Depuis le 1er janvier 2026, les règles du Plan Épargne Retraite (PER) ont évolué. La déduction fiscale des versements s’arrête désormais à 70 ans et le taux des prélèvements sociaux sur les gains augmente. Un double signal qui invite les épargnants de 55 à 70 ans à anticiper non seulement leur stratégie PER, mais aussi le financement de leur dépendance[1] future. Tour d’horizon des changements et des alternatives à envisager dès maintenant.
Les principaux changements du PER 2026 pour les seniors
Depuis le 1er janvier 2026, les règles du plan d’épargne-retraite ont été profondément modifiées par le projet de loi de finances 2026 et la loi de financement de la Sécurité sociale.

La fin de la déductibilité fiscale des versements après 70 ans
Jusqu’à fin 2025, il était possible de verser sur un PER à tout âge tout en déduisant ces sommes de son revenu imposable, dans la limite des plafonds annuels.
Depuis le 1er janvier 2026, cette règle a changé : les versements volontaires effectués après 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable. Il reste possible d’alimenter son plan après cet âge, mais sans aucun avantage fiscal à l’entrée.
Autrement dit :
- En cas de sortie en capital, les sommes versées après 70 ans ne sont pas imposées (puisqu’elles n’ont pas été déduites à l’entrée), mais les gains générés sont taxés au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), désormais porté à 31,4 %.
- En cas de sortie en rente, c’est le régime des rentes viagères à titre onéreux qui s’applique : plus l’épargnant est âgé au moment de la liquidation, moins la part imposable est élevée.
Cette mesure vise en priorité les contribuables fortement imposés (professions libérales, seniors encore en activité) qui utilisaient le PER comme outil de défiscalisation tardive plutôt que comme préparation à la retraite.
Une hausse des prélèvements sociaux
Quelle que soit la tranche d’âge, tous les détenteurs d’un PER sont concernés par la hausse des prélèvements sociaux sur les gains. Sous l’effet d’une augmentation de la CSG de 1,4 point, le taux global passe de 17,2 % à 18,6 % en 2026. Une nouvelle hausse est déjà annoncée : le taux atteindra 19,4 % en 2027.
Cette ponction s’applique soit sur la plus-value totale en cas de sortie en capital, soit sur une fraction de la rente viagère déterminée selon l’âge du bénéficiaire à la liquidation.
Le report des plafonds étendu à 5 ans
Pour compenser partiellement ces restrictions, la réforme reporte les plafonds de déduction non utilisés de 3 à 5 ans.
En pratique, si vous n’avez pas utilisé l’intégralité de votre capacité de déduction au cours d’une année, vous disposez désormais de cinq ans (au lieu de trois) pour la mobiliser.
Cela permet notamment de concentrer des versements significatifs sur les années qui précèdent 70 ans, en rattrapant les plafonds accumulés, une stratégie pertinente pour ceux dont les revenus varient d’une année à l’autre.
Planification financière pour la dépendance dès 60 ans : PER, assurances et alternatives
La fin de la déductibilité après 70 ans redéfinit la stratégie et le calendrier idéal pour épargner.
Les nouvelles règles du PER
Avec cette réforme, l’État signale désormais que la constitution d’une épargne retraite fiscalement avantageuse doit se faire avant 70 ans… Entre 60 et 69 ans, l’enjeu est d’optimiser ces dernières années en mobilisant les plafonds disponibles, y compris ceux accumulés grâce au nouveau report étendu à cinq ans.
Pour les contribuables fortement imposés, programmer des versements réguliers ou ponctuels sur cette période maximise l’avantage fiscal avant qu’il ne s’éteigne.
Après 70 ans, le PER reste un support pertinent pour faire fructifier un capital existant ou organiser des retraits programmés, même sans déduction à l’entrée, notamment pour diversifier par rapport à l’assurance-vie.
Souscrire à l’assurance dépendance avant 70 ans
L’assurance dépendance reste l’un des outils les plus adaptés pour anticiper les coûts liés à la perte d’autonomie, qu’il s’agisse de financer des aides à domicile ou de couvrir une partie du reste à charge en EHPAD[2]. Son principe : moyennant une cotisation mensuelle, elle verse une rente en cas de dépendance partielle ou totale.

Son principal atout est aussi sa principale contrainte : elle s’avère nettement plus avantageuse et plus accessible lorsqu’elle est souscrite avant 65 ou 70 ans. Après cet âge, les cotisations augmentent significativement et l’accès peut être conditionné à un bilan de santé.
En savoir plus sur les différentes formes d’assurance dépendance
S’appuyer sur les aides publiques
Si la fiscalité évolue, les aides publiques dédiées à la perte d’autonomie, elles, ne disparaissent pas.
- L’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA) finance des heures d’aide à domicile ou contribue aux frais de dépendance en EHPAD.
- L’Aide Sociale à l’Hébergement (ASH) peut couvrir une partie des frais d’hébergement sous conditions de ressources.
- L’emploi d’une aide à domicile ouvre droit à un crédit d’impôt de 50 %, un avantage que la réforme 2026 n’a pas remis en cause.
Envisager le viager
Pour les propriétaires, le viager représente une alternative concrète pour dégager des revenus sans quitter immédiatement son logement. En échange de la cession de son bien, le vendeur perçoit un bouquet versé à la signature, puis une rente mensuelle à vie.
Cette solution peut financer des aménagements à domicile, des aides professionnelles ou, à terme, les frais d’un établissement, sans puiser dans une épargne souvent limitée.
En savoir plus sur le viager occupé ou libre
La donation anticipée
La donation de son vivant est une autre piste à envisager entre 55 et 70 ans, notamment parce qu’elle permet de transmettre une partie de son patrimoine à ses enfants dans un cadre fiscal favorable. Les abattements se reconstituent tous les quinze ans, tout en réduisant l’assiette de son patrimoine imposable.
Sur le plan pratique, une donation bien préparée peut aussi s’accompagner d’une réserve d’usufruit : le donateur cède la nue-propriété du bien à ses enfants tout en conservant les revenus ou l’usage. Cette organisation peut s’avérer utile si, plus tard, une vente est envisagée pour financer une entrée en établissement.
Il s’agit d’une démarche qui nécessite l’accompagnement d’un notaire, d’autant plus que les règles varient selon la composition du foyer et la nature des biens transmis.
Repenser sa stratégie d’assurance-vie
Comme le PER, l’assurance-vie est soumise à un seuil décisif à 70 ans : les versements effectués avant cet âge bénéficient d’avantages successoraux spécifiques qui disparaissent ensuite. Pour les épargnants entre 55 et 70 ans, c’est donc le bon moment pour arbitrer et combiner entre les deux enveloppes.
Si la réforme du PER 2026 est une bonne occasion de réaliser un bilan patrimonial, ce plan d’épargne conserve encore plusieurs atouts pour les seniors : une fiscalité différée avec imposition uniquement au moment de la sortie, la possibilité de choisir entre une sortie en capital ou en rente viagère et une gestion pilotée qui ajuste progressivement le risque à l’approche de la retraite.
Source : Legifrance
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[1] Dépendance
La dépendance de la personne âgée désigne le besoin d’aide pour réaliser les tâches de la vie quotidienne en raison de problèmes physiques ou mentaux.
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[2] EHPAD
Les EHPAD sont des établissements médicalisés qui accueillent des personnes âgées qui ont besoin de soins médicaux réguliers et d’une aide dans leur vie quotidienne.
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