Après une opération de la hanche, un AVC[1] ou une longue hospitalisation pour pneumopathie, le médecin évoque parfois un séjour en maison de convalescence. Le terme rassure, mais il cache une réalité administrative précise : depuis 2022, ces structures s’appellent officiellement SMR (soins médicaux et de réadaptation), un sigle qui remplace l’ancien SSR. Combien de temps y reste-t-on ? Combien la sécurité sociale rembourse-t-elle réellement ? Y a-t-il une différence entre le public et le privé ? En 2026, les règles ont bougé sur certains points (notamment le forfait journalier hospitalier qui est passé à 23 euros depuis le 1er mars), il faut donc remettre les pendules à l’heure.
SMR ou maison de convalescence : la même chose ?
Officiellement, on ne parle plus de soins de suite et de réadaptation depuis les deux décrets du 11 janvier 2022 qui ont créé la nouvelle activité de soins médicaux et de réadaptation (SMR). Le changement de nom n’est pas qu’une question de vocabulaire administratif, il acte une montée en gamme. Les SMR doivent désormais répondre à des cahiers des charges renforcés en matière de médicalisation, avec des spécialisations clairement identifiées : SMR neurologique, locomoteur, cardio-vasculaire, gériatrique, oncologique ou polyvalent.
Dans le langage courant, beaucoup de familles continuent de parler de maison de repos, de maison de convalescence ou de centre de rééducation. Ces termes désignent tous le même type d’établissement, qu’il soit public (hôpital, centre hospitalier) ou privé (clinique). Sur le terrain, ce qui change selon la spécialité, c’est le profil de l’équipe (kinésithérapeutes, ergothérapeutes, orthophonistes, médecins de médecine physique et de réadaptation) et le plateau technique disponible.

Comment accède-t-on en SMR ?
L’admission en SMR ne se décide pas sur simple demande de la famille ou du patient. Elle suppose une prescription médicale, le plus souvent rédigée à la sortie d’une hospitalisation par le médecin du service de court séjour.
Le dossier est ensuite transmis au SMR choisi, qui étudie la demande d’admission et vérifie l’adéquation du projet de soins avec ses capacités de prise en charge. L’équipe médicale valide ou refuse l’entrée en fonction de l’état de santé du patient et de la disponibilité des places. Dans certains cas, plusieurs établissements peuvent être sollicités simultanément afin de faciliter l’orientation.
L’équipe du SMR contacté étudie le dossier médical, vérifie que le projet thérapeutique correspond bien à ses compétences, puis valide ou refuse l’admission. Pour des situations spécifiques (séjour programmé après chirurgie orthopédique par exemple), la demande peut être anticipée avant même l’hospitalisation initiale. Dans tous les cas, l’orientation passe par un médecin, jamais par une démarche directe du patient.
Combien de temps reste-t-on en SMR ?
La durée moyenne d’un séjour en SMR est de 34 jours, selon les dernières données nationales. Concrètement, on parle souvent de 3 à 4 semaines pour une convalescence classique après chirurgie orthopédique, et de 6 à 12 semaines pour une rééducation neurologique lourde après AVC.
Les séjours en SMR sont en principe limités à 60 jours, sauf situations spécifiques validées par l’équipe médicale, comme les cas de polypathologie ou de pathologies chroniques évolutives nécessitant des soins prolongés.
Au-delà de cette durée maximale, si le patient n’a pas récupéré une autonomie suffisante pour rentrer chez lui, d’autres orientations sont envisagées :
- hospitalisation à domicile (HAD),
- service de soins infirmiers à domicile (SSIAD[3]),
- unité de soins de longue durée (USLD),
- entrée en EHPAD[2] si la perte d’autonomie est définitive.
Le choix dépend du niveau d’autonomie restante (évaluation GIR), du soutien familial et des aides mobilisables à domicile.
LIRE AUSSI : Ehpad ou SSR : quelle prise en charge après une hospitalisation ?
La prise en charge par l’Assurance maladie
En SMR, comme dans tout établissement hospitalier conventionné, la sécurité sociale prend en charge les soins selon des règles précises. Le taux de remboursement standard est de 80 % du tarif conventionné. Les 20 % restants constituent le ticket modérateur, généralement couvert par la mutuelle complémentaire si vous en avez une.
Si vous êtes en affection longue durée (ALD), la prise en charge passe à 100 % au tarif conventionné, à condition que le motif d’hospitalisation soit en lien avec l’ALD reconnue. C’est le cas par exemple d’un séjour en SMR neurologique pour suite d’AVC, l’AVC figurant sur la liste des 30 ALD exonérantes.
À ces remboursements s’ajoute (ou plutôt se déduit) le forfait journalier hospitalier. Ce forfait représente la participation du patient aux frais d’hébergement et de repas, et il n’est pas remboursé par l’Assurance maladie. Depuis le 1er mars 2026, son montant est de 23 euros par jour en hospitalisation complète (MCO, SMR et psychiatrie), suite à l’arrêté du 27 février 2026. La plupart des contrats de mutuelle prennent en charge ce forfait, mais vérifiez votre garantie.

Coûts et restes à charge en pratique
Le tableau ci-dessous résume les différents cas de figure pour un séjour SMR de 30 jours en 2026, dans un établissement conventionné, sans dépassement d’honoraires.
| Situation | Prise en charge sécu | Ticket modérateur (à la charge du patient ou de la mutuelle) | Forfait journalier 23€/jour (30 jours) | Reste à charge théorique sans mutuelle |
|---|---|---|---|---|
| Hospitalisation simple (pas d’ALD) | 80 % du tarif conventionné | 20 % | 690 € | 20 % du tarif + 690 € |
| Hospitalisation pour ALD reconnue | 100 % du tarif conventionné | 0 % | 690 € | 690 € (forfait journalier uniquement) |
| Hospitalisation après acte chirurgical lourd > 30 jours | 100 % au-delà du 31e jour | 0 % | 690 € | 690 € |
| Chambre individuelle (option) | Non remboursée | Selon tarif établissement | Inclus | 30 à 80 €/jour de plus |
Attention, le forfait journalier ne s’applique pas en EHPAD ni en USLD[4] : ces structures relèvent du tarif hébergement classique. Il ne s’applique qu’aux séjours en hospitalisation complète, ce qui est bien le cas du SMR.
SMR public, SMR privé : quelles différences ?
Les SMR publics et privés offrent des soins équivalents, mais se distinguent surtout par le confort, les délais d’admission et le coût pour les patients.
SMR public et privé : des statuts différents mais des soins identiques
Les SMR existent dans le secteur public (rattachés à des centres hospitaliers ou à des établissements publics autonomes), dans le secteur privé à but non lucratif (souvent des établissements associatifs ou mutualistes, comme les centres de la Croix-Rouge française) et dans le secteur privé à but lucratif (cliniques conventionnées).
Tous ces établissements sont conventionnés avec l’Assurance maladie, ce qui signifie que les tarifs des soins sont identiques.
Confort, délais et reste à charge : les principales différences entre établissements
Dans le privé, les chambres individuelles sont plus fréquentes (parfois la norme[5]), les délais d’admission peuvent être plus courts, et le confort hôtelier souvent supérieur. En contrepartie, les frais de chambre individuelle (non remboursés par la sécu) peuvent atteindre 30 à 80 euros par jour selon les régions et les établissements. La mutuelle prend généralement en charge ces frais dans la limite d’un plafond négocié.
Dans le public, les chambres sont plus souvent doubles, les délais d’admission peuvent être plus longs (surtout dans les grandes métropoles), mais le reste à charge final est plus faible pour les patients sans mutuelle haut de gamme. Question qualité des soins, aucune généralité ne tient : tout dépend de l’établissement, de son équipe et de sa spécialité. Les classements régionaux et les indicateurs qualité publiés par la HAS et Scope Santé permettent de comparer objectivement.
Préparer son séjour
Avant l’entrée en SMR, prévoyez quelques démarches utiles.
- Demandez votre carte vitale à jour, votre attestation d’affiliation à la sécurité sociale, votre carte de mutuelle, votre attestation d’ALD si vous en avez une, et le bulletin d’admission transmis par le service hospitalier.
- Préparez aussi des vêtements confortables et adaptés à la rééducation (chaussures fermées avec semelles antidérapantes, survêtements), vos médicaments habituels avec leurs ordonnances, et si possible une copie de votre dossier médical récent.
Côté famille, anticipez l’aide au retour à domicile. Si votre proche risque de revenir chez lui avec une perte d’autonomie temporaire, l’aide au retour à domicile après hospitalisation (ARDH) versée par la Carsat peut financer jusqu’à 1 800 euros d’aide à domicile sur trois mois. La demande se fait via le service social de l’hôpital ou directement auprès de la Carsat.
Ce qu’il faut retenir
- Un séjour en maison de convalescence (SMR depuis 2022) dure en moyenne 34 jours, plafonné à 60 jours.
- La sécurité sociale rembourse 80 % du tarif conventionné (100 % en ALD), mais le forfait journalier hospitalier de 23 euros par jour depuis mars 2026 reste à votre charge, sauf si votre mutuelle le couvre.
- Public ou privé, les soins sont remboursés à l’identique, ce sont les options hôtelières (chambre individuelle notamment) qui font la différence sur la facture.
Questions fréquentes
Puis-je choisir librement ma maison de convalescence ?
Vous pouvez exprimer une préférence (proximité du domicile, établissement connu), mais l’admission finale dépend du médecin du SMR contacté, qui vérifie que sa structure correspond à votre projet thérapeutique.
Combien coûte une chambre individuelle en SMR ?
Les tarifs varient de 30 à 80 euros par jour selon les régions et les établissements. Cette dépense n’est pas remboursée par l’Assurance maladie, mais la plupart des mutuelles couvrent tout ou partie de ce supplément dans la limite d’un plafond.
Que se passe-t-il si je dépasse les 60 jours de séjour ?
Le médecin du SMR peut justifier une prolongation auprès de l’Assurance maladie dans certaines situations (polypathologie, complications). Si la récupération est insuffisante à l’issue du séjour, d’autres dispositifs prennent le relais : HAD, SSIAD, USLD ou EHPAD selon l’autonomie restante.
Mes proches peuvent-ils me rendre visite ?
Oui, les visites sont autorisées et encouragées dans tous les SMR, avec des horaires propres à chaque établissement. La présence des proches participe à la dynamique de rééducation et à la préparation du retour à domicile.
Le forfait journalier hospitalier s’applique-t-il aux hospitalisations de jour en SMR ?
Non, le forfait journalier ne concerne que l’hospitalisation complète avec nuitée. Les séances d’hospitalisation de jour (rééducation en journée avec retour au domicile le soir) en sont exonérées. Seul le ticket modérateur, le cas échéant, reste applicable.
-
[1] AVC
Un AVC, ou accident vasculaire cérébral, se produit lorsque le flux sanguin vers une partie du cerveau est bloqué, ce qui peut provoquer des problèmes de mouvement, de langage, ou…
-
[2] EHPAD
Les EHPAD sont des établissements médicalisés qui accueillent des personnes âgées qui ont besoin de soins médicaux réguliers et d’une aide dans leur vie quotidienne.
-
[3] SSIAD
Le Service de Soins Infirmiers à Domicile (SSIAD) un service qui fournit des soins infirmiers et de l’aide à domicile pour aider les personnes âgées ou malades à vivre chez…
-
[4] USLD
L’Unité de Soins de Longue Durée (USLD) est est un type de service de soins destiné aux personnes âgées qui ont besoin de soins médicaux constants et d’une assistance importante…
-
[5] Norme
La norme en maison de retraite désigne les règles à suivre pour offrir un bon service et assurer la sécurité et le bien-être des résidents.
Note de l’article (1 votes)
Cet article vous a-t-il été utile ?
Notez cet article afin de nous permettre d’améliorer nos contenus.










Réagissez, posez une question…