
La Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer qui se déroulera le 21 septembre prochain est l’occasion de porter un regard sur les actions menées en faveur des malades d’Alzheimer, non seulement à l'échelon national, mais aussi au niveau européen.
Les nombreuses problématiques soulevées par la maladie d’Alzheimer ont donné lieu à une réflexion commune devant aboutir à la mise en œuvre d’initiatives diverse, notamment sur le plan scientifique, grâce aux talents de chaque pays membre.
En Europe, 7,3 millions de personnes seraient atteintes de la
maladie d'Alzheimer ou de troubles apparentés. Des chiffres inquiétants qui cachent peut-être une réalité bien plus sombre. En effet, plusieurs associations telles que France Alzheimer, jugent cette estimation sous-évaluée, en raison d'un diagnostic tardif dans la plupart des pays de l'Union.
Par ailleurs, le coût total de la prise en charge de la
maladie d'Alzheimer a représenté plus de 160 milliards d'euros en 2008, dans l'ensemble des 27 pays de l'Union Européenne (soit 1,3 % du Produit Intérieur Brut de l'Union), dont environ 24 milliards d'euros pour la France.
Ce fardeau économique souligne encore davantage l'enjeu que constitue la prise en charge de la
maladie d'Alzheimer pour l'Europe. Il encourage ainsi les pays membres à agir pour découvrir de nouvelles thérapeutiques efficaces.
(Sources chiffrées :
http://www.gouvernement.fr - plan Alzheimer 2008-2012)
La collaboration scientifique figure en première ligne des actions engagées contre Alzheimer à l'échelle européenne.
Ainsi, l'Union a développe cette année un projet international baptisé PharmaCog dont l'objectif est de développer des outils destinés à accélérer la découverte des médicaments contre la maladie d'Alzheimer et de faciliter la mise sur le marché des substances efficaces.
Alliant les secteurs privé et public, ce projet d'envergure est financé à hauteur de 22 millions d'euros par la Commission européenne et l'association de la Fédération européenne des industries pharmaceutiques, au titre de l'initiative pour les médicaments innovants.
Ce consortium inédit rassemble 30 organismes publics, 16 partenaires privés. Au total, dix Etats-membres participent au projet.
Fondée en avril 2005, la Ligue Européenne Contre la Maladie d'Alzheimer (LECMA), est une association qui oeuvre pour promouvoir la recherche scientifique contre le fléau que représente Alzheimer à travers le monde. Dans cette optique, cet organisme subventionne des projets de recherche scientifique et crée des programmes d'information auprès du public sur le thème de la maladie d'Alzheimer.
Le comité consultatif scientifique de LECMA, formé par des chercheurs de diverses nationalités (français, allemands, hollandais et belges), est chargé de sélectionner les projets de recherches prometteurs, dont les instigateurs se verront octroyer une bourse.
Cette formidable coopération européenne a déjà permis l'attribution de 17 enveloppes, pour un montant de 979,750 euro, entre 2005 et 2009. Bien entendu, rien de cela n'aurait été possible sans le concours de généreux donateurs, qui soutiennent le LECMA dans son action contre Alzheimer.
Il faudra sûrement attendre plusieurs années avant la mise sur le marché d'un médicament efficace contre la
maladie d'Alzheimer. Cependant, pour améliorer le quotidien des malades, plusieurs de nos voisins européens ont mis en place des initiatives originales, dont nous pourrions nous inspirer. En voici quelques exemples :
En Suisse :
Une formation pour les conducteurs et les contrôleurs des transports en commun existe. Elle a pour objectif d'une part d'aider ces professionnels à reconnaître un individu souffrant de désorientation ou d'Alzheimer.
De plus, cet enseignement leur offre les clés d'une bonne communication avec les malades, pour les accompagner sans les brusquer, ou leur expliquer un chemin par exemple.
Une formation pour les policiers est également prévue. Elle a pour objectifs l'aide à l'orientation de personnes désorientées, la recherche de malades d'Alzheimer portés disparus et l'intervention auprès des familles en cas de fugue ou d'accident.
En Finlande et en Suède :
Ces deux pays nordiques ont développé un nouveau métier : la« dementia nurse ». Dans les zones géographiques isolées, la « dementia nurse » est une professionnelle formée aux premières démarches diagnostiques de
la maladie d'Alzheimer.
En fonction des résultats de ces examens préliminaires, elle oriente le malade vers un spécialiste et organise un rendez-vous. Elle reste la référente du malade et de sa famille si le diagnostic de
la maladie d'Alzheimer se confirme.