Le vieillissement ne touche pas les hommes et les femmes de la même façon. Si les femmes vivent plus longtemps, elles sont également davantage touchées par les pathologies liées au grand âge. C’est d’autant plus vrai pour la maladie d’Alzheimer qui affecte deux fois plus de femmes que d’hommes. Au-delà de la prévalence, les différences s’expriment à divers niveaux : diagnostic, symptômes et accompagnement – les femmes et les hommes ne sont pas égaux face la maladie d’Alzheimer

Les femmes plus touchées que les hommes par la maladie d’Alzheimer

Biologiquement différents, les hommes et les femmes ne vieillissent pas de la même façon. Il est bien connu notamment qu’en moyenne, les femmes vivent plus longtemps que les hommes. L’espérance de vie à 60 ans d’une femme est actuellement de 87,6 ans, alors que celle d’un homme et de 83,2 ans. Un facteur qui n’est pas sans un augmenter la prévalence de la maladie d’Alzheimer chez les femmes.

Sur 25 patients atteints de la maladie d’Alzheimer, 10 sont des hommes et 15 sont des femmes, d’après l’INSERM. Le vieillissement est le principal facteur de risque de la maladie d’Alzheimer. Autrement dit, plus une personne vit longtemps, plus elle a de risques de développer la maladie d’Alzheimer.

Cette différence de sexe face à la maladie d’Alzheimer est également due à d’autres facteurs :

  • des facteurs génétiques : les individus porteurs de la forme apoE4 de l’apolipoprotéine E ont plus de risques d’être atteints de la maladie d’Alzheimer que ceux qui ont les formes courantes de cette protéine. Ce risque est d’autant plus élevé pour les femmes, après une étude américaine ;
  • les troubles cardiaques sont également un facteur de risque de la maladie d’Alzheimer, or, les femmes de plus de 65 ans ont une moins bonne santé cardiaque que les hommes ;
  • les traitements hormonaux prescrits aux femmes lors de la ménopause, s’ils le sont plusieurs années après, sont associés à une altération des facultés cognitives caractéristique de la maladie d’Alzheimer ;
  • les femmes sont plus touchées par le diabète que les hommes, or, il existe un lien de causalité entre le diabète et la maladie d’Alzheimer.

Un diagnostic de la maladie d’Alzheimer plus difficile chez les femmes

La perte de mémoire, premier symptôme de la maladie d’Alzheimer, est moins visible chez les femmes que chez les hommes. D’après une étude de l’université de Californie, les femmes ont de meilleurs résultats que leurs homologues masculins aux tests de mémoire verbale, généralement utilisés pour déceler la maladie d’Alzheimer.

Les femmes parviennent mieux que les hommes à compenser les changements qui touchent leur cerveau à l’aide de leurs réserves cognitives, jusqu’à un stade plus avancé de la maladie d’Alzheimer. Cette différence retarde le diagnostic de la maladie d’Alzheimer chez les femmes et donc la prise en charge.

Des signes cliniques différents

L’évolution et les manifestations de la maladie d’Alzheimer sont différentes chez les hommes et les femmes :

  • l’altération des fonctions cognitives est plus précoce chez les femmes présentant des troubles de la mémoire que chez les hommes. Chez les hommes la maladie d’Alzheimer se développe plus tard, néanmoins la progression de la pathologie est plus rapide ;
  • les troubles du comportement liés à la maladie d’Alzheimer se manifestent différemment chez les hommes et femmes. Les hommes ont tendance à être plus agressifs, alors que les femmes seront davantage touchées par des troubles de l’humeur.

Les femmes, plus souvent aidantes d’une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer

Entre 60 et 70 % des aidants familiaux de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer sont des femmes.

Les femmes font ainsi face à divers défis dans leur prise en charge d’un proche atteint de la maladie d’Alzheimer. Leur rôle d’aidante familiale, qui peut exiger six heures de travail par jour, les expose à des difficultés dans leur profession. Les femmes peuvent également avoir du mal à prendre en charge un homme atteint de la maladie d’Alzheimer lorsqu’il présente des troubles du comportement, notamment l’agressivité.

Pour améliorer la prise en charge et l’accompagnement des malades et de leurs aidants, ces inégalités entre les femmes et les hommes face à la maladie d’Alzheimer doivent être davantage prises en compte par les autorités.

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Yaël A.,Rédactrice chez Cap Retraite

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