
Étonnante étude que celle menée par l'équipe du Professeur Robert Wilson de l'Université de Chicago. Ces chercheurs américains se sont penchés sur l'effet de la pratique d'activités intellectuelles sur la maladie d'Alzheimer. Parues dans le dernier numéro de la revue scientifique américaine Neurology, les conclusions de l'étude font état de l'influence positive des jeux cérébraux sur l'apparition de la maladie d’Alzheimer. En revanche, une fois la maladie déclarée, la pratique d’exercices intellectuels pourrait accélérer la progression des symptômes.
Afin d'analyser l'effet des exercices cérébraux sur le déclin cognitif et la
maladie d'Alzheimer, les chercheurs du Rush University Medical Center Chicago ont recruté une cohorte de 1157 participants âgés de plus de 65 ans, ne présentant aucun symptôme d'
Alzheimer ou de déclin cognitif au début de l'étude, en 1993.
Chaque individu a été classé sur une échelle de cinq points selon sa pratique d'activités intellectuelles diverses telles que : la lecture, les jeux de société, les mots-croisés ou encore les sorties culturelles.
Ensuite, tous les trois ans, les individus ont été soumis à des examens cliniques, destinés à l'évaluation de leurs capacités cognitives et d'éventuelles maladies neurologiques telles qu'
Alzheimer.
Les évaluations cliniques ont permis de distinguer trois groupes : 614 personnes ne présentant aucun déclin cognitif, 395 personnes étant atteintes de troubles cognitifs légers et 148 souffrant de la maladie d'
Alzheimer.
Ce suivi nous enseigne d'abord que le déclin cognitif est retardé chez les individus qui pratiquent le plus d'activités cérébrales, ce qui n'est pas une surprise au regard de précédentes études scientifiques sur la question. Ainsi, pour chaque point gagné sur l'échelle de ces activités intellectuelles, le risque de déclin est réduit de 52 % par an.
Cependant, la seconde conclusion est pour le moins inattendue. Pour les participants qui ont été diagnostiqués malades d'
Alzheimer, le déclin cognitif s'avère plus rapide. Il augmente de 42 % pour chaque point de plus sur l'échelle des activités cérébrales.
Nous pouvons en déduire que si la stimulation de l'intellect est importante pour retarder l'apparition de la maladie d'
Alzheimer, une fois celle-ci déclarée, les exercices cérébraux seraient responsables d'une accélération des symptômes.
Les auteurs de cette étude avancent une explication simple pour justifier ce phénomène paradoxal.
Le diagnostic de la maladie d'
Alzheimer serait fait bien plus tardivement, car un cerveau actif réussirait à compenser les dégâts causés par la maladie. Le patient, dont le cerveau est bien entrainé grâce à des exercices stimulants parvient à ''donner le change''. Par conséquent, les symptômes d'Alzheimer sont plus difficilement décelables.
Finalement, les exercices cérébraux réduisent le nombre d'années pendant lesquelles une personne sera atteinte de la maladie d'
Alzheimer, ce qui représente tout de même un point très positif.