Comment surmonter le changement de caractère d’un proche après un AVC
Le 25/05/2018 - Santé

Après un accident vasculaire cérébral, le caractère ou le comportement de votre proche peut avoir changé. Ces modifications ont souvent un retentissement négatif sur votre quotidien et celui de la famille. Apprenez comment faire face aux conséquences d’un AVC chez un proche.

Comment surmonter le changement de caractère d’un proche après un AVC

Les modifications de caractère et de comportement après un AVC

L’accident vasculaire cérébral (AVC) touche une personne sur six au cours de son existence. Le risque de subir un AVC augmente avec l’âge, même si une telle crise peut arriver à n’importe quel âge.

Seulement un quart des victimes d’un AVC s’en remettent sans problème, tandis qu’un autre quart des patients décèdent dans un avenir plus ou moins proche de l’accident. Pour l’autre moitié, l’AVC laisse des séquelles, aussi bien physiques que cognitives, et même comportementales.

Les changements de comportement ou de caractère diffèrent d’une personne à l’autre et en fonction de la partie du cerveau touchée. Il peut s’agir notamment de :

  • troubles de l’attention et de la concentration (huit patients sur dix),
  • troubles de l’humeur (dépression, euphorie, émoussement affectif, intolérance à la frustration ou indifférence…),
  • crises d’angoisse, phobies…
  • perte de motivation, manque d’initiative…

Ces modifications du caractère et troubles de l’humeur ont souvent une influence négative sur la famille de la victime de l’AVC. Elles contraignent le couple ou la famille à se réorganiser et parfois à abandonner leurs projets d’avenir. Les amis ont également des difficultés à faire face à certains comportements, qui peuvent aller jusqu’à l’agressivité.

Lorsque l’être aimé devient un étranger

De nombreux aidants de personnes victimes d’un AVC, dont le caractère a changé, ont l’impression d’avoir affaire à un étranger. L’AVC ou l’éventuelle démence vasculaire susceptible d’en découler changent la personnalité de leur proche au point qu’ils ne le reconnaissent plus. Après des années de vie commune, le conjoint ou les enfants ne retrouvent plus la personne calme ou attentionnée qu’ils ont connue.

Une atteinte de l’hémisphère droit peut entraîner une lésion de la partie du cerveau responsable de l’empathie, tandis qu’une lésion de l’hémisphère gauche porte atteinte à la capacité d’apprendre de nouvelles informations et risque de causer une dépression.

Ces situations sont dures à vivre, mais en connaître la cause vous permet de comprendre que vous n’êtes pas responsable du changement de caractère de votre proche. Ces comportements sont les conséquences directes de l’accident vasculaire cérébral qu’il a subi.

Les aidants et leurs proches éprouvent souvent un sentiment de perte et de tristesse après un AVC. Il est important de savoir qu’il est normal de pleurer la perte associée aux changements d’humeur, de caractère et de capacités de votre proche.

S’occuper de son proche victime d’un AVC

Accompagner au quotidien une perte âgée en perte d’autonomie peut être stressant et épuisant. A fortiori, lorsque le proche a changé d’humeur et de caractère, après un AVC. Il est souvent difficile de ne pas comparer la personne à ce qu’elle était autrefois. Qui ne souhaite pas retrouver la complicité et la relation d’autrefois ?

Les stratégies pour surmonter les difficultés liées aux changements de la personne victime d’un AVC dépendent bien sûr de son comportement spécifique. Il est néanmoins bénéfique pour la plupart des aidants de recevoir un soutien de leur famille et de groupes de paroles d’autres aidants confrontés à des situations similaires.

En rencontrant des personnes qui vivent la même expérience, vous pouvez échanger vos impressions et apprendre du vécu des autres. Même si chacun est différent, vous comprenez que vous n’êtes pas seul.

Les troubles du comportement de votre proche peuvent être gérés de plusieurs façons :

  • Vous pouvez par exemple encourager un proche apathique à participer à des activités avec vous.
  • Quelqu’un qui manque d’empathie a besoin d’un feed-back sur son comportement, pour comprendre ce que vous éprouvez. Le remercier lorsqu’il réagit d’une manière appropriée peut aussi aider.
  • L’agressivité est souvent plus difficile à surmonter. Il est important de veiller à la sécurité physique de la personne victime d’un AVC et l’aidant. En cas de danger, vous devez demander une aide psychologique ou médicale rapidement. Vous pouvez également vous inspirer de nos conseils pour surmonter les crises d’agressivité d’une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer. La plupart des stratégies sont les mêmes.

S’occuper d’une personne dont le caractère a changé après un AVC peut être particulièrement éprouvant. Parfois, les troubles du comportement s’amendent avec le temps ou peuvent être soulagés à l’aide d’un traitement médicamenteux (notamment avec des inhibiteurs de recapture de la sérotonine). Parlez-en avec le médecin traitant de votre proche si la situation est trop difficile à vivre.

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