Avec près de 100 000 créations de postes nettes d’ici 2030 selon la Dares et France Stratégie et 80 % des recrutements sans suite, trouver une aide à domicile devient plus difficile chaque année. Face à cette pénurie généralisée des métiers du secteur, que faire si personne n’est disponible pour accompagner et prendre soin de votre proche ? Voici la liste des démarches à suivre et des alternatives à mettre en place selon l’urgence.
Pénurie d’aide à domicile : la situation s’aggrave partout en France
Portée par le vieillissement de la population et par des conditions de travail peu attractives, la pénurie d’aide à domicile ne touche plus seulement les départements ruraux.
100 000 postes à créer d’ici 2030
Face à l’allongement de l’espérance de vie, la Dares et France Stratégie estiment à près de 100 000 postes à créer entre 2019 et 2030, pour répondre à la demande, sans compter les nombreux départs en retraite à venir…
Et le manque de personnel ne se limite pas aux auxiliaires de vie : les infirmiers libéraux alertent eux aussi sur des délais d’accès croissants pour les soins à domicile, tandis que la pénurie de médecins généralistes réduit les visites à domicile disponibles pour les personnes âgées les plus fragiles.
Un recrutement difficile
Une étude France Travail indique que plus de 60 % des projets de recrutement dans le secteur présentent des complexités. Salaires jugés trop bas, pénibilité du métier, déplacements non compensés : les employeurs peinent à fidéliser autant qu’à recruter.
Une aide à domicile sur dix refusée
Un sondage de l’Union nationale de l’aide, des soins et des services à domicile (UNA) révélait qu’en 2022, une demande de prise en charge sur dix avait été refusée contre 77 % de demandes intégralement satisfaites en 2021 puis 74 % l’année suivante. Documentée depuis 2018, cette dégradation générale se confirme dangereusement.
Pénurie d’aide à domicile : que faire dans les premières 48 heures ?
La pénurie d’aide à domicile ne concerne pas que les nouvelles demandes : elle touche aussi les accompagnements déjà en cours. Voici les démarches en cas d’urgence.

Contacter les organismes et services locaux
Plusieurs agents territoriaux connaissent et peuvent vous indiquer les prestataires encore en mesure d’intervenir dans votre secteur :
- Le Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) constitue le premier réflexe à avoir. Une permanence assure généralement l’accueil des demandes urgentes.
- Le service autonomie de votre département, en charge de l’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie), peut réévaluer votre situation.
- Le Centre Local d’Information et de Coordination (CLIC[1]) connaît finement le tissu associatif et les services de proximité.
La prise en charge des frais avancés en urgence
Si vous devez avancer les frais d’un prestataire privé en attendant qu’une solution institutionnelle se débloque, ces dépenses ne sont pas nécessairement perdues. Dans certains départements, l’APA peut être versée rétroactivement à partir de la date de dépôt du dossier, une fois le plan d’aide validé. Pour sécuriser une éventuelle prise en charge rétroactive, déposez votre demande d’APA (ou de PCH) dès le début de la période de rupture, même si l’aide effective tarde à démarrer.
Aucune aide à domicile disponible : les relais institutionnels à activer
Quand la solution ne vient pas des services locaux de proximité, d’autres acteurs peuvent prendre le relais financièrement ou humainement.
L’ARDH
L’Aide au Retour à Domicile après Hospitalisation (ARDH) est proposée sous conditions par l’Assurance retraite. Cette aide de sortie d’hôpital permet une prise en charge partielle des frais d’aide à domicile pendant une durée limitée, généralement jusqu’à trois mois, le temps que votre proche retrouve un accompagnement stable.
Votre caisse de retraite
Les caisses de retraite, principale et complémentaire, mobilisent fréquemment des réseaux de prestataires partenaires en cas d’indisponibilité de l’aide habituelle. Les contacter directement oriente parfois vers des solutions que les services locaux ne proposent pas.
Le service d’assistance de la mutuelle
Certaines mutuelles incluent un service d’assistance dédié, activable notamment à la sortie d’un séjour hospitalier. Ce service finance ou organise directement quelques heures d’aide à domicile en attendant une solution pérenne.
L’aidant familial rémunéré
Quand aucun professionnel n’est disponible, un membre de la famille (hors conjoint pour l’APA) peut être employé et rémunéré pour assurer temporairement l’accompagnement du quotidien. Ce statut de salarié familial s’active via le plan d’aide APA ou la PCH, selon la situation de votre proche. Cette solution ne remplace pas une prise en charge professionnelle sur le long terme, mais elle évite une rupture d’accompagnement le temps qu’un intervenant se libère.
Manque d’aide à domicile : les alternatives à mobiliser
Lorsque aucune structure classique ne peut intervenir rapidement, d’autres relais d’aide à domicile en urgence existent pour éviter que votre proche reste sans accompagnement.
Les associations locales
Pour sécuriser le quotidien en attendant mieux, ses associations comme l’ADMR ou d’autres réseaux associatifs de proximité peuvent assurer un relais partiel en attendant une prise en charge complète : portage de repas, visites de convenance, aide au lever.
L’hospitalisation à domicile (HAD)

Si l’état de santé de votre proche nécessite un suivi médical rapproché, l’hospitalisation à domicile assure des soins par une équipe pluridisciplinaire, sans passer par un accompagnement classique d’aide à domicile. Une solution pratique pour prendre le relai en cas de complication.
La téléassistance
En attendant qu’un professionnel se libère, un dispositif de téléassistance permet à votre proche de déclencher une alerte en cas de chute ou de malaise. Cette solution sécurise votre proche en votre absence.
Les services de l’EHPAD en cas de pénurie
Selon l’intensité et la durée de la rupture d’accompagnement, un EHPAD[2] propose ses services de prise en charge de manière ponctuelle pour les non-résidents.
L’accueil de jour
L’accueil de jour offre un relais ponctuel sans rupture du domicile : votre proche est accueilli en structure quelques jours par semaine, bénéficie d’une présence professionnelle et d’activités adaptées, puis rentre chez lui le soir. Cette solution peut être partiellement financée par l’APA et permet de tenir plusieurs semaines sans professionnel à domicile, sans renoncer au maintien à domicile.
L’hébergement temporaire
Si aucune de ces solutions ne suffit à sécuriser votre proche, un accueil temporaire en établissement constitue une étape transitoire rassurante.
Un séjour temporaire en EHPAD permet une présence professionnelle continue, le temps que la situation à domicile se stabilise. Dès qu’une solution d’aide à domicile se libère, votre proche peut rentrer chez lui dans les mêmes conditions qu’avant son séjour.
Malgré les mesures mises en place par la loi Bien Vieillir (une carte professionnelle, aides financières de la CNSA au profit des départements, centres de ressources territoriaux (CRT)), une partie des acteurs du secteur juge ces dispositions insuffisantes pour provoquer un véritable choc d’attractivité durable et un déploiement progressif selon les départements. En attendant, la meilleure protection reste de connaître les relais à activer si votre proche se retrouve sans solution.
Sources :
Dares- France Straegie
UNA
-
[1] CLIC
Le CLIC est un centre local qui aide les personnes âgées en fournissant des informations et des conseils sur les services et les aides financières disponibles, ainsi que les démarches…
-
[2] EHPAD
Les EHPAD sont des établissements médicalisés qui accueillent des personnes âgées qui ont besoin de soins médicaux réguliers et d’une aide dans leur vie quotidienne.
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Bonjour je trouve que les Gir en EHPAD ne sont pas régulariser lorsqu une personne âgée perd son autonomie, on dirait que c est presque impossible de faire passé d un Gir 3 au Gir 2 , personne s en occupe es-ce normal ???
Bonjour
Je vous remercie pour votre commentaire.
La réévaluation d’un GIR dépend de processus médico-administratifs complexes et de critères d’attribution propres à chaque département, ce qui peut expliquer les délais constatés.
Bonne journée.
Amandine