Il est 23h et c’est la troisième fois que votre père appelle apeuré, car il s’est perdu… chez lui. Exténué, vous pensez à votre réunion demain et à l’impossibilité de vous remplacer au pied levé. Chaque semaine, ce genre de situation stressante et épuisante à répétition est devenu invivable. Si vous vous sentez à bout, si “vous n’y arrivez plus”, alors vous avez atteint le moment de bascule des aidants. Celui où l’on se pose la question qui dérange : dois-je continuer ? Aide à domicile ou EHPAD[1] : faites le point en quelques minutes. Le simulateur Cap Retraite vous aide à évaluer la solution la plus réaliste selon la situation.

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Quand l’aide du proche âgé repose surtout sur l’aidant familial

En France, les 11 millions de personnes qui aident régulièrement un proche âgé, malade ou en situation de handicap (source : Drees)… le font majoritairement sans formation, sans statut officiel et souvent sans aide professionnelle suffisante.

Un engagement progressif

Tout commence par du bon sens : faire ses courses en même temps que les vôtres. Passer voir si tout va bien. Accompagner chez le médecin une fois par mois, puis deux, puis à chaque fois…

combien de temps être aidant familial

Le problème du rôle d’aidant familial est qu’il s’impose de lui-même et que son périmètre d’intervention s’élargit au rythme de la dépendance[2] du parent.

La solitude de l’aidant principal

Dans la majorité des familles, une seule personne porte l’essentiel de la charge. Souvent la plus proche géographiquement.

Entre les fratries qui s’impliquent de loin, les voisins rarement au courant et les amis qui finissent par s’éloigner, l’aidant principal se retrouve seul face à son sort.

Ce sentiment d’isolement est l’un des signes les plus sous-estimés de l’épuisement des aidants

Les signes que la situation devient trop difficile à gérer

Les signes que l’on arrive au point de bascule viennent autant de l’aidant que de la personne aidée. 

Les signaux du côté de l’aidant 

Chez l’aidant, le déclic[3] est à la fois physique et moral : vous dormez mal, ou vous vous réveillez déjà fatigué. Vous avez des maux de dos, des tensions, des maux de tête que vous n’aviez pas avant. Vous pleurez facilement ou au contraire, vous ne ressentez plus rien.

Vous annulez vos propres rendez-vous médicaux par “manque de temps ». Vous n’êtes plus capable de parler de votre parent sans ressentir de la culpabilité et de l’épuisement.

Ces signaux sont des symptômes reconnus du burn-out de l’aidant (aussi appelé épuisement de l’aidant ou syndrome de l’aidant épuisé) qui doivent être pris au sérieux. 

Les signaux du côté de votre parent

La situation de votre proche évolue, elle aussi : il tombe plus souvent, sa mémoire se dégrade, il refuse l’aide à domicile ou celle-ci ne suffit plus à couvrir ses besoins réels.

Vous vous retrouvez à intervenir la nuit, à gérer des urgences sans savoir comment les anticiper et la question de la sécurité à domicile vous préoccupe de plus en plus.

Sans forcément envisager une maison de retraite, ces évolutions méritent d’évaluer la situation honnêtement, car elles ne s’arrangeront pas.

Pourquoi les aidants attendent trop longtemps avant de se poser la question ?

Conscients que la situation n’est plus viable, pourquoi la plupart des aidants attendent-ils des mois, parfois des années, avant d’agir ?

La culpabilité freine la décision

Se demander si le maintien à domicile est encore possible est souvent vécu comme une trahison. Comme si poser la question ou chercher une solution revenait à vouloir « mettre son parent en maison de retraite » ou signifiait ne plus l’aimer.

Bien qu’humain, ce sentiment de culpabilité ne devrait pas bloquer une décision qui sert le bien-être de votre proche. Chercher une solution plus adaptée à des besoins que le domicile ne peut plus couvrir est précisément la responsabilité d’un aidant. 

La peur de faire le mauvais choix

EHPAD, résidence services, aide à domicile renforcée, accueil de jour, hébergement temporaire… des solutions existent mais les familles s’y perdent. Paralysées par le manque d’information et de clarté pour savoir où commencer, elles finissent par reporter leur décision et les démarches.

L’espoir que ça va s’arranger

Il a moins trébuché cette semaine” ou “ Il a l’air plus en forme ce mois-ci.”.. Les aidants s’accrochent aux bons jours pour justifier leur attente.

Jusqu’à ce qu’arrive une situation de crise (hospitalisation, chute grave, épuisement total) qui engagera la réflexion dans l’urgence. Alors que, menée plus tôt, la décision aurait été prise avec plus de sérénité et de clarté.

Le maintien à domicile est-il encore réaliste ?

Pour prendre soin de son parent comme de lui-même, l’aidant doit être lucide et honnête sur la situation actuelle. 

arrêter le maintien à domicile

Les critères pour évaluer la situation 

Le maintien à domicile reste réaliste quand plusieurs conditions sont réunies :

  • un logement adaptable,
  • une aide professionnelle suffisante,
  • un entourage capable d’assurer la continuité de la prise en charge,
  • un niveau de dépendance compatible avec les solutions disponibles localement.

Quand l’une de ces conditions manque ou si plusieurs s’accumulent, il est temps d’anticiper et d’arrêter de subir

Se faire accompagner dans l’évaluation

Pour vous aider dans votre réflexion : maison de retraite ou maintien à domicile ? et avoir une vision objective de la situation :  

  • Demandez une évaluation du niveau de dépendance (GIR[4]) par un professionnel. 
  • Piocher dans les ressources qui aident à soutenir les aidants familiaux dans leur démarche.
  • Faites le point avec le simulateur Cap Retraite : en quelques minutes, sans pression et à partir de la situation réelle (niveau de dépendance, ressources disponibles, contexte familial) les familles obtiennent la solution la plus adaptée à la réalité.

Vouloir tenir votre rôle d’aidant coûte que coûte, même si la situation dépasse ses capacités, n’est pas du courage. C’est laisser l’épuisement dégrader votre relation et votre santé au détriment de vos qualités de vie à tous les deux. En anticipant, vous vous donnez le temps de choisir, de chercher la solution qui correspond vraiment aux besoins actuels. 

Les questions fréquentes des aidants

Est-il possible de continuer le maintien à domicile tout en allégeant ma charge d’aidant ?

Oui, dans certaines situations. L’accueil de jour, l’aide à domicile renforcée ou l’hébergement temporaire maintiennent votre proche chez lui tout en vous offrant des plages de répit. Ces solutions ne conviennent pas à toutes les configurations. Le simulateur Cap Retraite permet d’évaluer si elles sont adaptées à votre cas.

À quel moment faut-il vraiment agir ?

Le plus tôt possible. Les familles qui anticipent ont accès à davantage de solutions et prennent de meilleures décisions et dans de meilleures conditions émotionnelles.

Comment expliquer à mon parent qu’une autre solution doit être envisagée ?

Pour éviter une conversation trop difficile, l’essentiel est de partir de ses besoins à lui, pas de vos contraintes. Montrez que vous cherchez à préserver sa qualité de vie et sa sécurité (et non à vous désengager). 

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Cindy,Cindy, rédactrice chez Cap Retraite et experte en communication. Elle crée des contenus humains et accessibles dédiés au bien-vieillir et aux aidants.

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