En France, 909 établissements disposent de lits identifiés de soins palliatifs (LISP). Selon la dernière édition de l’Atlas des soins palliatifs (CNSPFV, 2026) la majorité des 6 538 lits identifiés se trouve à l’hôpital. De ce fait, pour les familles dont le proche est déjà résident d’un établissement, son EHPAD[1] peut-il l’accueillir pour des soins palliatifs ? Voici qui peut y accéder et comment fonctionne ce dispositif au quotidien pour le résident en fin de vie et son entourage.

Trouver un EHPAD

Qu’est-ce que les lits identifiés de soins palliatifs en EHPAD ?

Les lits identifiés de soins palliatifs (LISP) sont des lits renforcés au sein d’un service non exclusivement dédié aux soins palliatifs. 

lit identifié en soins palliatifs

LISP vs USP

Selon le cadre actuel de l’organisation des soins palliatifs, fixé par l’instruction interministérielle du 21 juin 2023, un LISP se situe dans un service confronté à des fins de vie ou des décès fréquents. Contrairement à une unité de soins palliatifs (USP), qui est un service hospitalier entièrement spécialisé, le LISP permet à un résident de rester dans son cadre habituel tout en bénéficiant d’un accompagnement renforcé.

Peu de LISP en EHPAD

Si le nombre de lits identifiés de soins palliatifs (LISP) augmente (plus de 1 500 lits supplémentaires en dix ans), dans les faits, l’immense majorité de ces lits se trouve à l’hôpital, pas en EHPAD. Et pour cause, l’identification d’un LISP nécessite une autorisation et un financement spécifique de l’agence régionale de santé (ARS), majoritairement réservé aux établissements de santé (médecine, gériatrie[2], oncologie). Certains EHPAD s’engagent néanmoins dans cette voie depuis plusieurs années, avec un accompagnement pérennisé par l’ARS une fois l’expérimentation validée.

Quel résident peut bénéficier des LISP en EHPAD ?

Dans le cas où un EHPAD dispose de LISP, quelles sont les conditions pour y accéder ?

L’état de santé du résident 

L’accès à un LISP concerne les résidents atteints d’une maladie grave, évolutive ou en phase terminale, quelle qu’en soit la nature (cancer, maladie neurodégénérative, pathologie chronique sévère). Le profil recherché correspond à celui déjà accueilli en soins palliatifs à l’hôpital : une situation médicale qui nécessite un accompagnement renforcé de la douleur et des symptômes, sans complexité justifiant un transfert en USP.

Une limite d’âge 

Certains EHPAD ayant développé un LISP peuvent appliquer une barrière d’âge. Comme ce critère varie d’un établissement à l’autre, mieux vaut se renseigner directement auprès de l’EHPAD concerné.

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La décision d’admission

L’admission sur un LISP repose sur une évaluation médico-psychosociale avec l’avis collégial du : 

  • médecin traitant ou hospitalier, 
  • médecin coordonnateur de l’EHPAD, 
  • l’équipe soignante
  • la personne malade ou de ses proches. 

Un projet de soins individualisé est ensuite établi et régulièrement réévalué.

Comment fonctionne un LISP en EHPAD au quotidien ?

Au-delà des critères d’accès, le LISP repose sur des moyens humains et financiers spécifiques.

Le financement de l’ARS 

Dans un EHPAD du Rhône ayant développé cette expertise depuis 2008, un financement annuel de l’ARS a permis de recruter des infirmières dédiées et de constituer une équipe pluridisciplinaire autour des résidents en fin de vie (médecin, psychologue, ergothérapeute, art-thérapeute), en complément des professions libérales intervenant déjà dans l’établissement. Ce type de financement reste conditionné à un renouvellement annuel et ne couvre pas systématiquement l’ensemble des besoins matériels de l’équipe.

Le délai d’admission 

Dans cet exemple, le délai moyen entre la demande d’admission et l’entrée effective du résident était d’une dizaine de jours. Les demandes transitent le plus souvent par une plateforme dédiée type ViaTrajectoire, sur orientation d’un établissement hospitalier ou d’un service de soins à domicile.

L’accompagnement du résident

Concrètement, l’accompagnement combine soulagement de la douleur, soutien psychologique du résident et de ses proches, et parfois des approches complémentaires (art-thérapie, toucher massage). L’objectif reste de préserver le confort et la qualité de vie, sans forcément viser une guérison.

La différence avec une chambre classique

chambre d'EHPAD avec LISP

Une chambre en LISP doit répondre à des critères précis : 

  • Être une chambre individuelle avec : sanitaires, lit médicalisé électrique et la possibilité d’installer un lit d’appoint pour qu’un proche puisse dormir sur place. 
  • Les visites y sont libres, sans horaires imposés, avec un espace dédié aux familles qui souhaitent se reposer sans quitter l’unité. 
  • Être équipée d’un matériel médical renforcé (pousse-seringues électriques, chariot de douche adapté au lit) pour limiter les gestes invasifs et préserver le confort du résident.

Quel coût pour les familles et quelles démarches entreprendre ?

Enfin, il reste à savoir ce que ce type de prise en charge change concrètement sur le plan financier et administratif.

Un tarif hébergement identique

L’accès à un LISP ne modifie pas le tarif hébergement standard de l’EHPAD, qui reste identique pour tous les résidents. Les bénéficiaires de l‘aide sociale à l’hébergement (ASH) profitent d’un tarif réduit, comme pour toute admission classique. Les soins liés au LISP, eux, sont pris en charge dans le forfait soins de l’établissement, sans reste à charge supplémentaire pour la famille sur ce volet.

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Le médecin traitant ou l’équipe hospitalière

Pour une famille, la première étape consiste à échanger avec le médecin coordonnateur de l’EHPAD ou le médecin traitant du résident afin d’évaluer l’éligibilité et d’engager, si besoin, une demande auprès de l’ARS ou de l’équipe mobile de soins palliatifs (EMSP) du territoire. Cette démarche s’inscrit dans le cadre plus large de la distinction entre USP, LISP et EMSP, chaque dispositif répondant à un niveau de complexité différent.

Avec la stratégie décennale 2024-2034 et la loi du 26 mai 2026, chaque EHPAD doit désormais intégrer un volet palliatif formalisé dans son projet d’établissement. Si la présence d’un LISP reconnu n’est pas garantie, cela impose un cadre minimal d‘accompagnement de la fin de vie, quel que soit l’établissement choisi.

LIRE AUSSI : Soins palliatifs à domicile ou en établissement : que choisir ? 

Questions fréquentes

Un résident peut-il être transféré d’un LISP vers une USP si son état s’aggrave ?

 Oui, en cas de situation trop complexe (symptômes réfractaires, sédation profonde envisagée), un transfert vers une unité de soins palliatifs hospitalière reste possible, sur décision médicale conjointe.

Existe-t-il une liste des EHPAD disposant d’un LISP ?

Il n’existe pas d’annuaire national public dédié. Il est nécessaire de se renseigner directement auprès de chaque établissement ou de l’ARS de la région concernée.

Le LISP est-il accessible à tous les résidents, quel que soit leur GIR ?

 Le critère d’accès n’est pas le GIR[3] mais la situation médicale palliative. Un résident classé GIR 1 ou GIR 2 peut ne pas relever d’un LISP, et inversement.

Que se passe-t-il si l’EHPAD n’a pas de LISP mais que mon proche a besoin de soins palliatifs ?

L’établissement peut faire appel à une équipe mobile de soins palliatifs (EMSP), qui intervient sans que l’EHPAD dispose lui-même d’un LISP reconnu. C’est le dispositif le plus répandu en EHPAD aujourd’hui.

Combien de temps un résident reste-t-il en moyenne sur un LISP ?

 La durée varie fortement selon l’évolution de la pathologie. Dans certains établissements ayant documenté leur pratique, la durée moyenne de séjour observée a été de plusieurs mois, mais chaque situation reste singulière.

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Cindy,Rédactrice chez Cap Retraite et experte en communication. Elle crée des contenus humains et accessibles dédiés au bien-vieillir et aux aidants.

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