Une chute, une hospitalisation, un aidant qui craque après l’été : à la rentrée, beaucoup de familles se retrouvent à chercher un EHPAD pour un parent atteint de la maladie d’Alzheimer[2] dans l’urgence absolue. Or l’urgence est mauvaise conseillère : sous pression, on commet des erreurs de méthode qui font perdre deux, trois, parfois six semaines, précisément quand chaque jour compte. Voici les cinq pièges les plus fréquents, et la stratégie qui permet de les éviter.
Erreur 1 : miser sur un seul établissement
C’est le réflexe classique : on connaît un EHPAD[1] réputé près de chez soi, on dépose un dossier, et on attend sa réponse avant d’envisager la suite. Résultat : dix jours d’attente, un refus ou une liste d’attente, et tout est à recommencer.
En situation d’urgence, la règle est inverse : candidatez simultanément auprès de 6 à 10 établissements dans un rayon élargi.
Le dossier d’admission est national et peut être transmis aux établissements sélectionnés. Pour gagner du temps, l’essentiel est surtout d’identifier rapidement plusieurs EHPAD correspondant aux besoins de votre parent et de les contacter sans attendre la réponse du premier.

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Erreur 2 : envoyer un volet médical incomplet
Le dossier d’admission comporte un volet administratif et un volet médical, rempli par le médecin traitant ou le médecin hospitalier. C’est ce volet médical que le médecin coordonnateur de chaque EHPAD examine pour dire oui ou non. S’il est incomplet (pas d’évaluation des troubles cognitifs, traitements non listés, troubles du comportement non décrits), l’établissement demande des compléments, et vous perdez une à deux semaines par aller-retour.
Pire : certaines familles minimisent volontairement les troubles (déambulation nocturne, oppositions, épisodes d’agressivité) par peur du refus. C’est contre-productif : soit l’EHPAD s’en aperçoit et perd confiance, soit il admet votre parent dans une unité inadaptée et l’échec se paie en quelques semaines.
Un volet médical complet, sincère et à jour est votre meilleur accélérateur : il permet au médecin coordonnateur de statuer immédiatement et d’orienter d’emblée vers la bonne unité.
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Erreur 3 : viser uniquement l’unité protégée la plus proche
Beaucoup de familles ne candidatent qu’auprès des unités de vie protégées (unités Alzheimer) situées à moins de quinze minutes du domicile. Ces places sont les plus demandées, donc les plus longues à obtenir.
Trois pistes pour élargir intelligemment :
- le rayon géographique (passer de 15 à 40 minutes de route ouvre souvent des dizaines d’établissements supplémentaires) ;
- le type d’unité, car tous les malades d’Alzheimer ne relèvent pas d’une unité protégée : si votre parent ne déambule pas et ne cherche pas à fuguer, une unité classique avec un personnel formé et un PASA (pôle d’activités et de soins adaptés) peut parfaitement convenir, sur avis du médecin ;
- acceptez éventuellement une place correcte disponible maintenant, quitte à demander ensuite un transfert vers l’établissement idéal, car un résident déjà en EHPAD peut changer d’établissement.

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Erreur 4 : négliger l’hébergement temporaire comme sas
En attendant une place définitive, l’hébergement temporaire en EHPAD (possible jusqu’à 90 jours par an en général) est le sas le plus efficace : votre parent est en sécurité, soigné, nourri, pendant que vous poursuivez sereinement la recherche d’une place permanente. Les places temporaires se libèrent plus vite que les places définitives, et certains hébergements temporaires se transforment en admission définitive quand une place se libère dans le même établissement.
L’accueil de jour, de son côté, peut soulager immédiatement un aidant épuisé plusieurs journées par semaine.
Ces solutions peuvent être en partie financées par l’APA, et l’aide au répit de l’aidant peut compléter. Ne pas y penser, c’est souvent s’imposer des semaines de crise à domicile évitables.
Erreur 5 : chercher seul, sans mobiliser les bons relais
Des professionnels sont payés pour vous aider, gratuitement, et beaucoup de familles l’ignorent.
- Le CLIC[3] ou point d’information local (parfois intégré au service autonomie du département ou à une Maison France services) connaît les établissements du secteur et leurs disponibilités réelles.
- Si votre parent est hospitalisé, l’assistante sociale de l’hôpital est également un relais essentiel : elle peut vous aider à préparer la sortie, à identifier les solutions adaptées et à accélérer les démarches d’admission en EHPAD.
- Les plateformes de répit et les associations comme France Alzheimer apportent en parallèle soutien et conseils pratiques.
La bonne stratégie d’urgence, résumée
- Jour 1 : faites remplir un volet médical complet et sincère par le médecin (traitant ou hospitalier).
- Jours 1 à 3 : identifiez 6 à 10 EHPAD correspondant aux besoins de votre parent, dans un rayon suffisamment large, puis contactez-les pour connaître leurs possibilités d’admission.
- En parallèle : demandez des places d’hébergement temporaire et d’accueil de jour pour tenir pendant la recherche.
- Appelez le CLIC et, en cas d’hospitalisation, l’assistante sociale de l’hôpital ; relancez les EHPAD par téléphone tous les 3 à 4 jours, car les listes d’attente bougent vite.
- Acceptez une place convenable disponible, même imparfaite : un transfert ultérieur reste possible.
En résumé : en urgence, la vitesse vient de la méthode, pas de la panique. Dossier médical béton, candidatures multiples, hébergement temporaire en sas et professionnels mobilisés : c’est la combinaison qui fait gagner des semaines. Et pour toute question sur l’état de santé de votre parent ou l’unité la plus adaptée, appuyez-vous sur son médecin traitant ou le gériatre.
FAQ
Combien d’EHPAD faut-il contacter en urgence pour un proche atteint d’Alzheimer ?
Il est préférable de contacter plusieurs établissements en parallèle plutôt que d’attendre la réponse d’un seul. Élargir le secteur géographique augmente les possibilités d’obtenir rapidement une place adaptée.
Que faire si le volet médical du dossier d’admission est incomplet ?
Demandez au médecin traitant ou au médecin hospitalier de le compléter et de le mettre à jour. Les troubles cognitifs, les traitements et les éventuels troubles du comportement doivent notamment être décrits de manière précise et sincère.
Une personne atteinte d’Alzheimer doit-elle obligatoirement intégrer une unité protégée ?
Non. Le choix de l’unité dépend des besoins et du comportement de la personne. Selon sa situation, un EHPAD classique disposant d’un personnel formé et, éventuellement, d’un PASA peut être adapté.
L’hébergement temporaire peut-il aider à trouver une place définitive en EHPAD ?
Oui. L’hébergement temporaire peut constituer une solution de transition pendant la recherche d’une place permanente. Il permet de sécuriser la situation du proche tout en poursuivant les démarches auprès d’autres établissements.
Qui peut aider une famille à trouver rapidement un EHPAD ?
Le CLIC ou le service autonomie du département peut accompagner les familles dans leurs recherches. Si le proche est hospitalisé, l’assistante sociale de l’établissement peut également aider à préparer la sortie et à rechercher une solution adaptée.
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[1] EHPAD
Les EHPAD sont des établissements médicalisés qui accueillent des personnes âgées qui ont besoin de soins médicaux réguliers et d’une aide dans leur vie quotidienne.
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[2] Alzheimer
La maladie d’Alzheimer est une maladie qui affecte le cerveau, entraînant des pertes de mémoire et des difficultés à penser clairement, rendant progressivement les tâches quotidiennes plus difficiles.
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[3] CLIC
Le CLIC est un centre local qui aide les personnes âgées en fournissant des informations et des conseils sur les services et les aides financières disponibles, ainsi que les démarches…
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