Le cancer du côlon chez les personnes âgées : symptômes et prévention
Santé

Publié le 26/05/2019 . Mis à jour le 02/06/2019

Publié le 26 Mai. 2019 . Mis à jour le 2 Juin. 2019

Le cancer colorectal ou cancer du côlon et rectum touche principalement les personnes âgées de 50 ans et plus. Grâce à un dépistage précoce, il est possible de le prévenir de le soigner de manière efficace. Découvrez cette pathologie, au premier rang des cancers les plus fréquents en France, ainsi que ses symptômes et les traitements possibles.

Le cancer du côlon chez les personnes âgées : symptômes et prévention

Qu’est-ce que le cancer du côlon ?

Le cancer colorectal ou cancer du côlon-rectum est une forme de cancer qui atteint la dernière partie du gros intestin : le côlon ou le rectum.

Le cancer du côlon commence en général sous la forme de petites excroissances (tumeurs bénignes). Ces polypes (ou adénomes) se forment sur la paroi intérieure du côlon. Au fil du temps, certains de ces polypes risquent de se transformer en tumeurs malignes et ainsi entraîner un cancer du côlon ou du rectum.

Le cancer du côlon-rectum est l’une des formes de cancer les plus fréquentes en France. Il touche aussi bien les femmes que les hommes, même si ces derniers sont davantage concernés.

Quelques chiffres sur le cancer du côlon en France(1)
FemmesHommes
Prévalence (nombre de personnes atteintes)56 60064 300
Incidence (nouveaux cas par an)20 10023 200
Fréquence (rang parmi les tumeurs les plus courantes)2e rang4e rang
Décès par an7 9009 200
Rang sur les décès par cancer3e rang2e rang

(1) Source : institut de veille sanitaire (InVS)

À quel âge peut-on avoir le cancer du côlon ?

Le risque de développer un cancer du côlon concerne essentiellement les personnes âgées :

  • dans 9 cas sur 10, il est diagnostiqué à partir de l’âge de 50 ans,
  • l’âge moyen au diagnostic est de 60 à 65 ans.

Néanmoins, l’incidence du cancer colorectal a tendance à augmenter chez les jeunes adultes. On observe en effet une forte hausse chez les jeunes de 20 à 29 ans, d’après deux études publiées en mai 2019 (journal Gut et Lancet Gastroenteorology and Hepatology).

En revanche, l’incidence du cancer du côlon diminue maintenant chez les personnes âgées, grâce au dépistage systématique.

Quels sont les symptômes du cancer du côlon chez les seniors ?

Aux premiers stades, le cancer du côlon est asymptomatique. Le dépistage précoce est donc important.

Lorsque les premiers symptômes apparaissent, le cancer s’est déjà bien développé. Ils varient souvent d’une personne à l’autre, en fonction de la taille des tumeurs cancéreuses et de leur localisation dans le gros intestin.

Les principaux signes et symptômes du cancer colorectal sont les suivants :

  • modification persistante des habitudes intestinales : diarrhée, constipation ou changement de la consistance/couleur des selles,
  • saignements rectaux,
  • sang dans les selles,
  • gêne abdominale persistante : gaz, douleur, ballonnements, crampes…
  • sensation que l’intestin ne se vide pas complètement,
  • faiblesse ou fatigue,
  • perte de poids inexpliquée.

Si ces symptômes persistent, il est important de consulter son médecin traitant, pour faire des examens.

Quels sont les facteurs de risque du cancer du côlon pour les personnes âgées ?

L’âge est l’un des principaux facteurs de risque de développer un cancer du côlon. Il en existe d’autres :

  • antécédents médicaux : le risque est plus élevé lorsqu’une personne a déjà eu le cancer colorectal ou des polypes adénomateux dans le côlon ou le rectum. Les cancers de l’endomètre, de l’ovaire ou du sein accroissent aussi le risque pour les femmes.
  • antécédents familiaux : un peu plus d’un dixième des cancers colorectaux se développent chez des patients dont un proche du premier degré a souffert d’un cancer colorectal,
  • maladies inflammatoires : les inflammations chroniques du côlon, comme la colite ulcéreuse ou la maladie de Crohn augmentent les risques,
  • syndromes héréditaires : certaines maladies génétiques sont responsables d’un risque accru de développer un cancer du côlon (la polypose adénomateuse et le syndrome de Lynch),
  • régime alimentaire pauvre en fibres ou riche en graisses : si les causes du cancer du côlon sont peu connues, la maladie est associée à un régime alimentaire occidental. Une consommation trop importante de certains aliments (viande rouge, viande transformée, alcool, graisses animales…) augmenterait ainsi les risques,
  • style de vie sédentaire : manque d’activités physiques et le manque d’exposition au soleil,
  • obésité : les personnes en surpoids ont davantage de risques d’être atteintes d’un cancer colorectal,
  • tabagisme : les effets de la cigarette sont là encore à craindre,
  • diabète : les personnes atteintes du diabète ou d’insulino-résistance sont également plus exposées au cancer du côlon,
  • radiothérapie : le traitement d’un cancer par radiothérapie, lorsque les rayons sont dirigés vers l’abdomen, accroissent les risques.

Comment le cancer du côlon est-il dépisté chez les personnes âgées ?

L’évolution du cancer du côlon est en général relativement lente : il faut en moyenne 10 ans pour qu’un polype se transforme en tumeur cancéreuse. Un dépistage précoce accroît les chances de réussite du traitement du cancer colorectal.

En France, on recommande donc un dépistage systématique du cancer du côlon chez les personnes âgées de 50 à 74 ans. Les personnes à risque seront souvent invitées à procéder à ce dépistage plus tôt ou différemment. Elles doivent consulter leur médecin traitant pour savoir comment procéder.

  • Le test Hemoccult :

Dans le cadre du programme national de dépistage organisé, les personnes âgées de 50 à 74 ans reçoivent tous les deux ans un courrier les encourageant à consulter leur médecin traitant pour effectuer un test Hemoccult. Il s’agit d’un test à faire chez soi pour rechercher des saignements occultes dans les selles.

Si le test est positif, il y a du sang dans les selles et le patient sera adressé à un gastroentérologue, pour effectuer une coloscopie, afin de vérifier d’où proviennent ces saignements.

  • La coloscopie :

La coloscopie est utilisée dans le cadre du dépistage organisé ou pour le diagnostic du cancer du côlon, lorsque des signes et symptômes laissent craindre la présence d’un tel cancer. La coloscopie est effectuée avec une sonde appelée coloscope. Cet appareil comporte un long tube flexible fixé à une caméra vidéo et un moniteur, permettant de visualiser le côlon et le rectum.

Si des lésions sont détectées, le médecin peut faire passer des instruments chirurgicaux dans le tube pour prélever des échantillons de tissus (biopsies) à des fins d’analyse et même pour retirer les polypes. La coloscopie est à la fois un outil de diagnostic et de traitement.

Comment traite-t-on le cancer du côlon chez les personnes âgées ?

Grâce au dépistage précoce, le traitement du cancer du côlon peut donner de bons résultats, avec un taux de réussite élevé.

Les principaux traitements du cancer colorectal comprennent :

  • La chirurgie :

La chirurgie consiste à enlever la partie du côlon où s’est développée la tumeur. Pour les cancers du côlon de stade I ou II, la chirurgie est souvent suffisamment efficace pour ne pas nécessiter d’autre traitement.

Il existe plusieurs procédures chirurgicales. Une « excision locale » permet de retirer la tumeur cancéreuse et les tissus environnants pendant la coloscopie. Tandis que la « résection de l’intestin » permet de retirer une partie de l’intestin grêle ou du gros intestin, si le cancer s’est propagé au-delà de la paroi du côlon.

  • La chimiothérapie :

La chimiothérapie utilise des médicaments oraux ou par voie intraveineuse. Le but : tuer les cellules cancéreuses restantes.

  • La radiothérapie :

L’utilisation de hautes doses de rayons X permet également de détruire les cellules cancéreuses, réduire la taille de la tumeur ou soulager la douleur. La radiothérapie externe utilise un appareil émettant des radiations à travers la peau jusqu’à la tumeur et le tissu environnant. La radiothérapie interne (curiethérapie) utilise une substance radioactive (radio-isotope), insérée directement dans la tumeur ou à proximité.

  • L’immunothérapie :

Encore relativement expérimentale, l’immunothérapie est utilisée en association avec la chimiothérapie. L’équipe de soins a recours à des médicaments, appelés anticorps monoclonaux. Le but : encourager le système immunitaire de l’organisme à combattre le cancer du côlon.

La prévention reste la meilleure façon de lutter contre le cancer du côlon. En France, la moitié des patients diagnostiqués avec un cancer colorectal survivent à leur maladie après 10 ans. La survie diminue néanmoins avec l’âge. D’où l’importance de dépister le cancer le plus tôt possible.

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