Dégénérescence maculaire liée à l’âge – DMLA : définition et prévention

Première cause de malvoyance chez les adultes de plus de 50 ans, la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) entraîne une perte progressive de la vision centrale. Apprenez à identifier les symptômes de la maladie, pour réagir au plus tôt et préserver la vision.

Dégénérescence maculaire liée à l’âge – DMLA : définition et prévention

Qu'est-ce que la DMLA ?

La dégénérescence maculaire liée à l’âge, DMLA, est une maladie dégénérative de la rétine. Elle entraîne une perte progressive de la vision centrale et une gêne importante.

La rétine est la couche interne de l’œil. C’est elle qui transfère au cerveau les images que nous voyons :

  • elle reçoit les rayons lumineux qui entrent dans l’œil par la cornée,
  • les transforme en signaux lumineux, puis
  • les envoie de l’œil au cerveau, par l’intermédiaire du nerf optique.

La DMLA touche la partie centrale de la rétine, appelée macula, responsable de la focalisation de la vision centrale dans l’œil.

La macula contrôle les capacités nécessaires aux activités suivantes :

  • lecture,
  • conduite,
  • reconnaissance des visages et des couleurs,
  • vision des détails,
  • fixation du regard…

On peut comparer l’œil humain à un appareil photo. La macula est la partie centrale la plus sensible de la pellicule. Lorsqu’elle fonctionne correctement, elle capture des images détaillées au centre du champ de vision et les envoie au cerveau, qui les interprète. Lorsqu’elle se détériore, la réception des images est altérée et la qualité visuelle se dégrade.

Aux premiers stades de la DMLA, la vision n’est pas encore affectée. Mais, avec la progression de la pathologie, les malades ont le sentiment de voir les lignes ondulées ou d’avoir la vision floue. La DMLA entraîne ensuite la perte totale de la vision centrale.

En revanche, la vision périphérique est préservée par la maladie qui ne touche pas le reste de la rétine.

Qui peut être touché par la DLMA ?

La DMLA touche environ un million de Français. Elle intervient en général à partir de l’âge de 50 ans et sa fréquence augmente avec le vieillissement. Elle atteint :

  • 1 % des personnes de 50 à 55 ans,
  • 10 à 12 % entre 55 et 64 ans,
  • 15 à 20 % des 65 à 75 ans,
  • 25 % des plus de 75 ans,
  • 30 % des plus de 80 ans.

La DMLA est l’un des troubles de la vue les plus fréquents chez les seniors.

Les facteurs de risque de la DMLA sont :

  • âge,
  • génétique et antécédents familiaux : la DMLA comporte un élément héréditaire : les personnes dont un proche a la DMLA ont 4 fois plus de risques. En outre, la recherche a identifié plusieurs gènes liés à la maladie ;
  • origine ethnique : les personnes de race blanche sont davantage concernées ;
  • tabagisme : la cigarette augmente de 3 à 6 fois les risques ;
  • maladies cardiovasculaires ;
  • obésité : la recherche suggère que l’obésité augmente les risques de voir une forme précoce (maculopathie liée à l’âge) ou intermédiaire de la DMLA évoluer en pathologie plus sévère.

Quels sont les différents types de DMLA ?

On identifie deux formes évolutives de la DMLA :

  • forme atrophique (dite « sèche ») : la majorité des cas. Dans la forme sèche de la DMLA, la macula s’amincit et entraîne une perte progressive de la vision centrale.
  • forme exsudative (dite « humide ») : dans ce cas, des vaisseaux sanguins (les néo-vaisseaux) se développent dans la macula. En raison de leur fragilité, ils laissent du sang ou du sérum se répandre et affecter la rétine.

Il existe également une forme de dégénérescence maculaire touchant les sujets plus jeunes, causée par un gène récessif : la maladie de Stargardt. Elle peut apparaître chez les enfants et les adolescents.

Quels sont les symptômes de la DMLA ?

Un dépistage précoce permet de mettre en place une prise en charge et un traitement quand il est encore temps de préserver la qualité de vie du patient. Il est donc important de reconnaître les signes précurseurs et les symptômes de la dégénérescence maculaire liée à l’âge.

Pendant de longues années, la DMLA se développe en silence. Seul un fond d’œil peut alors identifier le problème. Il est donc indispensable de consulter au moins une fois par an votre spécialiste, après 50 ans.

Progressivement, l’acuité visuelle diminue et plusieurs troubles émergent :

  • impression de manquer de lumière pour lire,
  • diminution de la sensibilité aux contrastes,
  • difficulté à percevoir les détails,
  • déformation des lignes droites, qui semblent ondulées,
  • apparition de taches noires ou grises devant l’œil, qui gênent la vision.

Autant de signes qui doivent vous pousser à consulter un ophtalmologiste sans tarder.

Comment traiter la DMLA ?

Les traitements de la DMLA dépendent du stade de la maladie et du type de dégénérescence maculaire (forme sèche ou humide). Seule la forme humide peut être soignée avec une certaine récupération de la vision.

Traitement de la DMLA sèche précoce

Le traitement de la DMLA sèche précoce (MLA) passe généralement par un changement des habitudes alimentaires : une alimentation saine riche en antioxydants renforce les cellules de la macula.

Si la DMLA est plus avancée, mais encore dans sa forme sèche, des suppléments sont prescrits. Le but : augmenter l’apport en vitamines (C et E) et minéraux (zinc et sélénium) susceptibles de protéger les pigments sains et de maintenir la structure des cellules. Ils peuvent ralentir la progression.

  • Rééducation visuelle : La rééducation visuelle permet en outre de préserver une certaine autonomie, lorsque des dégâts visuels irréversibles sont apparus. L’ophtalmologiste peur prescrire une telle réadaptation par un spécialiste de rééducation pour les personnes malvoyantes ou un ergothérapeute. Ils peuvent vous aider à trouver des moyens de vous adapter à votre vision changeante.
  • Chirurgie : lorsque la DMLA sèche touche les deux yeux, il est possible d’améliorer la vision par la chirurgie. Il s’agit d’implanter une lentille télescopique dans un œil pour amplifier le champ de vision. Cet implant peut être utile en ville pour mieux voir les panneaux de signalisation.

Traitement de la DMLA humide

Il existe davantage de traitements pour la DMLA humide. Ils permettent de ralentir la progression de la maladie et de préserver la vision restante. S’ils sont mis en place à temps, ils peuvent même permettre de récupérer une partie de la vision perdue.

Certains médicaments (par exemple l’Avastin) peuvent enrailler le développement de nouveaux vaisseaux sanguins détériorant la rétine. Il s’agit du traitement de première intention à tous les stades de la DMLA humide. Ces médicaments sont régulièrement injectés dans l’œil touché. Si les vaisseaux sanguins se contractent et absorbent le liquide qui s’est répandu sous la rétine, la vision peut même s’améliorer.

Ces médicaments présentent néanmoins certains risques :

  • hémorragies conjonctivales,
  • douleurs oculaires,
  • corps flottants,
  • augmentation de la pression oculaire,
  • infections et inflammations oculaires
  • risque d’accident vasculaire cérébral (AVC) accru.

Il existe aussi plusieurs formes de thérapies pour la DMLA humide :

  • photocoagulation : de moins en moins utilisée, car elle ne convient à tout le monde (notamment quand les vaisseaux sanguins sont sous le centre de la macula). Un rayon laser à haute énergie permet de sceller les vaisseaux sanguins anormaux sous la macula. Le but : les empêcher de saigner et de continuer à endommager la macula.
  • thérapie photodynamique : elle permet de traiter les néo-vaisseaux au centre de la macula. Un médicament appelé vertéporfine, injecté par voie intraveineuse, chemine jusqu’aux vaisseaux sanguins de l’œil. La lumière focalisée d’un laser spécial attaque les vaisseaux sanguins anormaux de l’œil. Elle active le médicament qui ferme les vaisseaux et enraille la fuite.
  • traitement aux inhibiteurs du VEGF : des injections d’anti-VEGF (un facteur de croissance favorisant la formation des vaisseaux sanguins anormaux) sont effectuées directement dans l’oeil. C’est la méthode la plus utilisée aujour’hui.
  • réhabilitation visuelle

La DMLA requiert un suivi régulier et une information du patient sur le long terme.

Le mieux reste toutefois de réduire les risques de développer une DMLA grâce à une action préventive :

  • prévention de l’obésité,
  • interruption du tabagisme,
  • alimentation appropriée, riche en antioxydants, en lutéine  et en DHA.
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