Le coût d’un séjour en EHPAD[1] peut peser lourdement sur le budget d’une famille, surtout lorsque les revenus du résident ne suffisent pas à couvrir la facture. Pourtant, certaines aides peuvent réduire le reste à charge en EHPAD ou contribuer à financer une partie des frais. Encore faut-il savoir lesquelles demander et dans quelles conditions. À la rentrée, c’est peut-être le bon moment de vérifier que votre proche bénéficie de toutes les aides auxquelles il peut prétendre. Découvrez les 5 dispositifs à connaître en 2026 et les démarches à effectuer pour en faire la demande.

Calculez votre reste à charge en EHPAD

1. L’ALS, l’aide au logement que l’on croit réservée aux locataires

Tout le monde connaît l’APL, mais beaucoup de familles ignorent qu’elle ne s’applique qu’aux EHPAD conventionnés APL. Si l’établissement ne l’est pas, la demande est rejetée et la famille en conclut, à tort, qu’aucune aide au logement n’est possible. C’est faux : l’ALS (allocation de logement sociale) prend le relais dans les établissements non conventionnés.

La demande se fait auprès de la CAF (ou de la MSA pour les anciens salariés agricoles), en ligne ou par formulaire, avec le contrat de séjour et les justificatifs de ressources. Le montant dépend des revenus du résident et du tarif hébergement : il peut atteindre plusieurs dizaines à plusieurs centaines d’euros par mois.

demande d'als en ehpad

2. Les aides des caisses de retraite pour les personnes en GIR 5 et 6

L’APA en établissement est réservée aux résidents évalués en GIR[2] 1 à 4. Les personnes classées GIR 5 ou 6, considérées comme peu dépendantes, n’y ont pas droit et pensent souvent qu’aucune aide ne leur est ouverte. Or les caisses de retraite (Assurance retraite, MSA, Agirc-Arrco, caisses des indépendants ou des fonctionnaires) disposent de fonds d’action sociale précisément destinés à ces profils.

Ces aides sont attribuées sur dossier, en fonction des ressources, et peuvent prendre la forme d’une participation aux frais d’hébergement ou d’une aide ponctuelle. Elles ne sont jamais versées automatiquement : il faut contacter le service action sociale de la caisse de retraite principale du résident, ainsi que sa caisse complémentaire. Beaucoup de familles ne font jamais cette démarche, car aucun organisme ne la propose spontanément.

3. La réduction d’impôt de 25 %, souvent mal déclarée

Les sommes payées au titre de l’hébergement et de la dépendance[4] en EHPAD ouvrent droit à une réduction d’impôt[3] de 25 %, dans la limite de 10 000 euros de dépenses par an et par personne hébergée, soit jusqu’à 2 500 euros de réduction. Les aides perçues (APA, APL, ASH) doivent être déduites des dépenses déclarées.

Trois erreurs classiques privent les familles de tout ou partie de cet avantage : 

  • L’oubli pur et simple : la case dédiée de la déclaration de revenus (rubrique des réductions et crédits d’impôt) n’est pas remplie. 
  • La confusion entre les frais éligibles (hébergement et dépendance) et les frais de soins, qui ne le sont pas.
  • Une limite structurelle : il s’agit d’une réduction d’impôt et non d’un crédit d’impôt. Un résident non imposable n’en tire aucun bénéfice. Dans ce cas, il faut concentrer les efforts sur les autres aides de cette liste.
seniors bénéficiant d'une réduction d'impot en ehpad

LIRE AUSSI : Voici les 7 exonérations d’impôts 2026 pour les retraités

4. L’ASH, l’aide la plus puissante et la plus évitée

L’aide sociale à l’hébergement, versée par le département, couvre la part du tarif hébergement que le résident ne peut pas payer, lorsqu’il est accueilli dans un établissement habilité à l’aide sociale. Le résident reverse alors environ 90 % de ses revenus à l’établissement et conserve au minimum 10 %, avec un plancher d’environ 125 euros par mois en 2026 pour ses dépenses personnelles.

Deux craintes expliquent le non-recours massif : 

  • La récupération sur succession : le département peut effectivement récupérer les sommes versées sur la succession du bénéficiaire. Mais renoncer à l’ASH pour préserver un héritage revient souvent à faire payer les enfants immédiatement, en espérant transmettre plus tard un patrimoine qui aura de toute façon servi à financer l’EHPAD. 
  • La seconde crainte concerne l’obligation alimentaire : le département sollicite les enfants et, selon les départements, les gendres et belles-filles. Point important depuis la loi du 8 avril 2024 : les petits-enfants sont désormais dispensés d’obligation alimentaire dans le cadre de l’ASH. La demande se dépose auprès du CCAS[5] de la commune ou directement auprès des services du département.

5. La réévaluation de l’APA après une aggravation de la dépendance

En établissement, l’APA aide à payer le tarif dépendance, calculé selon le GIR du résident. Or le GIR n’est pas figé : une chute, une hospitalisation, l’évolution d’une maladie neurodégénérative peuvent faire passer une personne de GIR 4 à GIR 2 en quelques mois. Si personne ne signale ce changement, le résident continue d’être facturé et aidé sur la base d’une évaluation dépassée.

La famille peut demander une réévaluation du GIR auprès du médecin coordonnateur de l’établissement et du conseil départemental. Une aggravation reconnue entraîne un ajustement du tarif dépendance facturé et de l’APA correspondante. C’est une démarche simple, gratuite, et pourtant rarement engagée à l’initiative des familles.

Questions fréquentes

Peut-on cumuler l’APA, l’aide au logement et l’ASH ?

Oui. L’APA couvre le tarif dépendance, l’APL ou l’ALS réduit le tarif hébergement, et l’ASH intervient en dernier recours sur ce qui reste à payer. Ces aides sont complémentaires et non exclusives les unes des autres.

Les demandes d’aides peuvent-elles être faites après l’entrée en EHPAD ?

Oui, mais le plus tôt est le mieux : la plupart des aides ne remontent pas, ou très peu, dans le temps. Chaque mois de retard est un mois d’aide perdu. L’idéal est de préparer les dossiers APA, aide au logement et, le cas échéant, ASH dès la signature du contrat de séjour.

Qui peut aider à monter les dossiers ?

Le CCAS de la commune, les points d’information locaux dédiés aux personnes âgées et le service social de l’hôpital en cas d’entrée après hospitalisation. L’EHPAD lui-même dispose souvent d’un personnel administratif habitué à ces démarches : il suffit de le solliciter.

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Augustin,Rédacteur chez Cap Retraite et expert digital. Il crée des contenus à impact social dédiés au grand âge et aux familles aidantes.

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