Dépendance : êtes-vous prêt à devenir aidant familial ?
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Publié le 16/08/2017

Publié le 16 Août. 2017

Prendre en charge un proche en perte d’autonomie au quotidien est une tâche importante et qui paraît souvent naturelle. Pourtant, ce rôle peut s’avérer exigeant et il est crucial de réfléchir à ses implications et à vos capacités. Découvrez les questions à vous poser avant de prendre une telle responsabilité et apprenez-en davantage sur vos droits.

Dépendance : êtes-vous prêt à devenir aidant familial ?

Aidant familial : ce que cela implique au quotidien

Les personnes âgées préfèrent en général vieillir à domicile, dans leur environnement familier et, dans la mesure du possible, auprès de leurs proches. Ce rêve est d’ailleurs réalisé par la majorité des aînés de 75 ans et plus, puisque neuf seniors sur dix vivent encore chez eux à cet âge.

Néanmoins, avec le vieillissement, la santé et l’autonomie peuvent se dégrader et le maintien à domicile d’un aîné dépendant nécessite souvent l’aide d’un proche. À ces moments-là, les enfants et les proches s’interrogent sur leurs possibilités d’être aidant familial. D’autres ne se posent pas la question et interviennent naturellement chez leur parent, sans toujours réfléchir aux implications à long terme.

Aujourd’hui, quelque 4,3 millions d’aidants familiaux accompagnent ainsi un proche âgé. Près des deux tiers d’entre eux sont les enfants des personnes aidées.

L’aidant familial est souvent retraité. Toutefois, plus du tiers de ces proches exercent encore une activité professionnelle. Et pourtant, la tâche d’aidant familial peut demander un gros investissement : plus d’un aidant familial sur 5 consacre plus de 40 h par semaine à son proche (Observatoire Cap Retraite sur les aidants familiaux).

La prise en charge d’un aîné dépendant par un aidant familial peut engendrer :

  • des conflits familiaux (phénomène constaté dans 37 % des situations familiales observées),
  • un sentiment d’isolement,
  • un épuisement de l’aidant familial…

Naturellement, la situation d’aidant familial n’a pas que des inconvénients :

  • elle peut renforcer vos relations avec votre proche âgé (mais, c’est parfois le contraire qui arrive, si l’épuisement s’installe),
  • elle permet de faire des économies (à condition de bien s’organiser),
  • vous offrez à votre proche la possibilité de rester chez lui plus longtemps.

Les questions à se poser avant de devenir aidant familial

Être aidant familial à plein temps auprès d’une personne âgée en perte d’autonomie peut être épuisant. Dans certains cas, ce rôle risque d’avoir un effet négatif sur votre santé physique, mentale et émotionnelle. Vous devez donc vous poser les bonnes questions en amont (si tant est que vous n’êtes pas confronté à une situation d’urgence), ou du moins au fil du temps pour estimer si vous pouvez continuer.

Voici quelques exemples de questions à se poser avant de décider si vous pouvez devenir l’aidant familial principal de votre parent :

  • Êtes-vous prêts financièrement à faire face aux coûts supplémentaires qu’engendre l’accompagnement d’un senior dépendant ?
  • Êtes-vous capable de vous occuper vous-même de votre parent? Ou, allez-vous avoir besoin d’une aide professionnelle ou du soutien d’autres proches ?
  • Avez-vous le soutien social et moral dont vous êtes susceptibles d’avoir besoin dans votre mission d’aidant familial ?
  • Comment la prise en charge de votre proche dépendant affectera-t-elle votre santé physique et morale ?
  • Si votre proche est atteint de la maladie d’Alzheimer et présente des troubles du comportement, êtes-vous capable de surmonter ces difficultés et éventuellement de devoir supporter certaines vexations de sa part ?
  • Saurez-vous demander de l’aide lorsque vous en avez besoin et vous accorder des périodes de répit ?
  • Si vous exercez une activité professionnelle, pourrez-vous prendre des congés ou réduire vos heures de travail ?

Quelques conseils au nouvel aidant familial

Si vous vous sentez capable de devenir l’aidant familial de votre proche, vous n’êtes toutefois pas obligé de renoncer aux aides extérieures. Il est important de bien s’informer sur vos droits d’aidant familial et ceux de votre proche âgé.

Différents dossiers de Cap Retraite vous permettront d’en savoir plus sur ce thème. N’hésitez pas à exploiter vos droits et les possibilités existantes dans votre région :

  • l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) peut contribuer au financement d’une aide à domicile, mais aussi vous rémunérer lorsque vous aidez votre parent dans les tâches du quotidien qu’il ne peut plus faire seul,
  • diverses associations se sont donné pour mission de soutenir les aidants familiaux, telles que France Alzheimer ou France Parkinson, pour ne citer que les plus connues,
  • renseignez-vous auprès du CCAS de votre ville pour en savoir plus sur les solutions de répit pour les aidants familiaux,
  • un accueil de jour ou hébergement temporaire vous permettra par exemple de souffler un peu,
  • le congé de proche aidant, récemment réformé, peut également vous dépanner lorsque vous ne parvenez pas à concilier votre rôle d’aidant familial et votre carrière.
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