
Roselyne Bachelot, la ministre des Solidarités révélait vendredi le bilan d’étape des quatre groupes de travail, désignés pour conduire la réflexion au sujet de la reforme de la dépendance. Aucune décision officielle n’est dévoilée, mais quelques grandes lignes se dessinent, notamment sur l’évolution des maisons de retraite. L’accueil des personnes âgées pourrait à l’avenir s’étendre à des structures alternatives aux maisons de retraite classiques, afin de préserver l’autonomie de la personne âgée le plus longtemps possible.
Par ailleurs, les pistes du financement privé complémentaire sont loin de faire l’unanimité, la solidarité devrait donc rester la principale source.
Les conclusions des groupes de travail semblent pour le moins surprenantes. Contrairement aux idées reçues, le taux d'équipement de maison de retraite serait globalement satisfaisant. Dans certaines régions, les maisons de retraite auraient un taux d'occupation inferieur à 50%, ce qui est du a l'augmentation du nombre de
personnes âgées demeurant à domicile.
Pascal Champvert, de l'Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA) réfute ces affirmations, et réclame la création de maisons de retraite supplémentaires notamment en Île-de-France et en région PACA. Mais surtout, il souhaite que le niveau de qualité des structures s'améliore.
Par ailleurs, les solutions pour diminuer le reste à charge des familles, 1500 euros en moyenne, restent floues. Une chose est sure, la récupération sur succession des aînés aisés a peu de chances d'aboutir, au vu du tollé provoqué par la proposition.

Le gouvernement se félicite tout de même de se placer au delà de ses voisins européens en ce qui concerne le budget alloué à la dépendance. Ainsi, 25 milliards d'euros, soit 1,4 % du PIB, y sont consacrés chaque année. Par conséquent, ce serait 72% des frais de dépendance qui seraient à la charge de l'État.
Roselyne Bachelot, a rappelé que la journée de solidarité nationale rapportait 2,3 milliards d'euros en faveur des aînés. Une somme conséquente que la ministre aimerait voir doubler par la création d'une seconde journée. C'est sans compter la réticence des chefs d'entreprise, contraints à en supporter le coût.
Une partie des patrons déclarent en effet payer les employés ce jour-là, malgré la loi. Rappelons que les propositions officielles ne seront révélées qu'au mois de Juin.
Ce village allemand, situé a proximité de Strasbourg offre aux ainés une solution d'hébergement a mi-chemin entre la maison de retraite et le domicile. Créé par une infirmière libérale, cette structure accueille les aînés dépendants en appartements individuels, avec des services d'assistance disponibles sur appel, 24h/24. La
maison de retraite Hodapp d'Oberkirch répond ainsi au désir qu'expriment de nombreuses personnes âgées : celui de demeurer à domicile le plus longtemps possible.
Un tel système n'est toutefois viable qu'avec une coordination exemplaire des acteurs du réseau gérontologique local. En effet, les différents services comme la restauration ou l'infirmerie, doivent fonctionner de manière continue afin de procurer aux résidents un sentiment de sécurité, et de pouvoir intervenir rapidement en cas de problème. Roselyne Bachelot voit en ce modèle l'avenir de la
maison de retraite traditionnelle française. De plus, il semble fonctionner efficacement en Allemagne. Enfin, ce type d'établissement ne coute pas plus cher à la collectivité que notre système classique.