La pension de réversion fait partie des sujets les plus suivis par les conjoints survivants, en particulier les femmes, majoritairement bénéficiaires. Depuis 2024, la perspective d’une grande réforme alimente toutes les inquiétudes. Pourtant, à la mi-2026, la photographie reste contrastée. Trois changements sont entrés en application au 1er janvier, lisibles immédiatement sur les relevés et les notifications de la Caisse nationale d’assurance vieillesse. Deux autres dossiers, autrement plus structurants, demeurent à l’état de projet, sans calendrier fixe à ce jour. Le point complet pour faire la différence entre ce qui s’applique vraiment et ce qui relève encore du débat.
Ce qui ne change pas en 2026 : les fondamentaux du régime général
Avant de détailler les évolutions, il faut rappeler le socle juridique inchangé :
- Au régime général, la pension de réversion correspond toujours à 54 % de la retraite de base que percevait ou aurait perçue le conjoint décédé.
- Le bénéficiaire doit avoir au moins 55 ans révolus au moment de la demande.
- Le mariage reste la condition exclusive d’ouverture des droits : ni le PACS ni le concubinage ne permettent d’y prétendre, quelle que soit la durée de vie commune.
- Aucune condition de durée minimale de mariage n’est exigée au régime général, et un éventuel remariage n’entraîne pas la perte du droit.
Ces règles sont toujours en vigueur en juin 2026. Toutes les annonces tonitruantes lues sur les réseaux sociaux ces derniers mois portent en réalité sur des projets, pas sur des dispositions appliquées.

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Changement confirmé n°1 : la revalorisation des plafonds de ressources
Au régime général, la pension de réversion est soumise à des plafonds de ressources annuels. Pour 2026, ces plafonds ont été relevés mécaniquement, dans le sillage de la revalorisation du SMIC horaire portée à 12,02 euros bruts au 1er janvier. La règle de calcul reste 2 080 fois le SMIC horaire pour une personne seule et 3 328 fois pour un couple.
| Situation | Plafond 2025 | Plafond 2026 | Évolution |
|---|---|---|---|
| Personne seule | 24 710,40 euros | 25 001,60 euros | +291,20 euros |
| En couple (remariage, PACS, concubinage) | 39 536,64 euros | 40 002,56 euros | +465,92 euros |
| Plafond mensuel équivalent (seul) | 2 059,20 euros | 2 083,47 euros | +24,27 euros |
Pour mémoire, lorsque vos revenus dépassent ce plafond, la pension de réversion n’est pas perdue : elle est réduite à due concurrence du dépassement. Si vous travaillez encore, seuls 70 % de vos revenus professionnels sont pris en compte. Les biens immobiliers (hors résidence principale) et placements financiers comptent pour 3 % de leur valeur.
Changement confirmé n°2 : la revalorisation du minimum garanti
Le régime général prévoit un montant plancher pour les pensions de réversion les plus modestes. Ce minimum est revalorisé chaque année. En 2026, il s’établit à 334,92 euros bruts par mois, à condition que le défunt totalisait au moins 60 trimestres au régime général. Pour les carrières plus courtes, le minimum est calculé au prorata des trimestres acquis.
Cette revalorisation peut sembler modeste, mais elle concerne plusieurs centaines de milliers de veuves dont la pension de réversion est calculée sur des carrières interrompues, souvent celles des générations nées avant 1950, qui ont peu cotisé.
Changement confirmé n°3 : la dématérialisation accélérée des démarches
Depuis janvier 2026, la demande unique de réversion via le portail info-retraite.fr est devenue la norme[1]. Une seule démarche suffit désormais pour solliciter la réversion auprès de tous les régimes auxquels le défunt a cotisé : régime général, Agirc-Arrco, fonction publique, MSA, indépendants. Avant cette généralisation, certains conjoints devaient adresser plusieurs dossiers en parallèle, avec des risques d’oubli, notamment pour les retraites complémentaires.
L’autre nouveauté concerne le délai de réponse : les caisses doivent désormais rendre leur décision dans un délai resserré, sous peine de versements rétroactifs majorés. Pour l’Agirc-Arrco, le délai de demande reste fixé à 12 mois après le décès pour bénéficier d’une rétroactivité complète, faute de quoi les mois écoulés sont perdus.
Projet en suspens n°1 : la proratisation selon la durée du mariage
C’est le dossier le plus sensible. Le Conseil d’orientation des retraites travaille depuis 2024 sur un mécanisme dit de double proratisation. La pension de réversion serait calculée non plus uniquement sur la pension du défunt, mais en tenant compte de la durée du mariage rapportée à la durée totale de la carrière. Concrètement, un mariage de 20 ans sur 40 années de carrière donnerait un taux effectif de 25 % au lieu de 54 %.
Les simulations du COR (séance plénière du 20 mars 2025) indiquent qu’environ 28 % des personnes nées en 1978 seraient perdantes en cas d’application de ce mécanisme. Les gagnants seraient les conjoints de mariages très longs, les perdants seraient les unions tardives, les remariages et les couples mariés peu de temps avant le décès.
À ce jour, aucune décision n’est prise. Le sujet est suspendu au calendrier du conclave sur les retraites engagé depuis fin 2024. Il pourrait revenir dans un projet de loi en 2027, mais aucune date n’est officielle.

Projet en suspens n°2 : l’ouverture aux PACS et au concubinage
Une proposition de loi a été déposée à l’Assemblée nationale en septembre 2025 pour étendre la réversion aux partenaires liés par un PACS. Le texte prévoit une durée minimale de PACS de 5 ans, avec les mêmes conditions d’âge et de ressources que pour les mariés. Le concubinage, lui, fait l’objet de propositions plus contestées, car la preuve de la vie commune est plus difficile à apporter.
À l’heure actuelle, aucun vote n’a eu lieu. Le texte est toujours inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée pour la session de printemps 2026, mais sans certitude sur son adoption. Les pacsés et concubins restent donc totalement exclus de la réversion en juin 2026, comme c’était le cas un an plus tôt.
Tableau récapitulatif : ce qui s’applique vraiment en juin 2026
| Sujet | Statu quo 2026 (en vigueur) | Projet à l’étude (en suspens) |
|---|---|---|
| Taux régime général | 54 % de la retraite de base | Harmonisation entre 50 % et 60 % |
| Taux Agirc-Arrco | 60 % des points | Possible alignement à 50 ou 55 % |
| Âge minimum | 55 ans (régime général) | Maintien probable à 55 ans pour tous |
| Plafond ressources personne seule | 25 001,60 euros/an | Généralisation ou suppression à l’étude |
| Plafond ressources couple | 40 002,56 euros/an | Idem |
| PACS et concubinage | Exclus du dispositif | Ouverture envisagée (durée minimale 5 ans) |
| Durée du mariage | Sans incidence sur le montant | Proratisation envisagée |
| Démarche unique tous régimes | Oui depuis janvier 2026 | Déjà appliqué |
Ce qu’il faut anticiper côté conjoint survivant
Plusieurs réflexes simples permettent de sécuriser ses droits sans attendre une éventuelle réforme :
- Vérifier que le conjoint a bien fait valoir l’ensemble de ses droits dans tous les régimes auxquels il a cotisé : un trimestre oublié dans un régime spécifique peut représenter plusieurs dizaines d’euros mensuels en moins sur la réversion.
- Conserver précieusement les justificatifs liés au mariage et aux périodes de vie commune. Si la proratisation venait à s’appliquer un jour, la preuve de la durée exacte du mariage deviendrait centrale. Dans le doute, demander un extrait d’acte de mariage récent au moment du décès permet d’éviter toute contestation administrative.
Pour les couples non mariés, la question patrimoniale doit être anticipée. L’assurance-vie au profit du partenaire, le testament olographe et, dans certains cas, le mariage tardif restent les seuls outils efficaces à ce jour pour protéger le partenaire de PACS ou le concubin, en l’absence d’ouverture de la réversion.
FAQ
La pension de réversion est-elle automatique ?
Non. Elle doit être demandée par le conjoint survivant. Au régime général, la demande peut être faite à tout moment après 55 ans, mais le versement ne commence qu’à compter du dépôt du dossier (sauf rétroactivité limitée). Pour l’Agirc-Arrco, le dépôt dans les 12 mois après le décès est essentiel pour ne perdre aucun mois.
Le remariage fait-il perdre la réversion ?
Cela dépend du régime. Au régime général, le remariage n’annule pas la réversion mais peut faire dépasser le plafond de ressources couple (40 002,56 euros en 2026), entraînant une réduction. À l’Agirc-Arrco, en revanche, le remariage annule définitivement la réversion complémentaire.
Faut-il avoir été marié longtemps pour toucher la réversion en 2026 ?
Non, aucune durée minimale n’est exigée à ce jour. Un mariage célébré quelques mois avant le décès ouvre les mêmes droits qu’un mariage de quarante ans. C’est précisément ce point qui fait débat dans le cadre du projet de proratisation, mais celui-ci n’est pas appliqué en 2026.
Les pacsés peuvent-ils toucher la réversion ?
Non. En juin 2026, le PACS et le concubinage n’ouvrent aucun droit à la réversion, dans aucun régime. Une proposition de loi est inscrite à l’Assemblée nationale, mais elle n’a pas été votée.
La réversion est-elle imposable ?
Oui, comme une pension de retraite classique. Elle est intégrée aux revenus du foyer fiscal et bénéficie de l’abattement de 10 % maintenu par la loi de finances 2026. Elle est également soumise à la CSG, à un taux qui dépend du revenu fiscal de référence du bénéficiaire.
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[1] Norme
La norme en maison de retraite désigne les règles à suivre pour offrir un bon service et assurer la sécurité et le bien-être des résidents.
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Qu en est il de la pension de réversion des fonctionnaires ? Par exemple je touche l essentiel de ma retraite de mon activité de fonctionnaire. Ma femme en percevrait elle la moitié à mon décès ?
Bonjour
Je vous remercie pour votre commentaire.
En principe, votre épouse pourrait effectivement percevoir la moitié de votre retraite de base, mais ce droit étant soumis à des conditions strictes (durée de mariage, situation maritale future), je vous invite à contacter directement votre caisse de retraite (SRE ou CNRACL) pour faire le point sur votre situation exacte.
Bonne journée.
Amandine