Juillet 2026, vague de chaleur durable. Votre parent vit seul, refuse la climatisation, ne boit plus assez. L’idée d’un hébergement temporaire en EHPAD s’impose, sauf que les places affichées disponibles fondent à vue d’oeil. Voici les trois leviers qui fonctionnent réellement quand l’urgence se cumule à la saison la plus tendue de l’année.
Pourquoi l’été est la période la plus difficile pour trouver une place
Deux phénomènes se cumulent :
- D’un côté, les familles confient leurs proches âgés en hébergement de répit pendant les congés, ce qui absorbe les places temporaires de juin à septembre.
- De l’autre, les vagues de chaleur déclenchent une demande d’admission en urgence, souvent à l’initiative d’un médecin traitant ou du SAMU social.
Dans les zones tendues (Île-de-France, Lyon, Bordeaux, façade méditerranéenne), un dossier ViaTrajectoire pour un séjour temporaire estival doit normalement être déposé six à douze mois à l’avance. En juillet, il faut donc activer des circuits parallèles.

Levier 1 : l’hébergement temporaire via ViaTrajectoire Grand Âge
ViaTrajectoire Grand Âge (CERFA 14732) est le portail national obligatoire pour candidater dans un EHPAD[1]. Le dossier unique comporte un volet administratif rempli par la famille et un volet médical complété par le médecin traitant. Une fois validé, il est envoyé en quelques clics à plusieurs établissements simultanément.
Pour un séjour temporaire, la loi autorise jusqu’à 90 jours par an, fractionnables. C’est l’option à activer quand l’objectif est de passer le pic caniculaire (3 à 6 semaines) puis de revenir à domicile avec un plan d’aide consolidé.
Astuce d’usage : dans ViaTrajectoire, cochez la case « hébergement temporaire » et ouvrez la recherche à 30 ou 40 kilomètres autour du domicile. La plupart des familles limitent la recherche à 10 km et passent à côté de places disponibles dans des établissements ruraux climatisés.
Levier 2 : la cellule d’urgence sociale du conseil départemental
Chaque conseil départemental dispose d’un service autonomie qui gère l’APA (allocation personnalisée d’autonomie) et l’ASH (aide sociale à l’hébergement). Pendant les épisodes de canicule[2], ce service active une cellule de coordination avec les EHPAD partenaires, les services d’aide à domicile et la délégation départementale de l’ARS.
Trois dispositifs sont mobilisables :
- HTSH (Hébergement Temporaire en Sortie d’Hospitalisation) : places financées par l’ARS pour éviter le retour à domicile à risque.
- HTU (Hébergement Temporaire d’Urgence) : places conventionnées dans certains départements, mobilisables sous 24 à 72 heures.
- Accueil de jour ou de nuit en EHPAD : solution intermédiaire si la place complète n’est pas trouvée.
Le bon réflexe : appeler le numéro unique du service autonomie de votre département (consultable sur pour-les-personnes-agees.gouv.fr) et demander explicitement la cellule canicule. Ne pas se contenter du standard général.
Levier 3 : la bourse aux places ARS et le conseiller en gérontologie
Les Agences régionales de santé tiennent une cartographie en temps réel des places disponibles. Cette information n’est pas toujours publique, mais elle est accessible via deux canaux.
| Canal | Délai moyen | Public concerné |
|---|---|---|
| Délégation départementale ARS (standard) | 24 à 48 heures | Tout public |
| Conseiller en gérontologie[3] (CLIC[4], MAIA[5], DAC) | 24 heures | Tout public, gratuit |
| Plateforme territoriale d’appui (PTA) | 24 à 72 heures | Sur prescription médicale |
| Service social hospitalier | 48 à 72 heures | Patients en sortie d’hospitalisation |
Le DAC (Dispositif d’appui à la coordination) a remplacé les MAIA depuis 2022. Chaque territoire en compte un, joignable par téléphone, qui orchestre les sorties d’hôpital et les situations complexes à domicile. C’est l’interlocuteur le plus efficace pour débloquer une place en pleine vague de chaleur.
Combien ça coûte et qui paie
| Dispositif | Tarif moyen indicatif | Aide possible |
|---|---|---|
| Hébergement temporaire EHPAD | 60 à 95 euros par jour | APA, aide hébergement temporaire CNSA jusqu’à 500 euros |
| HTSH (sortie hospitalisation) | Reste à charge réduit | Financement ARS 80 à 100 pour cent |
| Accueil de jour EHPAD | 20 à 45 euros par jour | APA, déduction fiscale 25 pour cent |
Beaucoup de familles ignorent l’aide ponctuelle de la CNSA pour l’hébergement temporaire de répit, plafonnée à 500 euros par an, cumulable avec l’APA. Elle se demande à la caisse de retraite principale ou à la mutuelle si elle propose ce type de soutien.

Les trois erreurs à éviter en pleine canicule
- Attendre que le médecin traitant remplisse seul le volet médical de ViaTrajectoire. En juillet, la disponibilité des cabinets est réduite, comptez 5 à 10 jours. Mieux vaut anticiper et préparer le volet administratif en amont.
- Limiter la recherche aux EHPAD privés haut de gamme. Les EHPAD publics et associatifs ont souvent des places temporaires non affichées sur les sites commerciaux.
- Refuser une place située à plus de 20 kilomètres du domicile. Sur un séjour de 3 à 6 semaines, la distance est secondaire si l’établissement est climatisé et bien noté sur Qualiscope.
Questions fréquentes
Combien de temps peut durer un hébergement temporaire en EHPAD ?
La durée maximale légale est de 90 jours par an, fractionnables en plusieurs séjours. Beaucoup de familles utilisent 2 à 4 semaines pendant les vagues de chaleur, puis 1 à 2 semaines à Noël.
Mon parent refuse d’aller en EHPAD, puis-je l’y forcer ?
Non. Sauf mesure de protection juridique (sauvegarde de justice, curatelle[6], tutelle[7]), le consentement de la personne est obligatoire. En cas de mise en danger immédiate (déshydratation sévère, coup de chaleur), le médecin peut prescrire une hospitalisation, qui débouchera éventuellement sur un HTSH.
L’APA finance-t-elle l’hébergement temporaire ?
Oui. L’APA à domicile peut être utilisée pour financer un hébergement temporaire en EHPAD, sous réserve de l’accord du conseil départemental. La demande se fait au service autonomie. L’évaluation GIR[8] est valable.
Le DAC est-il payant ?
Non. Le DAC (Dispositif d’appui à la coordination) est un service public gratuit, financé par l’ARS. Il intervient sur tout le territoire français pour les situations complexes des personnes âgées et en situation de handicap.
Que faire si aucune place n’est trouvée sous 72 heures ?
Demander au médecin traitant une consultation gériatrique en urgence ou un passage par le service des urgences hospitalières. La sortie d’hospitalisation ouvre l’accès au dispositif HTSH financé par l’ARS, plus rapide que le circuit classique.
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[1] EHPAD
Les EHPAD sont des établissements médicalisés qui accueillent des personnes âgées qui ont besoin de soins médicaux réguliers et d’une aide dans leur vie quotidienne.
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[2] Canicule
La canicule est une période où les températures sont très élevées pendant plusieurs jours, ce qui peut être dangereux pour la santé des personnes âgées.
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[3] Gérontologie
La gérontologie est l’étude du vieillissement et des défis liés à la vie des personnes âgées.
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[4] CLIC
Le CLIC est un centre local qui aide les personnes âgées en fournissant des informations et des conseils sur les services et les aides financières disponibles, ainsi que les démarches…
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[5] MAIA
La MAIA (Méthode d’Action pour l’Intégration des services d’aide et de soins dans le champ de l’Autonomie) est un système permettant de mieux coordonner les soins et services pour les…
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[6] Curatelle
La curatelle est une mesure qui aide une personne vulnérable à gérer ses affaires, tout en lui permettant de garder une certaine indépendance.
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[7] Tutelle
La tutelle est un mesure de protection judiciaire où une personne est désignée pour prendre soin des affaires personnelles et financières d’une personne qui ne peut plus le faire elle-même…
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[8] GIR
Le GIR (Groupe Iso-Ressources) est un outil qui sert à évaluer le niveau d’autonomie des personnes âgées, en les classant selon leur besoin d’aide pour les activités quotidiennes.
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