehpad sont d’ordre pratique :
    • Le bruit : les chambres doubles classiques en Ehpad offrent une faible séparation entre les deux résidents. La télévision, un résident qui ronchonne toute la journée et les visites des proches ou de l’équipe médicale peuvent être un inconvénient…
    • La température de la pièce : l’ouverture des fenêtres et la régulation de la climatisation risquent d’être source de conflits, lorsque vous partagez votre chambre en Ehpad ;
    • Les troubles du compagnon de chambre : si votre compagnon souffre d’incontinence ou de désorientation, la vie en chambre double peut devenir insupportable.
  • Le respect de la vie privée: la chambre seule est naturellement l’endroit idéal pour préserver sa vie privée dans un environnement collectif tel que l’Ehpad, où les activités et les repas sont partagés avec les autres résidents. En chambre double, la confidentialité et l’intimité sont mises à l’épreuve.
    • Le secret médical: en Ehpad, la plupart des soins sont effectués directement dans la chambre du résident. Certains traitements peuvent nécessiter des examens physiques. Dans d’autres cas, l’équipe soignante a besoin d’évoquer vos antécédents médicaux et votre protocole de soins. L’éventuel rideau séparant les deux lits ne suffira pas à assurer une isolation acoustique entre les deux résidents. Difficile dans ces conditions de ne pas impliquer involontairement le compagnon de chambre dans votre parcours de soin…
    • Les conversations privées avec les proches: il en va de même lors des visites de la famille. La conception architecturale des Ehpad permet aujourd’hui des visites hors de la chambre, mais les petits salons ne sont pas toujours disponibles et parfois la personne âgée est trop fatiguée pour recevoir hors de sa chambre.
    • Une fin de vie en famille: en fin de vie, si le résident n’est pas à l’hôpital, les proches souhaitent se réunir auprès de lui, mais les chambres doubles sont souvent trop petites pour permettre à tous les membres de la famille de passer du temps de qualité avec leur proche en fin de vie, sans avoir le sentiment de gêner le compagnon de chambre ou simplement parler de choses qui ne le regardent pas. Ce dernier est lui-même gêné d’imposer sa présence dans des moments aussi intimes ou ne souhaite pas être confronté à la mort.
  • Les facteurs cliniques: Le partage d’une chambre double peut également avoir des « effets iatrogènes » sur le résident.
    • La pneumonie est l’une des principales causes de morbidité par maladie dans les maisons de retraite. La majorité des études montre que les risques de développer une infection nosocomiale en chambre seule sont plus faibles qu’en chambre double ;
    • Les troubles du sommeil : vous risquez de vous réveiller si l’équipe médicale vient octroyer des soins à votre compagnon de chambre plusieurs fois par nuit. Difficile également d’aller faire la sieste, lorsqu’il reçoit des visites.

Tous ces facteurs semblent plaider pour le choix d’une chambre individuelle en Ehpad, pourtant certaines personnes préfèrent être hébergées en chambre double.

Quels sont les avantages de la chambre double ?

Bien que la chambre seule semble être la solution idéale, les chambres doubles peuvent aussi avoir des avantages et constituer une option viable pour le nouveau résident.

  • Un coût moins élevé: La question du prix est en général le principal argument en faveur de la chambre double. En France, le coût de l’hébergement d’une personne âgée en chambre seule ou en chambre double ne diffère généralement pas dans la plupart des maisons de retraite. Mais, dans les Ehpad affichant des tarifs plus élevés, la différence de tarif journalier peut s’élever à une dizaine d’euros. Lorsque les établissements moins chers n’ont pas de disponibilités, le choix d’une chambre double à plusieurs centaines d’euros de moins par mois permet d’entrer plus vite en Ehpad, plutôt que d’attendre une place libre dans une maison de retraite plus abordable.
  • Un contact humain plus rapproché : certaines personnes sont particulièrement sociables et n’ont jamais vécu seules. Chez leurs parents, puis avec leur conjoint, elles ont toujours partagé leur vie avec un autre. Vivre avec un compagnon de chambre peut être une solution pour la personne peu mobile qui sort peu de sa chambre, mais désire garder une interaction avec autrui. Au contraire, le fait de ne pas s’entendre avec son compagnon de chambre peut pousser le résident à passer moins de temps dans la chambre et à participer davantage aux activités communes de l’Ehpad… Une étude américaine indique que 22 % des résidents ayant un compagnon de chambre font état d’une relation étroite ou positive avec ce dernier (Bitzan, 1998), et 8 résidents sur 10 affirment ne pas avoir de problème avec leur compagnon de chambre. Les risques de conflit ne sont donc pas particulièrement élevés.
  • Une surveillance accrue : finalement, le compagnon de chambre est également présent à tout moment et peut donner l’alerte, si le résident a besoin d’aide. L’équipe soignante a également davantage d’occasions de voir le résident, puisqu’elle passe pour deux personnes…

Les inconvénients cités dans la première partie concernent les chambres doubles « classiques ». Il existe aujourd’hui d’autres configurations de chambres pour deux résidents, avec une salle de bain commune. Les lits ne sont pas l’un à côté de l’autre et séparés par un rideau. Ils peuvent être l’un en face de l’autre et séparés par un mur. Dans ce cas, les inconvénients disparaissent presque entièrement.

Le choix de la chambre seule ou double vous appartient. Plusieurs facteurs sont à prendre en compte (isolement, vie privée, budget, disponibilité…) La chambre double peut aussi être une étape intermédiaire jusqu’à la libération d’une chambre seule.

 

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Yaël A.,Rédactrice chez Cap Retraite

1 Commentaire

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  1. Boulongne Catherine

    Bonjour,
    Petite question concernant le partage d’une chambre double en EHPAD.
    Existe-t-il des règles de partage de la chambre. En effet sans nous avoir prévenus, la maîtresse de maison vient de modifier l’agencement de la chambre en plaçant le lit de ma mère le long de la fenêtre pour donner un plus grand espace à la personne qui partage sa chambre. Suite à un AVC ma mère est soit dans un fauteuil, soit dans son lit. Suite à ce nouvel agencement nous ne pouvons plus nous asseoir près d’elle que ce soit pour lui tenir compagnie, ou pour la faire manger, ce que nous faisons midi et soir : pas d’espace pour une chaise du côté de la fenêtre, ni de l’autre côté où le fauteuil de sa voisine a été installé avec sa table. Nous ne pouvons nous asseoir qu’au pied du lit, alors que sa voisine de chambre dispose d’un grand espace. Voisine qui ne comprend d’ailleurs pas pourquoi son aménagement personnel a été modifié et qui est complètement désorientée, ne trouvant plus ses repères habituels (elle est aveugle).
    Merci pour votre aide.

    Répondre

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