Aux stades modéré et avancé de la maladie d’Alzheimer et des troubles apparentés, les aidants familiaux sont souvent confrontés à des troubles du comportement difficiles à vivre. La colère, la tristesse, la paranoïa, la confusion et la crainte que le malade éprouve peuvent entraîner des gestes et paroles agressives, voire violentes. Découvrez les stratégies les plus efficaces pour faire face aux troubles du comportement d’un proche atteint de la maladie d’Alzheimer.

Surmonter les troubles du comportement liés à la maladie d’Alzheimer

Les difficultés de communication avec votre proche atteint de la maladie d’Alzheimer ou d’une autre forme de démence sont probablement un phénomène des plus frustrants pour vous et le malade que vous accompagnez.

Il est souvent difficile pour les aidants familiaux de comprendre pourquoi les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer agissent comme elles le font. En fait, les troubles du comportement sont dus à l’atteinte neurologique qu’entraîne la maladie.

Familiarisez-vous avec les situations les plus courantes dans l’accompagnement d’une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer. Ainsi, si votre proche dit quelque chose de choquant ou agit d’une manière inappropriée, vous saurez comment répondre calmement et efficacement.

Les paroles et gestes et agressifs d’un malade d’Alzheimer

Vous avez déjà probablement été confronté à des comportements oppositionnels de la part de votre proche atteint de la maladie d’Alzheimer. Des phrases comme « Je ne veux pas prendre de douche ! », « Je veux rentrer à la maison ! » ou encore « Je ne veux pas manger ça ! » peuvent rapidement entraîner une escalade et tourner en comportement agressif.

Comprenez pourquoi : face à l’agressivité verbale ou physique d’une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer, il est important de se souvenir que la personne âgée n’agit pas volontairement. L’agressivité est généralement déclenchée par une gêne : un inconfort physique, des facteurs externes comme le fait de se trouver dans une situation inhabituelle, ou encore à une mauvaise communication.

Conseil : pour surmonter l’agressivité liée à la maladie d’Alzheimer, il est important d’identifier la cause. Qu’éprouve votre proche pour agir ou parler agressivement ? Assurez-vous premièrement que son comportement ne met en danger ni sa personne ni un tiers, puis tentez de détourner l’attention vers un autre sujet, en parlant calmement et de façon rassurante.

Piège à éviter : la réaction la moins efficace face à l’agressivité d’un malade d’Alzheimer sera de se laisser entraîner dans une dispute ou de le forcer à agir contre son gré. N’essayez pas de restreindre la liberté de votre proche, sauf en cas de danger.

La confusion spatio-temporelle liée à la démence

Les personnes âgées atteintes de la maladie d’Alzheimer oublient parfois où elles se trouvent. Votre proche vous a peut-être déjà fait des remarques du genre : « Ce n’est pas chez moi ! », « Quand est-ce qu’on rentre ? » ou encore « Qu’est-ce qu’on fait là ? »…

Comprenez pourquoi : les personnes âgées atteintes de la maladie d’Alzheimer et accueillies en maison de retraite souhaitent souvent rentrer chez elles, car elles ne savent plus pourquoi elles s’y trouvent. Le déclin progressif des fonctions cognitives est responsable des symptômes de la maladie d’Alzheimer comme la confusion et les pertes de mémoire.

Conseil : vous pouvez donner des explications simples à votre proche, associées à des photos et à des repères concrets. Il est parfois préférable de tout simplement rediriger la personne atteinte de la maladie d’Alzheimer, surtout lorsque votre proche vient récemment d’emménager en Ehpad ou dans un nouveau logement. Lorsque votre proche vous demande « Quand part-on ? », vous serez parfois obligé d’utiliser des prétextes pour détourner le sujet.

Piège à éviter : il est déconseillé de s’embarquer dans de longues explications ou d’essayer de raisonner votre proche atteint de la maladie d’Alzheimer. Vous n’arriverez généralement nulle part.

 

Les problèmes cognitifs et jugements erronés

Votre proche atteint de la maladie d’Alzheimer peut parfois vous accuser à tort : « Tu m’as volé mon aspirateur ! » ou avoir des difficultés à faire des calculs par exemple pour vérifier l’addition au restaurant.

Comprenez pourquoi : le déclin des cellules du cerveau causé par la maladie d’Alzheimer est responsable de ces erreurs de jugement.

Conseil : il est important de d’abord évaluer l’étendue du problème. Vous pouvez vérifier si des factures ne sont pas payées ou si votre proche du mal à tenir ses comptes. Soyez rassurant et encouragez votre proche atteint de la maladie d’Alzheimer. Vous éviterez la frustration et la honte que peuvent entraîner ce genre d’erreurs. Aidez votre proche à être plus organisé. Vous pouvez par exemple suggérer que la banque a fait une petite erreur et proposer à votre proche de l’aider à vérifier les comptes.

Piège à éviter : dans cette situation, il est important d’éviter de mettre clairement en doute les capacités de votre proche à gérer sa vie. La personne âgée atteinte de la maladie d’Alzheimer aurait le sentiment que vous l’accusez ou que vous doutez d’elle.

Vous vous occupez d’une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer présentant ce genre de troubles du comportement ? Partagez votre expérience avec nous et vos astuces pour surmonter cette situation.

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Yaël A.,Rédactrice chez Cap Retraite

Commentaires (2)

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  1. Marie Dernest

    Bonjour,
    Je compatis, j’ai vécu cela pendant une période…cette personne est décédée maintenant sans que je puisse lui venir en aide…c’est mon plus grand regret…Les conseils sont très difficile à donner et même les recevoir, car, chaque cas est différent. Je vous souhaite du courage..L’amour pour votre maman lui sera salutaire et je suis persuadée que vous lui donnez BEAUCOUP !!.Bien à vous…PS, si vous voulez me contacter pour en parler je suis à votre écoute…Bien à vous avec amitiés Marie Dernest

    Répondre
  2. Véronique Speeckaert

    Maman 77 ans est atteinte de cette maladie depuis plusieurs mois et mon plus gros souci c’est le comportement de mon père 79 ans qui ne veut pas repondre aux exigences necessaires à la stimulation cognitives pour permettre la stabilité de la phase actuelle. (Jouer, faire les puzzles, dates jours etc.) Il fait un déni de la maladie. A rejeté aide à domicile ne veut pas suivre la formation des aidants etc. Je m’occupe beaucoup de maman qui rerouve son énergie quand je suis là. Actuellement je trouve qu’elle est fatiguée et renfermée sur elle même. Aucune agressivité au contraire.
    Comment ouvrir les yeux de mon père afin qu’il comprenne la maladie de maman et qu’il la stimule quand je ne suis pas là au lieu de se moquer et de s’ enerver quand elle s’ habille à l’envers ou perd ou cache les choses, quand elle agit simplement comme une personne atteinte de cette maladie.
    Merci pour vos conseils.
    Véronique

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