Choisir un établissement pour un proche atteint de la maladie d’Alzheimer ne se fait pas au hasard. L’aidant doit trouver une structure capable de répondre à son niveau d’autonomie, à ses troubles cognitifs et à ses éventuels troubles du comportement, tout en anticipant les évolutions de la maladie. Le stade de la maladie constitue donc un élément important à prendre en compte, notamment à travers l’évaluation des capacités cognitives et du niveau de dépendance[2]. Cet article vous explique quels éléments permettent d’évaluer les besoins de votre proche, comment ils peuvent orienter le choix d’un établissement et pourquoi cette adéquation est essentielle pour assurer un accompagnement adapté.

Trouver un EHPAD

Comprendre le MMSE et le GIR avant tout choix

Le MMSE est un test cognitif sur 30 points qui donne une indication chiffrée du stade de la maladie. Son résultat constitue un repère parmi d’autres pour apprécier l’évolution des troubles cognitifs, mais il ne suffit pas à lui seul à déterminer le stade de la maladie.

La grille AGGIR mesure quant à elle la perte d’autonomie sur six niveaux. Le GIR[4] 1 correspond aux personnes confinées au lit et nécessitant une présence continue. Le GIR 6 désigne les personnes totalement autonomes. La plupart des unités spécialisées Alzheimer[1] accueillent des résidents classés en GIR 2 à 4.

Ces deux évaluations doivent être réalisées par le médecin traitant ou un gériatre, idéalement en consultation mémoire hospitalière. Elles apportent des éléments utiles pour mieux comprendre la situation de la personne et adapter son accompagnement.

aidante cherchant un hébergement adapté pour son parent diagnostiqué avec la maladie d'alzheimer

Stade léger : maintien à domicile et accueil de jour

Au stade léger, la personne reste autonome pour la plupart des actes du quotidien. Les oublis sont fréquents mais ne mettent pas la sécurité en jeu. À ce stade, l’entrée en EHPAD est contre-productive : elle accélère la perte de repères.

Les solutions adaptées sont le maintien à domicile renforcé par une Équipe Spécialisée Alzheimer (ESA), prise en charge à 100 % par l’Assurance maladie sur prescription médicale, et l’accueil de jour thérapeutique une à plusieurs fois par semaine. Ce dernier permet à la fois de stimuler les fonctions cognitives et de soulager l’aidant familial.

Stade modéré : résidence senior adaptée ou EHPAD classique

Au stade modéré, la personne ne peut plus rester seule sans risque. Désorientation temporo-spatiale, oublis des prises médicamenteuses, errances diurnes commencent à mettre la sécurité en jeu.

Plusieurs structures sont alors envisageables :

  • L’EHPAD[3] classique avec un PASA (Pôle d’Activités et de Soins Adaptés), unité de jour intégrée à l’EHPAD qui accueille 12 à 14 résidents souffrant de troubles cognitifs modérés pour des activités thérapeutiques.
  • L’UVP (Unité de Vie Protégée) si les troubles du comportement sont modérés mais nécessitent un environnement sécurisé pour prévenir les fugues.

Stade sévère : UVP, UHR et soins palliatifs

Au stade sévère, la dépendance est totale. Les troubles du comportement peuvent devenir majeurs : agitation, agressivité, déambulation permanente, refus de soins.

Deux types d’unités spécialisées coexistent :

  • L’UVP accueille les résidents avec des troubles modérés à avancés mais relativement maîtrisés. Sécurisation des accès, équipe formée Alzheimer, projet d’animation adapté.
  • L’UHR (Unité d’Hébergement Renforcée) est réservée aux troubles psychocomportementaux sévères nécessitant un environnement et un accompagnement renforcés. Personnel renforcé 24h sur 24, espace architectural sécurisé, prise en charge médicale dense. La mobilité doit être préservée (marche autonome ou avec aide).

En fin de parcours, les soins palliatifs en EHPAD prennent le relais, souvent appuyés par une équipe mobile de soins palliatifs (EMSP) qui intervient dans l’établissement. 

senior accueilli dans une unité Alzheimer en EHPAD

Quelles solutions selon l’évolution de la maladie d’Alzheimer ?

Situation de votre procheSolutions pouvant être envisagées
Troubles cognitifs encore modérés, autonomie relativement préservéeMaintien à domicile, ESA, accueil de jour
Maintien à domicile devenu difficileEHPAD, selon les besoins et les capacités de l’établissement
Troubles cognitifs nécessitant un environnement sécuriséEHPAD disposant d’une unité protégée/UVP, selon les critères d’admission
Troubles psychocomportementaux sévèresEHPAD disposant d’une UHR[5], si les critères sont remplis
Besoins de soins importants ou situation complexeEHPAD adapté, avec réévaluation régulière de la prise en charge

Anticiper les transitions entre stades

La maladie d’Alzheimer évolue par paliers, parfois rapides. Un résident entré en UVP peut nécessiter un transfert en UHR en quelques mois si les troubles du comportement s’aggravent. Inversement, après stabilisation, un retour en UVP est parfois possible.

Pour limiter les ruptures de parcours, plusieurs stratégies existent : 

  • privilégier un EHPAD qui dispose à la fois d’une UVP et d’une UHR sur le même site permet de fluidifier les transferts internes ; 
  • s’assurer que le projet d’établissement inclut un volet Alzheimer formalisé et un médecin coordinateur formé aux troubles neurocognitifs est également déterminant.

Le rôle clé du médecin coordinateur

Avant toute admission, le dossier médical est examiné par le médecin coordinateur de l’établissement. Il valide ou refuse l’orientation en fonction du stade évalué, des troubles présents et de la capacité de l’équipe à les prendre en charge. Un avis défavorable n’est pas un échec : il peut simplement traduire une inadéquation entre les possibilités de l’établissement et les besoins du résident et inviter à rechercher une solution plus adaptée.

L’avis du médecin coordonnateur est important dans la décision d’admission, car il évalue notamment si l’établissement est en mesure de répondre aux besoins de santé et d’accompagnement de la personne. Il peut ainsi estimer que le niveau de soins ou de dépendance du futur résident nécessite une prise en charge que l’EHPAD ne peut pas assurer dans de bonnes conditions. 

La décision finale d’admission appartient toutefois au directeur de l’établissement. En cas de désaccord sur l’évaluation de la situation de votre proche, vous pouvez demander des explications à l’équipe et solliciter un nouvel avis médical auprès du médecin traitant ou, lorsque des troubles cognitifs sont concernés, d’une consultation spécialisée.

Questions fréquentes

Le MMSE peut-il varier d’une consultation à l’autre ?

Oui, le score peut fluctuer de quelques points en fonction de la fatigue, de l’humeur ou de l’environnement. Une évaluation isolée n’est pas suffisante. Il faut idéalement deux ou trois mesures espacées de plusieurs mois pour évaluer une tendance fiable.

Un EHPAD peut-il refuser un résident classé en GIR 1 ?

Oui, si l’établissement estime que la prise en charge dépasse ses capacités humaines ou matérielles. Cela arrive notamment pour les EHPAD sans unité protégée ni équipe formée Alzheimer. Le refus doit être motivé.

Quelle différence concrète entre PASA et UVP ?

Le PASA est un espace de jour ouvert aux résidents de l’EHPAD souffrant de troubles cognitifs modérés. Le résident y passe la journée puis rentre dans sa chambre standard le soir. L’UVP est une unité d’hébergement à temps plein, sécurisée 24h sur 24, avec un projet de vie adapté.

L’UHR est-elle financée différemment ?

L’UHR bénéficie d’un forfait soins renforcé versé par l’Assurance maladie pour couvrir le sureffectif de personnel. Le tarif hébergement reste à la charge de la famille ou de l’aide sociale, comme en EHPAD classique.

Faut-il choisir un EHPAD privé ou public pour Alzheimer ?

Le statut juridique compte moins que les compétences réelles de l’équipe. Vérifier la présence d’une UVP, d’une UHR ou d’un PASA, le ratio soignants par résident la nuit, et la formation du personnel aux troubles cognitifs sont des critères plus pertinents.

Article relu par l’équipe éditoriale avec le concours d’un contributeur expert médico-social chez Cap Retraite. Son expérience de terrain et sa connaissance des dispositifs d’aide et d’accompagnement permettant d’apporter un regard fiable et pertinent aux lecteurs.

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Augustin,Rédacteur chez Cap Retraite et expert digital. Il crée des contenus à impact social dédiés au grand âge et aux familles aidantes.

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