L’Unité d’Hébergement Renforcée, plus connue sous le sigle UHR[1], est une structure spécifique au sein des EHPAD[2] français. Créée dans le cadre du plan Alzheimer[4] 2008-2012, elle accueille des personnes souffrant de troubles cognitifs sévères associés à des comportements perturbateurs. Encore mal connue des familles, elle constitue parfois la seule réponse adaptée lorsque l’unité protégée classique ou la chambre individuelle ne suffisent plus. Voici un point complet sur le public concerné, les tarifs en 2026 et la procédure d’accès.

Trouver un EHPAD

Qu’est-ce qu’une UHR ?

L’UHR est un lieu de vie, de soins et d’activités, intégré dans un EHPAD ou exceptionnellement dans une USLD[3] (Unité de Soins de Longue Durée). Elle compte 12 à 14 places en chambres individuelles, dispose d’espaces communs adaptés, d’un jardin sécurisé et d’une équipe spécifiquement formée. 

Sa vocation est d’apporter une réponse intensive et personnalisée à des résidents dont les troubles du comportement perturbent fortement leur vie quotidienne et celle des autres résidents.

L’UHR se distingue ainsi des autres structures dédiées à Alzheimer.

StructureCapacitéPublic
PASA (Pôle d’Activités et de Soins Adaptés)12 à 14 places de jourTroubles modérés, accueil de journée
UVP ou UP (Unité de Vie Protégée)10 à 20 placesTroubles cognitifs modérés à sévères, sécurisation contre les fugues
UHR12 à 14 placesTroubles sévères avec comportements perturbateurs prononcés
accueil d'un résident avec des troubles du comportement au sein d'une uhr

Pour qui est conçue une UHR ?

L’UHR s’adresse aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée (démence à corps de Lewy, démence fronto-temporale, démence vasculaire), à un stade avancé, qui présentent des troubles comportementaux importants évalués grâce à l’échelle NPI-ES (inventaire neuropsychiatrique en équipe soignante).

Concrètement, sont concernés les résidents qui présentent une ou plusieurs des manifestations suivantes : 

  • agressivité physique ou verbale, 
  • agitation motrice incessante, 
  • déambulation incontrôlée jour et nuit, 
  • cris répétés, 
  • opposition violente aux soins, 
  • troubles du sommeil perturbant la communauté, 
  • comportements moteurs aberrants 
  • désinhibition sociale.

L’admission n’est pas définitive. Quand les troubles s’apaisent, le résident peut réintégrer une unité classique ou une unité protégée.

Combien coûte une UHR en 2026 ?

Le tarif d’une UHR repose sur la même grille tarifaire qu’un EHPAD classique, avec trois composantes : hébergement, dépendance[5], soins. C’est principalement le tarif dépendance qui se trouve majoré du fait de l’intensité de la prise en charge.

ComposanteFourchette moyenne 2026Qui paye ?
Hébergement1 800 à 3 200 € / moisRésident (avec aides possibles : APL, ASH)
Dépendance GIR[6] 1-2500 à 800 € / moisCouvert en partie par l’APA en établissement
SoinsVariableAssurance Maladie
Coût global mensuel3 200 à 6 500 € / moisReste à charge variable selon ressources

En Île-de-France et en région PACA, les tarifs dépassent souvent 5 000 € par mois. Dans les régions plus rurales, certaines UHR publiques restent sous la barre des 3 000 €. Le reste à charge réel pour la famille dépend des ressources, du GIR et des aides mobilisées.

Les aides financières mobilisables

  • L’APA en établissement, calculée selon le GIR et les revenus
  • L’APL ou l’ALS, si l’EHPAD est conventionné
  • L’ASH (Aide Sociale à l’Hébergement) en cas de ressources insuffisantes, sous conditions et avec récupération éventuelle sur succession
  • Une réduction d’impôt[7] pour les frais d’hébergement (25 % des sommes versées, plafond annuel)
  • Les aides extralégales de certaines caisses de retraite ou mutuelles
demande d'aide financière pour une uhr

Comment accéder à une UHR ?

Étape 1 : faire évaluer les troubles du comportement

Le médecin traitant ou le neurologue doit formaliser le niveau de troubles cognitifs (échelle MMSE) et de troubles du comportement (NPI ou NPI-ES). C’est cette évaluation qui justifiera l’orientation en UHR plutôt qu’en unité protégée classique.

Étape 2 : constituer le dossier d’admission

Le dossier ViaTrajectoire (portail public de demande d’admission) est utilisé partout en France. Il regroupe les pièces administratives et médicales et permet d’envoyer la candidature simultanément à plusieurs établissements. La famille y joindra les diagnostics, les bilans neuropsychologiques et les certificats du médecin.

Étape 3 : passer la visite de pré-admission

Le médecin coordonnateur de l’EHPAD reçoit le résident et la famille, parfois à domicile ou à l’hôpital. Il valide ou non l’adéquation entre les besoins du candidat et la mission de l’UHR. Une commission d’admission interne peut être réunie.

Étape 4 : gérer le délai d’attente

Les places UHR sont rares (environ 250 unités en France selon les données DREES et IGAS) et les listes d’attente courantes vont de quelques semaines à plusieurs mois. Pour anticiper, déposez plusieurs dossiers en parallèle et envisagez une admission en unité protégée classique en attendant qu’une place se libère.

Bien préparer la visite d’une UHR

  • Demandez le projet de soin et d’animation de l’unité
  • Vérifiez la présence de nuit (idéalement infirmier ou aide-soignant formé ASG)
  • Observez la circulation, le jardin, les espaces sensoriels
  • Demandez le taux de réorientation des résidents vers une unité classique
  • Renseignez-vous sur la formation continue des équipes
  • Vérifiez la politique de contention et de prescription des psychotropes

Questions fréquentes

L’admission en UHR est-elle permanente ?

Non. L’UHR est conçue comme un séjour intensif. Quand les troubles du comportement s’apaisent, une réorientation vers une unité protégée classique ou un secteur EHPAD standard est envisagée.

Y a-t-il une différence entre UHR en EHPAD et UHR en USLD ?

L’UHR en USLD accueille les profils nécessitant plus de soins techniques, sous responsabilité hospitalière. L’UHR en EHPAD reste un lieu de vie médicalisé. La majorité des UHR se trouvent en EHPAD.

Quelle distance peut-on accepter pour une admission en UHR ?

Les UHR sont rares, il faut souvent élargir la recherche à 30 ou 50 kilomètres. Une distance trop importante peut nuire au maintien du lien familial. Un compromis doit être trouvé en fonction des disponibilités locales.

L’UHR peut-elle refuser un résident ?

Oui, si les troubles sont jugés incompatibles avec la sécurité de l’unité (par exemple comportements de violence physique extrême ou besoins médicaux trop lourds). Une autre structure (USLD, hospitalisation psychiatrique gériatrique) peut alors être envisagée.

L’UHR est-elle compatible avec un suivi par un neurologue extérieur ?

Oui. Le neurologue traitant peut continuer à voir le résident en consultation, en coordination avec le médecin coordonnateur de l’EHPAD.

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Augustin,Augustin , rédacteur chez Cap Retraite et expert digital. Il crée des contenus à impact social dédiés au grand âge et aux familles aidantes.

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