Épilepsie : une maladie neurologique présente à tout âge
Santé

Publié le 13/02/2019 . Mis à jour le 28/02/2019

Publié le 13 Fév. 2019 . Mis à jour le 28 Fév. 2019

L’épilepsie est la maladie neurologique la plus courante derrière la migraine. Elle se traduit notamment par des crises pouvant être impressionnantes, mais aussi par des symptômes plus discrets. Un bon traitement permet de garantir la qualité de vie du patient. L’épilepsie touche aussi les seniors, mais elle est souvent plus difficile à diagnostiquer et à traiter au grand âge.

Épilepsie : une maladie neurologique présente à tout âge

Qu’est-ce que l’épilepsie ?

L’épilepsie est une maladie neurologique chronique se traduisant par des crises récurrentes et non provoquées. Ces crises sont dues à une hausse subite de l’activité électrique dans le cerveau, perturbant la communication entre les neurones.

Le diagnostic n’intervient qu’en cas de répétition des crises d’épilepsie. On parle d’épilepsie uniquement si une personne a eu au moins deux crises non provoquées, c’est-à-dire qui n’ont pas été causées par un problème de santé connu et réversible, comme le sevrage alcoolique ou une forte hypoglycémie.

Qu’est-ce qu’une crise d’épilepsie ?

Une crise d’épilepsie se traduit par des mouvements, sensations ou comportements anormaux dus à une décharge électrique soudaine dans le cerveau. Elle ne constitue pas une maladie en soi, mais le symptôme de différents troubles affectant le cerveau.

Les crises d’épilepsie peuvent prendre diverses formes. Elles affectent différentes personnes de différentes façons, en général pendant une courte période.

Il existe deux grands types de crises d’épilepsie, en fonction des zones du cerveau où elles démarrent et de la façon dont elles se manifestent :

  • crises généralisées : ces crises affectent en même temps les deux côtés du cerveau ou des groupes de cellules dans l’ensemble du cerveau. Elles incluent différents types de crises : absences généralisées (petit mal) de quelques secondes, crises tonicocloniques (grand mal) comportant des convulsions généralisées et impressionnantes pendant environ deux minutes, crises myocloniques (brusques secousses musculaires des bras et des jambes) ou encore crises atoniques (le sujet tombe subitement).
  • crises partielles : elles commencent dans une zone ou un groupe de cellules d’un côté du cerveau. Elles peuvent être « simples » (crises focales : la personne est consciente) ou complexes (crises psychomotrices : la personne souffre de confusion et sa conscience est plus ou moins altérée).

Quels sont les symptômes de l’épilepsie ?

Les signes et symptômes des crises d’épilepsie sont les suivants :

  • confusion temporaire,
  • regard vitreux,
  • mouvements saccadés incontrôlables des bras et des jambes,
  • perte de conscience,
  • symptômes psychiques, tels que la peur, l’anxiété…

Les symptômes varient d’un type de crise à l’autre. En général, le sujet subit le même type de crise à chaque fois et les symptômes sont similaires d’un épisode à l’autre.

Quelles sont les causes de l’épilepsie ?

Dans plus de la moitié des cas, les causes des crises d’épilepsie ne sont pas connues du médecin.

Les crises d’épilepsie peuvent être dues à :

  • des lésions cérébrales graves causées par des accidents ou à d’autres traumatismes,
  • des troubles du développement cérébral avant la naissance ;
  • les séquelles d’infections cérébrales graves, telles qu’une encéphalite ou une méningite,
  • certaines causes génétiques,
  • des modifications du métabolisme empêchant certains nutriments importants de parvenir au cerveau.

Comment l’épilepsie est-elle diagnostiquée ?

Pour diagnostiquer une épilepsie, le médecin traitant examine les symptômes décrits par le patient et ses antécédents médicaux. Il faudra en général plusieurs tests pour diagnostiquer l’épilepsie et essayer de déterminer la cause des crises :

  • examen neurologique : le médecin teste notamment le comportement, les capacités motrices et les fonctions mentales et d’autres domaines pour diagnostiquer la maladie et déterminer le type d’épilepsie.
  • analyses de sang : elles permettent de rechercher des signes d’infections, de pathologies génétiques ou d’autres maladies pouvant entraîner des crises.

Le médecin peut également suggérer de procéder à d’autres examens pour détecter des anomalies cérébrales :

  • électroencéphalogramme (EEG),
  • EEG haute-densité,
  • tomodensitométrie (scanner),
  • imagerie par résonance magnétique (IRM),
  • IRM fonctionnelle,
  • tomographie par émission de positons (PET),
  • tomographie par émission monophotonique (TEMP).

Quels sont les traitements de l’épilepsie ?

Les crises peuvent être évitées chez la plupart des épileptiques grâce à un médicament anticonvulsivant. Pour certaines personnes, il sera nécessaire de combiner plusieurs médicaments pour réduire la fréquence et l’intensité des crises d’épilepsie.

Les médicaments antiépileptiques peuvent avoir des effets secondaires, notamment :

  • fatigue,
  • vertiges,
  • prise de poids,
  • perte de densité osseuse,
  • éruptions cutanées,
  • perte de la coordination,
  • problème d’élocution,
  • troubles de la mémoire et difficultés intellectuelles.

Des effets indésirables plus graves peuvent aussi se produire, mais ils sont rares :

  • dépression,
  • pensées et comportements suicidaires,
  • éruption cutanée sévère,
  • inflammation de certains organes, notamment le foie.

Lorsqu’il n’y a pas eu de crises d’épilepsie pendant deux ou trois ans, les médicaments peuvent souvent être interrompus.

La chirurgie

Lorsque la médication ne permet pas de contrôler les crises d’épilepsie, la chirurgie peut s’avérer nécessaire. Il s’agira alors d’effectuer une incision dans la zone du cerveau provoquant les crises, voire de la retirer.

Ces interventions sont effectuées lorsque :

  • les crises sont liées à une petite partie du cerveau bien définie,
  • la zone à opérer n’est pas liée à des fonctions vitales, comme la parole, le langage, les fonctions motrices, la vision ou l’audition.

D’autres traitements sont possibles :

  • la simulation du nerf vague par un implant,
  • un régime cétogène : il s’agit d’un régime faible en glucides, permettant d’augmenter la production de cétones dans le sang.

L’épilepsie touche-t-elle également les personnes âgées ?

L’épilepsie est souvent considérée comme une maladie apparaissant dans les premières années de la vie. Pourtant, elle peut se déclarer à tout âge et chez certains patients, elle persiste de l’enfance jusqu’au grand âge.

  • L’incidence de l’épilepsie (taux de nouveaux cas) est plus élevée chez les personnes âgées que chez les adultes d’âge moyen.
  • La prévalence de l’épilepsie augmente avec l’âge : près de 8 cas sur 1 000 personnes (à partir de 75 ans), contre moins de 6 jusqu’à 60 ans.

Chez les personnes âgées, l’épilepsie est la 3e pathologie du système nerveux la plus fréquente, derrière la maladie d’Alzheimer et les accidents vasculaires cérébraux (AVC).

Quelles sont les causes de l’épilepsie chez les seniors ?

Comme chez les patients jeunes, les causes de l’épilepsie se déclarant au grand âge ne peuvent pas être déterminées dans environ la moitié des cas. Les causes de l’épilepsie chez les personnes âgées sont néanmoins souvent associées à des changements physiques liés au vieillissement.

Les causes connues les plus fréquentes sont :

  • Un AVC : avec l’âge, les artères peuvent rétrécir ou se boucher, privant certaines régions du cerveau de sang et d’oxygène. Les dommages causés peuvent entraîner des crises d’épilepsie. Les hémorragies cérébrales risquent également d’avoir cet effet.
  • Les infarctus peuvent provisoirement priver le cerveau d’oxygène, entraînant le même résultat qu’avec un AVC.
  • Des pathologies, comme la maladie d’Alzheimer ou d’autres maladies neurodégénératives, peuvent entraîner des modifications de la structure interne du cerveau. Les complications d’une maladie des reins ou du foie, de l’alcoolisme et même du diabète peuvent accroître le risque de crises d’épilepsie chez les seniors.
  • Les tumeurs cérébrales, quelles qu’elles soient, peuvent provoquer des crises. Une fois retirées, les crises ont des chances de cesser.
  • Même une opération du cerveau risque de laisser une cicatrice susceptible d’entraîner des crises d’épilepsie.

Comment diagnostiquer l’épilepsie chez les seniors ?

Chez les personnes âgées, les crises d’épilepsie sont souvent prises pour les symptômes d’autres troubles neurologiques associés avec le grand âge.

Les patients jeunes sont plus souvent sujets à des crises d’épilepsie du lobe temporal, alors que chez les personnes âgées, les crises sont généralement générées dans d’autres lobes du cerveau, notamment le lobe frontal ou le lobe pariétal. Les symptômes des crises d’épilepsie chez un senior ressemblent alors à ceux d’autres maladies, comme la maladie d’Alzheimer ou les troubles apparentés, ainsi que la dépression.

Les seniors ont plus rarement des convulsions. Les symptômes de l’épilepsie chez les aînés sont ainsi plus subtils :

  • vertiges,
  • confusion,
  • perte de conscience,
  • hallucinations visuelles ou auditives,
  • pertes de mémoire sporadiques.

La difficulté à diagnostiquer l’épilepsie chez les seniors accroît les risques que la maladie leur fait courir. En effet, les pertes de conscience ou de connaissance sont susceptibles d’entraîner une chute et donc un risque de fracture, surtout du col du fémur. De telles conséquences peuvent être à l’origine d’une perte d’autonomie.

Comment l’épilepsie est-elle soignée chez les seniors ?

Il est plus difficile de traiter l’épilepsie chez les personnes âgées. Les seniors réagissent bien aux médicaments anticonvulsivants, mais les risques d’interactions médicamenteuses sont nombreux.

Par ailleurs, la lenteur du métabolisme chez les personnes âgées augmente les effets indésirables des médicaments.

Un cercle vicieux que le médecin traitant devra tenter de briser pour prévenir les crises d’épilepsie du patient âgé et maintenir son autonomie.

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