Les personnes âgées et le mal-logement en France : un constat alarmant
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Publié le 03/02/2020 . Mis à jour le 11/02/2020

Publié le 3 Fév. 2020 . Mis à jour le 11 Fév. 2020

L’isolement augmente les risques de mal-logement, indique un rapport de la fondation Abbé Pierre. Si au XXIe siècle, la « mono-résidentialité » n’est pas l’apanage unique des personnes âgées, ces dernières font partie des plus touchées par le mal-logement. L’habitat inclusif et les résidences-services peuvent offrir des solutions de logement aux personnes âgées seules.

Les personnes âgées et le mal-logement en France : un constat alarmant

Les personnes âgées isolées menacées par le mal-logement

Près de quatre millions de personnes sont mal logées en France, et plus de 12 millions sont « fragilisées par rapport au logement ». C’est ce que dévoile le 25e rapport sur « l’état du mal-logement en France 2020 », publié jeudi par la fondation Abbé Pierre.

Les personnes vivant seules sont parmi les plus touchées par le mal-logement. Parmi elles, de nombreuses personnes âgées en situation de veuvage, précise le président de la Fondation Abbé Pierre, Laurent Desmard.

Avec le vieillissement de la population française, de plus en plus de personnes âgées restent seules durant une longue période de temps. Les veuves sont d’ailleurs nombreuses dans cette situation, avec une baisse de niveau de vie après la perte du conjoint (les ressources diminuent, mais les charges restent parfois les mêmes). C’est aussi après les divorces, qui ne sont plus réservés aux jeunes couples, que de plus en plus de personnes âgées vivent seules, parfois dans des conditions de logement précaires.

L’isolement concerne surtout les hommes et les personnes âgées, sans diplôme, ayant de faibles ressources et résident dans la région parisienne (Insee). Parfois, les personnes âgées choisissent de vivre seules, notamment parce qu’elles préfèrent rester au domicile le plus longtemps possible. D’autres subissent l’isolement, car elles n’ont pas d’autres options.

En général, les seniors ont des conditions de vie plus positives que les jeunes générations, car nombre d’entre eux sont propriétaires. Néanmoins, environ un retraité sur dix reçoit seulement l’ASPA (allocation de solidarité pour les personnes âgées) ou une pension de réversion. La pauvreté des retraités concerne essentiellement les personnes âgées de 75 ans et habitant seules.

Même les personnes âgées propriétaires ne sont pas toujours à l’abri du mal-logement : de gros travaux peuvent être nécessaires dans la maison ou la copropriété. Au grand-âge, l’adaptation à la perte d’autonomie est nécessaire, mais les personnes âgées isolées ne savent pas toujours qu’il est possible de demander des aides à l’aménagement du logement.

Le mal-logement des personnes âgées est aussi lié à la vétusté du bâti : les deux tiers des seniors sans conjoints résident dans une maison ou un appartement construits avant 1970. Ces personnes âgées assument seules les frais de chauffage et elles risquent donc davantage de souffrir de précarité énergétique.

Une offre de logements insuffisante pour les personnes âgées seules

L’offre de logements de petite taille est insuffisante pour l’ensemble des personnes seules à la recherche d’une solution adaptée à leurs besoins et surtout à leur budget. Ce phénomène entraîne une concurrence dans l’accès au logement, dont souffrent essentiellement les personnes âgées.

La plupart des propriétaires bailleurs de petits logements préfèrent louer à des étudiants (4 sur 10) et à des salariés (3 sur 10). Moins d’un propriétaire sur cinq privilégie les retraités. Les personnes âgées se heurtent ainsi à une discrimination lorsqu’elles cherchent un logement. Si un candidat de référence (trentenaire célibataire, sans enfants et en CDI) est systématiquement invité à visiter un logement à louer, une personne âgée reçoit un refus dans un cas sur quatre.

Quelles solutions pour améliorer le logement des personnes âgées ?

La fondation Abbé Pierre préconise notamment de développer les solutions d’habitat inclusif pour les personnes âgées.

Il s’agit d’une forme d’habitat permettant de combiner les avantages de la vie à domicile à ceux de la vie en établissement pour personnes âgées, un peu comme les résidences-seniors. À la différence des résidences-services, ce mode d’habitat comprend un projet de vie sociale et partagée, que les personnes âgées élaborent ensemble.

Les projets d’habitat inclusif sont encore très rares. Il existe notamment une association dans l’Allier, « Val de Cher Services », proposant sept logements adaptés aux seniors en perte d’autonomie, avec des espaces et services partagés.

Les résidences-services peuvent également offrir une solution aux personnes âgées isolées souhaitant continuer à vivre autonomes dans un logement de petite taille, tout en bénéficiant de la sécurité et de services adaptés aux seniors.  

Il existe, par ailleurs, une association créée en 2014 pour combattre contre l’isolement des personnes âgées « par la solidarité citoyenne ». L’association MONALISA, regroupant 500 organisations, a aidé à créer 63 coopérations territoriales et 307 « équipes citoyennes ». Le but : réduire les risques de l’isolement des seniors et développer de nouvelles formes de logement (habitat partagé, Ehpad hors les murs, colocation intergénérationnelle).

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