Métiers du grand âge : l’élaboration d’un Plan de mobilisation est lancée
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Publié le 05/07/2019 . Mis à jour le 08/07/2019

Publié le 5 Juil. 2019 . Mis à jour le 8 Juil. 2019

La ministre de la Santé Agnès Buzyn a posé cette semaine un nouveau jalon sur la route de la réforme de la prise en charge des personnes âgées, promise par Emmanuel Macron. Un Plan métier doit être élaboré d’ici l’automne par l’ancienne ministre du Travail, Myriam El Khomri. Le but : rendre les métiers du grand âge plus attractifs et ainsi améliorer la prise en charge à domicile, comme en Ehpad.

Métiers du grand âge : l’élaboration d’un Plan de mobilisation est lancée

Revalorisation des métiers du grand âge : priorité de la réforme Autonomie

Un nouveau Plan métier doit être proposé et piloté par l’ancienne ministre du Travail du gouvernement François Hollande, Myriam El Khomri. C’est ce qu’a annoncé cette semaine la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, qui a confié une mission « à titre bénévole » à l’initiatrice de la loi Travail de 2016.

Ce plan de revalorisation des métiers du grand âge s’inscrit dans les démarches engagées par la ministre de la Santé en préparation d’une réforme de l’ensemble du système de prise en charge des aînés. Le but : identifier et mettre en œuvre les mesures nécessaires à la prévention de la perte d’autonomie et à l’accompagnement des personnes âgées et familles concernées par la dépendance.

Après la Concertation grand âge et le rapport remis par Dominique Libault, c’est donc une nouvelle étape sur la voie de la réforme Autonomie annoncée pour la fin de l’année 2019.

Le secteur des métiers du grand âge a été défini par le rapport Libault comme l’une des grandes priorités pour améliorer la qualité de vie des aînés et de leurs aidants. Il est en effet essoufflé, comme en témoignent les grèves répétées de l’an passé.

Si quelque 830 000 équivalents temps plein travaillent aujourd’hui dans le secteur, le nombre de postes doit largement augmenter pour répondre aux besoins d’une population grandissante et améliorer la prise en charge aujourd’hui insuffisante.

Car les métiers du grand âge ont du mal à attirer les vocations. En cause :

  • des conditions de travail difficiles,
  • des salaires insuffisants.

Les Ehpad et services d’aide à domicile auprès des personnes âgées ont des difficultés à recruter du personnel. Résultat : la qualité de la prise en charge est affectée et les conditions de travail sont encore plus difficiles pour le personnel soignant et accompagnant à domicile comme en établissement.

Mme Buzyn propose donc de réformer le secteur des métiers du grand âge pour les rendre plus attractifs à la fois pour les jeunes et pour les personnes à la recherche d’un emploi. Pour la ministre, les conditions d’exercice de ces professions (intervenants à domicile, aides-soignants, infirmières, etc.) doivent être améliorées en priorité.

Un Plan métier pour donner un nouveau souffle au secteur du grand âge

La mission lancée par la ministre de la Santé a débuté mercredi 3 juillet. L’ancienne conseillère à la mairie de Paris, Myriam El Khomri est donc chargée de préparer un Plan métier. Elle devra remettre ses premières conclusions d’ici le 16 septembre 2019, c’est-à-dire les mesures à mettre en œuvre en priorité et les conditions de leur exécution. Le « Plan de mobilisation nationale en faveur des métiers du grand âge » sera ensuite présenté le 15 octobre 2019.

La ministre de la Santé a défini 4 enjeux prioritaires autour desquels élaborer le Plan métiers du grand âge :

  • Œuvrer à faire évoluer les professions et les compétences. Le but : mieux répondre aux besoins des aînés. Il s’agit de :
    • doter les professionnels des métiers du grand âge d’outils leur permettant de mieux assister les personnes âgées,
    • leur permettre de travailler dans les différentes structures : aussi bien à domicile, qu’en Ehpad, dans les maisons de retraite non médicalisées, mais aussi au sein des différentes solutions intermédiaires d’accompagnement des personnes âgées),
    • déterminer les compétences requises pour mieux assister les aînés,
    • intégrer ces compétences dans les formations du personnel,
    • revaloriser la profession d’aide-soignante en Ehpad.
  • Améliorer les possibilités de recrutement des établissements et services d’accompagnement des personnes âgées. Le but : accroître les effectifs des structures confrontées à des difficultés de recrutement. Il s’agit de :
    • faire appel aux différents dispositifs de formation et d’emploi,
    • attirer les jeunes vers l’étude des métiers du grand âge,
    • mieux valider les acquis de l’expérience.
    • accentuer la communication autour des actions menées dans ce sens.
  • Promouvoir la qualité de vie au travail des personnels des services d’aide à domicile et Ehpad. Le but : améliorer les conditions de travail des professionnels. Il s’agit de :
    • rajouter des temps de réflexion collective sur les pratiques,
    • améliorer la prévention des risques du travail.
  • Offrir des perspectives de carrières. Le but : renforcer l’attractivité des métiers du grand âge. Il s’agit de :
    • promouvoir la mobilité entre les diverses professions du secteur, mais aussi entre les différents services et établissements : le professionnel doit pouvoir plus facilement travailler aussi bien en Ehpad que dans un service d’aide à la personne,
    • déterminer les fonctions en mesure de faciliter les parcours professionnels.

Avec un tel programme, l’ancienne ministre du Travail a donc un nouveau défi à relever. Avec son expérience des dossiers délicats, Mme El Khomri est bien armée pour revaloriser le secteur des métiers du grand âge et préparer le terrain pour la réforme autonomie.

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