Avec jusqu’à 72 départements en vigilance rouge canicule[1], l’État a, pour la première fois à l’échelle nationale, fait passer le plan ORSAN à son niveau 3 (le plus élevé) le 25 juin 2026. Si la mobilisation concerne surtout l’hôpital, comment les EHPAD[2], avec leur plan bleu renforcé, gèrent-ils ce pic de chaleur hors norme[3] ? Voici ce que contiennent les différentes mesures anticanicule et pourquoi les fédérations réclament un soutien durable, face aux limites des dispositifs hérités de 2003.

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Canicule en EHPAD : qu’est-ce que le plan ORSAN niveau 3 ?

Avec des pointes dépassant 40°C dans plusieurs villes, et des hôpitaux saturés, le gouvernement a activé le 25 juin le niveau 3 du plan ORSAN, le plus élevé. Qu’est-ce que cela signifie pour les EHPAD et tout le système de santé ?

Le plan ORSAN vs le plan bleu 

Le plan ORSAN et le plan bleu sont deux dispositifs de gestion de crise, comme une canicule exceptionnelle.

Le plan ORSAN (Organisation de la réponse du système de santé en situations sanitaires exceptionnelles) coordonne l’ensemble des acteurs de soins. Il comporte cinq volets, dont le volet Epi-Clim dédié aux événements climatiques. Le dispositif fonctionne sur une échelle de quatre niveaux, piloté par les Agences régionales de santé (ARS).

Le plan bleu, interne à chaque EHPAD, organise la surveillance renforcée des résidents, l’hydratation, les pièces rafraîchies et la continuité des soins.

Autrement dit, ORSAN mobilise le système de santé dans son ensemble, quand le plan bleu agit à l’intérieur même de l’établissement. 

mesures pendant la canicule en EHPAD

Le plan Orsan de niveau 3 

Activé le 25 juin, le niveau 3 du plan Orsan correspond au seuil le plus élevé de mobilisation active du dispositif. Voici les leviers destinés à l’hôpital : 

  • Renforcer les effectifs hospitaliers grâce à la réserve sanitaire. 
  • Resserrer la coordination entre hôpitaux, médecine de ville, cliniques et secteur médico-social.
  • Autoriser des déprogrammations ciblées d’interventions non urgentes lorsque c’est nécessaire. 

Pour l’EHPAD, ce niveau 3 se traduit différemment. Les établissements médico-sociaux doivent : 

  • Renforcer leur organisation médicale pour mieux prendre en charge leur public.
  • Renforcer le plan bleu déjà déclenché.
  • Informer l’ARS de leurs capacités complémentaires ou de leurs difficultés.

L’objectif est de soutenir le secteur médico-social pour limiter les hospitalisations évitables des résidents.

Les EHPAD réclament un soutien à la hauteur de la canicule 

D’après le cabinet de la ministre de la Santé, les personnes âgées en EHPAD seraient, globalement, relativement bien préservées. Toutefois les établissements alertent sur des moyens encore insuffisants face à des chaleurs hors norme.

Les limites des dispositifs actuels

La Fédération nationale des associations de directeurs d’établissements pour personnes âgées (FNADEPA) alerte sur les faibles moyens et leurs conséquences : 

  • Les climatiseurs, uniquement à disposition dans la salle de repos, obligent les résidents à dormir dans des chambres à 30°C.
  • Les tensions sur les effectifs. 
  • Des pannes d’équipements.
  • Une surconsommation énergétique.

Sur le terrain, le communiqué de l’ARS Île-de-France signale des avaries de groupes froids sur-sollicités et des coupures d’électricité dans le Val-d’Oise et les Yvelines, compensées par des groupes électrogènes.

plan orsan niveau 3 en EHPAD

Or, faute de personnel ou de rafraîchissement suffisant, les transferts vers l’hôpital se multiplient, au moment où les urgences sont sursollicitées. Santé publique France relève 160 à 220 hospitalisations par jour liées à la chaleur depuis le 18 juin, majoritairement chez les 75 ans et plus, avec des effets qui peuvent se manifester jusqu’à 10 jours après l’exposition. 

L’État débloque des financements d’urgence 

Le gouvernement a donc mobilisé des moyens ciblés sur le médico-social.
Après les 50 millions d’euros dégagés dès décembre 2025 pour équiper les établissements, l’État annonce : 

  • Ajouter 50 millions supplémentaires le 25 juin pour du matériel de rafraîchissement.
  • Proposer aux conseils départementaux un plan d’investissement sur dix ans pour adapter les EHPAD aux défis climatiques. 
  • Un recensement des situations les plus urgentes sous un mois.

Mais entre l’annonce des financements et l’arrivée effective du matériel dans les établissements, les équipes jugent la temporalité trop longue au regard d’épisodes de plus en plus précoces et intenses.

Des moyens humains et structurels durables

Au-delà de l’urgence, la FNADEPA demande de revoir la méthode, avec : 

  • un plan durable de recrutement, 
  • un investissement massif dans la rénovation des bâtiments
  • une véritable planification de l’adaptation thermique des établissements. 

Elle réclame aussi un service minimum d’accueil dans les écoles, pour éviter que la fermeture des classes ne prive les EHPAD d’une partie de leur personnel.

Ce débat dépasse le seul secteur du grand âge. Une partie de la classe politique dénonce une gestion par plans d’urgence successifs plutôt qu’une stratégie structurelle. Protéger durablement les résidents suppose d’agir avant la canicule, pas seulement pendant. 

Familles : comment veiller sur un proche résident pendant la canicule ?

Face aux pics de chaleur et aux éventuelles défaillances d’équipement, les équipes et les familles doivent rester vigilantes, face aux dangers de la canicule. Pour superviser à distance, les proches doivent connaître les bons signaux et le bon interlocuteur.

Les signes de déshydratation

La déshydratation d’une personne âgée provoque de sérieuses complications. Or, elle passe parfois inaperçue pendant plusieurs jours après le pic de chaleur. Lors de vos appels ou visites, certains signaux sont à traiter d’urgence :

  • Une soif intense, fatigue inhabituelle, vertiges, maux de tête, confusion soudaine ou désorientation. 
  • Une peau anormalement chaude et sèche. 
  • L’absence de transpiration malgré la chaleur ou des crampes musculaires.

En cas de doute sérieux, le réflexe reste le même qu’à domicile : alerter immédiatement l’équipe soignante et composer le 15 (SAMU) si l’état de votre proche se dégrade.

Échanger avec l’établissement sans culpabiliser les équipes

Face au manque de moyens, la bonne approche est de dialoguer avec l’établissement sans l’accuser. Demandez : 

  • Quelle pièce rafraîchie est accessible à votre proche ? 
  • Comment est organisée la surveillance la nuit ?
  • Quel est le protocole d’hydratation pendant l’épisode ?

Si vous constatez une anomalie (une panne, une chambre surchauffée), signalez-la au cadre de santé ou au référent du plan bleu. Les professionnels sont fortement mobilisés et souvent en sous-effectif : un échange précis et coopératif est plus efficace qu’un reproche. C’est aussi la meilleure façon de faire remonter une difficulté que l’établissement doit, au niveau 3, transmettre à l’ARS.

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Cindy,Cindy, rédactrice chez Cap Retraite et experte en communication. Elle crée des contenus humains et accessibles dédiés au bien-vieillir et aux aidants.

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