En 2026, les démarches auprès de la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) changent. Pour simplifier un dossier longtemps jugé trop long, trop complexe et source de stress pour les usagers, un nouveau formulaire de demande est expérimenté dans cinq départements. Pour les familles concernées par l’AAH, la PCH, la RQTH ou une orientation en établissement, ce formulaire allégé ne se remplit pas à la légère… Voici ce qu’il faut savoir pour éviter de perdre vos aides.
Quid du nouveau formulaire MDPH testé en 2026 ?
L’arrêté du 20 mars 2026 encadre une expérimentation autour d’une nouvelle version du formulaire Cerfa n°15692, utilisé depuis 2017 pour toute demande auprès de la MDPH.
Deux nouveaux formulaires expérimentés en 2026
Concrètement, deux nouveaux formulaires sont en test :
- La version 2 du Cerfa 15692, pour les nouvelles demandes de droits ou les changements de situation : 18 pages, contre 20 dans la version actuelle.
- Un formulaire spécifique de renouvellement « à l’identique », pour les personnes dont la situation n’a pas évolué : 4 pages seulement.
À ces deux formulaires principaux s’ajoutent deux documents complémentaires facultatifs, obtenus après concertation avec les associations de personnes handicapées : l’un destiné aux personnes atteintes de maladies rares, l’autre aux personnes en situation de handicap lié à des troubles mentaux, cognitifs, psychiques ou du neurodéveloppement (TND).
Ces annexes permettent de mieux documenter des situations que le formulaire principal ne peut pas toujours saisir avec suffisamment de précision.
Une expérimentation limitée à cinq départements pilotes
Cette expérimentation est volontaire et limitée à cinq départements pilotes : l’Aveyron, la Corse, l’Indre, le Nord et la Guyane. Les calendriers à retenir :
- Distribution des nouveaux formulaires : jusqu’au 29 mai 2026.
- Date limite de dépôt des dossiers complétés : 14 juin 2026.
L’évaluation de cette expérimentation sera ensuite conduite conjointement par la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie (CNSA) et la Direction Générale de la Cohésion Sociale (DGCS), en lien avec les MDPH concernées.
Simplifier les démarches pour faciliter l’accès aux droits
L’ambition portée par ce nouveau formulaire est de rendre le dossier MDPH plus court, plus lisible et plus rapide à remplir.

Mieux guider l’usager
Vocabulaire simplifié, rubriques mieux structurées, exemples intégrés dans la description de sa situation… La nouvelle version est présentée comme plus accessible, notamment pour les personnes qui remplissent leur dossier sans accompagnement.
En théorie, un formulaire simplifié réduit le risque d’erreurs de saisie, limite les oublis dans les pièces justificatives et accélère les délais de traitement côté MDPH.
Les limites du formulaire simplifié
Toutefois, un formulaire simplifié peut aussi compliquer l’obtention des droits.
Collectif Handicaps, qui regroupe 54 associations de personnes en situation de handicap, redoute une sous-évaluation des situations réelles et des plans de compensation inadaptés.
“ Un formulaire trop condensé ne permet pas aux équipes pluridisciplinaires d’évaluation des MDPH de disposer de toutes les informations nécessaires à une évaluation globale et multidimensionnelle des besoins. “
Dossier MDPH : la description du quotidien est cruciale
Le dossier MDPH est le document de référence sur lequel la Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées (CDAPH) s’appuie pour statuer : attribution de l’AAH, de la PCH, de la RQTH (Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé), de la Carte Mobilité Inclusion (CMI), orientation vers un établissement ou financement d’une aide à domicile.

Chaque ligne compte
Condenser un formulaire exige une rédaction encore plus précise et stratégique :
- Décrire avec exactitude ce que la personne ne peut pas faire seule,
- Illustrer par des exemples concrets du quotidien,
- S’assurer que ces éléments sont cohérents avec le certificat médical joint au dossier.
Ce qui n’est pas écrit dans le formulaire reste inconnu de la commission.
Les personnes sans accompagnement, les plus exposées
Un formulaire plus court laisse moins de marge d’erreur. Or, les personnes qui remplissent leur dossier seules, sans travailleur social ni association spécialisée, sont les plus exposées au risque de sous-évaluation.
La tentation de minimiser les difficultés par pudeur, ou de ne pas savoir quoi écrire dans un espace réduit, peut conduire à des droits accordés en deçà des besoins réels.
Le Collectif Handicaps plaide d’ailleurs pour que les MDPH aient plus de moyens humains, avec des référents de parcours capables d’accompagner les demandeurs de leur entrée à la MDPH jusqu’à l’effectivité de leurs droits.
Les erreurs à éviter pour remplir le nouveau formulaire MDPH
Sur le formulaire actuel ou sa nouvelle version, les erreurs sont plus pénalisantes dans un format condensé.
Rester vague sur les difficultés du quotidien
Écrire que la personne « a du mal à se déplacer » ou « a des troubles de la mémoire » ne suffit pas. La commission a besoin de données concrètes : la personne peut-elle se lever seule le matin ? Préparer un repas, gérer sa toilette, sortir du domicile sans aide ?
Pour chaque geste du quotidien, précisez ce qui est impossible seul, ce qui est difficile mais faisable avec aide et la fréquence de l’aide nécessaire. Plus les exemples sont précis, plus l’évaluation sera juste.
Minimiser les besoins par pudeur ou par habitude
Beaucoup de familles et de proches aidants ont tendance à édulcorer les difficultés, soit par pudeur vis-à-vis de la personne concernée, soit parce qu’ils ont fini par compenser eux-mêmes les limitations au point de ne plus les percevoir.
La commission note ce qui est écrit dans le dossier, pas ce qui est ressenti ou sous-entendu. Il est donc essentiel de décrire la réalité des besoins telle qu’elle existe, sans la minimiser, même si l’aide est déjà assurée en pratique par un proche.
Omettre la cohérence avec le certificat médical
Le dossier MDPH comprend également un certificat médical récent (Cerfa n°15695*01, valable 12 mois), établi par le médecin traitant ou un spécialiste. Ces deux documents doivent correspondre.
Si le formulaire décrit des difficultés importantes à la marche mais que le certificat médical n’évoque pas cette limitation, la cohérence du dossier peut être remise en question.
Avant tout dépôt, relisez les deux documents et assurez-vous qu’ils décrivent la même réalité.
Remplir le dossier seul sans accompagnement
Même avec un formulaire simplifié, constituer un dossier MDPH est complexe. Des travailleurs sociaux, des associations spécialisées, des agents d’accueil des MDPH eux-mêmes peuvent aider.
Si la démarche concerne l’orientation vers une résidence pour personnes âgées autonomes ou un EHPAD, des conseillers spécialisés peuvent accompagner les familles dans la préparation du dossier et dans la compréhension des aides auxquelles la personne peut prétendre.
La réforme MDPH 2026 au-delà du formulaire
L’expérimentation du nouveau formulaire s’inscrit dans une réforme plus large qui touche l’ensemble du parcours des usagers de la MDPH. L’objectif : réduire la charge administrative répétitive et sécuriser les droits dans la durée.
Des durées d’attribution allongées
Les durées d’attribution de certaines aides (AAH, RQTH, CMI) sont appelées à être allongées pour stabiliser les droits dans le temps, réduire les démarches répétées et limiter les risques de rupture de prise en charge pour des personnes dont la situation n’a pas fondamentalement évolué.
La continuité des droits pendant l’instruction d’un renouvellement
La réforme introduit également un principe attendu de longue date : lorsqu’une demande de renouvellement est déposée suffisamment tôt, les aides pourront être maintenues pendant toute la durée d’instruction du dossier. Cette mesure met fin à des situations où des personnes se retrouvaient sans ressources ou sans prise en charge dans l’attente d’une décision administrative.
Ce que les familles doivent faire dès maintenant
Que vous soyez ou non dans l’un des cinq départements pilotes, voici comment anticiper :
- Vérifier si votre département est concerné par l’expérimentation (Aveyron, Corse, Indre, Nord, Guyane) et, le cas échéant, vous renseigner auprès de votre MDPH sur la disponibilité des nouveaux formulaires.
- Anticiper le renouvellement si une échéance approche : déposer la demande six mois avant la date d’échéance pour bénéficier du maintien des droits pendant l’instruction.
- Préparer les éléments du dossier en amont : certificat médical à jour, description écrite des limitations du quotidien, liste des aides actuellement en place.
- Vérifier si un formulaire complémentaire est pertinent : si votre proche présente des troubles cognitifs, psychiques ou du neurodéveloppement, le questionnaire complémentaire TND peut enrichir utilement le dossier.
- Se faire accompagner : travailleurs sociaux, associations, ou conseillers spécialisés en financement du grand âge peuvent faire la différence dans la qualité du dossier déposé.
Cette réforme du formulaire MDPH et l’allongement des droits s’inscrivent dans un ensemble de dix-huit mesures annoncées par le gouvernement en juillet 2025. Toutefois, cette simplification ne dispense pas les bonnes pratiques : un dossier précis, cohérent, illustré d’exemples concrets et accompagné d’un certificat médical rigoureux reste la meilleure garantie d’obtenir les aides réellement adaptées à la situation.
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