Été 2026, les vagues de chaleur sont devenues structurelles. En EHPAD, les résidents sont les plus vulnérables : plus de 75 pour cent des décès liés à la canicule[2] de 2003 concernaient des personnes âgées en institution. Depuis, la réglementation a été considérablement renforcée. Voici précisément ce que la loi impose à votre EHPAD[1] entre le 1er juin et le 15 septembre.

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Le Plan bleu : pierre angulaire du dispositif depuis 2005

Le Plan bleu est issu de l’arrêté du 7 juillet 2005, pris en application de l’article L. 313-12 du Code de l’action sociale et des familles (CASF). Il est codifié à l’article D. 312-160 du CASF. Tout EHPAD doit en disposer et l’activer chaque année du 1er juin au 15 septembre, période de veille saisonnière.

Le Plan bleu impose quatre obligations structurelles :

  • Désigner un référent canicule, directeur ou médecin coordonnateur, joignable pendant la saison.
  • Signer une convention avec un établissement de santé de proximité pour les transferts hospitaliers en urgence.
  • Mettre en place un protocole d’alerte interne et de recommandations préventives pour le personnel.
  • Disposer d’un système fixe de rafraîchissement ou d’une pièce rafraîchie accessible aux résidents (article D. 312-161 CASF).

L’arrêté du 12 février 2024, en vigueur depuis janvier 2025, a renforcé le Plan bleu en exigeant son intégration au projet d’établissement avec mesures opérationnelles détaillées et traçabilité.

mise en place du plan bleu canicule en ehpad

LIRE AUSSI : Canicule en Ehpad : quelles précautions pour nos aînés ? 

La pièce rafraîchie commune : obligation, pas option

L’article D. 312-161 du CASF impose à chaque EHPAD de disposer d’au moins une pièce rafraîchie accessible à tous les résidents. Le rafraîchissement peut être assuré par un système fixe (climatisation, VRV) ou par des moyens équivalents (brassage d’air, climatiseurs mobiles, volets adaptés, géothermie).

Les cibles techniques retenues par les ARS et les CPIAS dans leurs guides de bonnes pratiques sont 25 à 26 degrés Celsius en température opérative et 30 à 60 pour cent d’hygrométrie. Chaque résident doit pouvoir y séjourner au moins 3 heures par jour si la température ambiante de son lieu de vie habituel n’est pas maîtrisée.

L’établissement n’est pas obligé de climatiser toutes les chambres, mais il doit garantir cet accès quotidien à un espace rafraîchi pendant toute la saison.

LIRE AUSSI : Mon parent refuse la clim ou le ventilateur : comment l’aider à accepter le confort en été ?

Hydratation, surveillance, alimentation : ce que doit faire le personnel

ObligationRéférenceMise en oeuvre
Hydratation minimale 1,5 L par jourRBPP HAS-ANESM, plan caniculeFiche de traçabilité individuelle, distribution toutes les 2 heures
Surveillance clinique renforcéeRBPP HASTempérature corporelle, fréquence cardiaque, signes de confusion, diurèse
Adaptation des repasRBPP nutrition HASRepas froids, fruits riches en eau, soupes froides, sorbets
Rafraîchissement corporelPlan canicule nationalLinges humides, douches fraîches proposées 1 à 2 fois par jour
Information des famillesPlan bleu, arrêté 12 février 2024Communication écrite ou téléphonique, traçabilité

L’hydratation minimale de 1,5 litre par jour fait l’objet d’une traçabilité individuelle obligatoire. La fiche de surveillance hydrique doit être consultable par la famille sur demande.

Les 4 niveaux du plan canicule national 2026

  1. Niveau 1 – Veille saisonnière (vert) : actif automatiquement du 1er juin au 15 septembre.
  2. Niveau 2 – Avertissement chaleur (jaune) : pic ponctuel ou épisode persistant non encore qualifié de canicule.
  3. Niveau 3 – Alerte canicule (orange) : déclenchement par le préfet sur la base des indicateurs biométéorologiques Météo-France (3 jours et 3 nuits consécutifs au-delà des seuils départementaux).
  4. Niveau 4 – Mobilisation maximale (rouge) : canicule extrême, durable ou aggravée par d’autres facteurs (sécheresse, pollution). Cellule interministérielle de crise activée.

La carte départementale est actualisée deux fois par jour sur le site de Météo-France. Le passage au rouge peut être déclenché même sans atteinte des seuils thermiques absolus, si la vulnérabilité des populations et la durée le justifient.

mise en place de ventilateur au résident de l'ehpad

Information des familles : ce que l’EHPAD doit transmettre

Le Plan bleu impose l’information des proches, formalisée par l’arrêté du 12 février 2024. L’EHPAD doit communiquer :

  • L’activation du Plan bleu en début de saison (juin).
  • Le passage en niveau 3 ou 4 du plan canicule national.
  • Les mesures spécifiques prises (pièce rafraîchie ouverte plus longtemps, hydratation renforcée, visites recommandées).
  • Tout événement individuel concernant le résident (hospitalisation, alerte santé).

La traçabilité de ces communications doit pouvoir être présentée en cas de contrôle ARS. La famille peut demander par écrit copie du registre.

Que faire si l’EHPAD ne respecte pas ses obligations

Trois recours sont prévus, à activer progressivement :

  1. Signalement direct à la direction par écrit recommandé, avec demande de mesures correctives sous 48 heures.
  2. Saisine de l’ARS via le formulaire de réclamation en ligne de la délégation départementale. Le délai d’instruction est de 15 à 60 jours.
  3. Signalement national sur signalement.social-sante.gouv.fr pour les événements graves (déshydratation hospitalisée, décès suspect, manquements répétés). Le 3133 (ex 3977) reçoit aussi les alertes maltraitance, 7j/7 de 9h à 20h.

En cas d’urgence vitale, composer le 15. Conserver systématiquement les copies écrites de toutes les communications avec l’établissement.

LIRE AUSSI : Mauvaises pratiques en EHPAD : comment signaler un dysfonctionnement ?

Tableau récapitulatif des références légales clés

ObligationRéférence
Plan bleu obligatoireArrêté du 7 juillet 2005, articles D. 312-160 et L. 313-12 CASF
Pièce rafraîchie communeArticle D. 312-161 CASF
Référent caniculeArrêté du 7 juillet 2005
Mise à jour 2024-2025Arrêté du 12 février 2024
Convention avec établissement de santéArrêté du 7 juillet 2005
Loi ASV (qualité globale)Loi n° 2015-1776 du 28 décembre 2015, article 58
Numéro alerte maltraitance3133 (remplace le 3977)

Questions fréquentes

L’EHPAD doit-il climatiser toutes les chambres ?

Non. La réglementation impose une pièce rafraîchie commune accessible à tous, pas la climatisation individuelle. Chaque résident doit pouvoir y passer au moins 3 heures par jour si sa chambre n’est pas maintenue à une température acceptable.

Quelle température maximale est tolérée dans les chambres ?

Aucune température maximale n’est fixée par la loi pour les chambres individuelles. Les bonnes pratiques HAS et CPIAS visent 25 à 26 degrés Celsius en pièce rafraîchie commune. Au-delà de 30 degrés dans une chambre, la surveillance clinique renforcée s’impose.

Mon parent refuse d’aller en salle rafraîchie, peut-on l’y forcer ?

Non. Le consentement de la personne âgée prévaut. L’équipe doit toutefois proposer plusieurs fois par jour, tracer le refus, et adapter la surveillance médicale. En cas de signes de coup de chaleur, l’avis médical s’impose.

Comment vérifier que l’EHPAD a bien un Plan bleu ?

Le Plan bleu doit être communicable. La famille ou le résident peut le demander par écrit à la direction. En cas de refus ou de silence, saisir l’ARS via son formulaire de réclamation.

Quels signes doivent alerter pendant une vague de chaleur ?

Confusion, somnolence inhabituelle, peau sèche et chaude, absence de transpiration, urines foncées ou rares, fréquence cardiaque rapide, température corporelle supérieure à 38,5 degrés. En cas de doute, contacter le 15.

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Augustin,Augustin , rédacteur chez Cap Retraite et expert digital. Il crée des contenus à impact social dédiés au grand âge et aux familles aidantes.

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